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Justice, histoire et politique
Le député-maire de Nantes Jean-Marc Ayrault a été condamné le 19 décembre 1997 à six mois de prison avec sursis et 30.000 F d’amende pour favoritisme : le marché d’impression du journal municipal avait été confié à un proche du PS sans mise en concurrence ni appel d’offres ni contrat. Le procureur avait requis trois mois de prison avec sursis, sans amende.
Cette condamnation a été exhumée parce que Jean-Marc Ayrault est le probable prochain Premier ministre, alors que François Hollande avait exclu d’avoir dans son gouvernement un ministre qui aurait été jugé et condamné.
Les ténors (et même les sopranos) socialistes nous chantent en chœur que Jean-Marc Ayrault a été « réhabilité », qu’il n’y a donc plus de condamnation, et qu’il est même interdit à quiconque de faire état de cette condamnation qui est comme si elle n’avait jamais existé.
C’est complètement faux. (Et c’est pourquoi on ajoute que Ayrault ne s'abaissera pas à porter pas plainte contre ceux qui osent évoquer cette condamnation...)
Jean-Marc Ayrault a fait l’objet d’une réhabilitation de plein droit comme toutes les personnes qui ont été condamnées à des amendes et des peines de prison légères (trois ans après paiement de l’amende, et pour les condamnations à la prison avec sursis cinq ans après la prescription accomplie). Ce n’est pas pour autant qu’on n’aurait plus le droit d’en parler. Car à ce compte-là il n’y a plus qu’à supprimer le métier d’historien. Et même celui de journaliste.
C’est bien la première fois que je vois une personnalité politique mettre en avant sa réhabilitation de plein droit et prétendre qu’en conséquence on n’a plus le droit de parler de sa condamnation.
Le fait historique est qu’il a été jugé et condamné pour favoritisme. Et que François Hollande a promis qu’il n’aurait pas de ministre qui ait été jugé et condamné.
Précision sur l’article 133-11
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Israël détruit ce que l’UE construit…
Un rapport élaboré sous l’égide de l’ONU par des ONG et l’Union européenne dénonce les destructions par Israël d’installations financées par l’UE dans les territoires palestiniens.
Le 23 février 2011, les bulldozers israéliens ont détruit le puits qui venait d’être réparé grâce à des fonds polonais dans le village de El Rahawia… et ont détruit tout le village, faisant 83 sans-abri.
Le 23 avril, l’armée israélienne a détruit deux puits forés par la France dans la région d’Hébron.
Dans toute l’année 2011, les autorités israéliennes ont détruit 22 citernes d’eau et 37 structures agricoles financées par des Etats membres de l’UE en Cisjordanie. Elles ont émis des ordres de démolition ou d’« arrêt des travaux » pour de nombreuses infrastructures financées par l’UE, dont 14 citernes d’eau, 34 installations d’assainissement de l’eau, huit projets d’énergie solaire, deux écoles et un centre médical.
Et encore ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. L’an dernier, Israël a détruit, en tout, 622 nouvelles infrastructures palestiniennes, et 267 au cours des quatre premiers mois de cette année.
La raison donnée est toujours la même : ce sont des constructions illégales…
Dans le même temps, l’Etat d’Israël a légalisé 7.500 logements construits illégalement par des colons…
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Syrie
Dans la province de Hama, des milices de l’Armée de libération syrienne ont pénétré dans le village Al Borj Al Qastal, en ont chassé les familles chrétiennes, ont pris possession des habitations, et ont transformé l’église en quartier général miliaire.
Dans la province de Damas, le curé grec-catholique de Qara, le P. Georges Louis, a été victime d’une sauvage agression. De nombreux combattants de l’Armée de libération syrienne délogés de Homs ont trouvé refuge à Qara.
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Una di noi
Il a fallu quatre ans et demi pour que l’initiative citoyenne européenne prévue dans le traité de Lisbonne voie le jour. J’ai raconté pas à pas la difficile et grotesque genèse de ce machin pseudo-démocratique dans Daoudal Hebdo. Bref, l’intiative citoyenne est opérationnelle depuis le… 1er avril. Histoire de bien souligner que c’est une mauvaise blague.
Néanmoins certains veulent voir ce que ça va donner, ou simplement s’en servir comme d’une tribune. Parmi les premiers à tenter le coup, on ne peut que saluer l’infatigable Grégor Puppinck, qui sous la casquette italienne de “Uno di Noi” a déposé une initiative sur la protection juridique de l’embryon humain, nous dit Jeanne Smits.
L’initiative, juridiquement bien ficelée, a franchi la première étape: elle a été enregistrée le 11 mai. Cela veut dire que, a priori, la Commission européenne considère qu’elle n’est ni fantaisiste, ni contraire aux valeurs de l’UE, ni en dehors de ses attributions. Désormais elle doit recueillir un million de signatures (dont 55.500 françaises) pour pouvoir être effectivement examinée par la Commission. Et sans doute rejetée, car, en fait, malgré l’habileté de Grégor Puppinck et de ses amis, ce n’est pas dans les attributions de la Commission.
En attendant, il faudrait nous dire où on doit signer, et ce serait sympa aussi de donner les textes en français…
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Lundi des Rogations

