Le roi Abdallah d'Arabie saoudite, qui avait lancé en mars le projet de création d'un centre chargé de la promotion du dialogue interreligieux, a défendu son projet mercredi à La Mecque, devant 500 oulémas, au premier jour d’une conférence islamique internationale.
A l'issue de la conférence, les dignitaires musulmans ont donc avalisé la création du « Centre international du roi Abdallah ben Abdel Aziz pour le dialogue entre civilisations », fait savoir l’agence de presse officielle du royaume wahhabite. Et ils ont émis le souhait de la création d'un « prix chargé de récompenser une personnalité ou une institution » œuvrant à ce dialogue.
« La différence entre les nations en matière de croyances et de cultures est la volonté de Dieu, elles devraient donc se servir de leurs valeurs communes comme base d'une coopération pour le bénéfice de toutes », déclare le communiqué, non sans préciser que cette démarche ne revenait en aucun cas à renier les principes de sa propre foi.
Lors de leur rencontre historique en novembre au Vatican, le pape Benoît XVI et le roi d’Arabie saoudite s'étaient engagés pour « un dialogue interculturel et interreligieux ».
On ne peut que se féliciter de ce début d’ouverture au dialogue, qui est réel, mais en restant lucide. Le roi Abdallah, dans son discours, a présenté son projet comme destiné à… exposer au monde les préceptes de l'islam. « Sans animosité »…
Le couplet sur les différences de religion selon les nations est d’abord une affirmation que l’Arabie saoudite est intégralement musulmane et qu’elle n’a donc pas à accepter quelque autre culte que ce soit sur son territoire, car c’est « la volonté de Dieu ».
Sans doute est-ce aussi de par « la volonté de Dieu » que d’autres nations aient une autre religion, mais il n’y a précisément pas d’autres nations qui aient une religion aussi affirmée que l’Arabie saoudite, et il y a dans nombre de nations des musulmans de plus en plus nombreux chargés d’« exposer les préceptes de l’islam »… Jusqu’à ce que par un jihad « pacifique », massivement financé par l’Arabie saoudite, l’islam devienne la religion de ces nations…
Telle est la raison pour laquelle les oulémas ont accepté sans broncher la proposition du roi, dont le double langage (spécifiquement musulman) va dans les deux sens.