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  • Le tokay est hongrois

    Jour historique dans le domaine du vin : l’Alsace  a rendu à la Hongrie l’appellation tokay. « C’est important pour la Hongrie car le tokay fait partie de l’histoire du pays depuis le IIIe siècle », a déclaré le secrétaire d’Etat aux Affaires économiques, en recevant une grappe de vigne en cristal de Baccarat offerte par l’Alsace, symbolisant cette restitution.

    Un accord de 1926 stipulait que la Hongrie renonçait à l’appellation cognac à condition que la France renonce à l’appellation tokay, mais il ne fut jamais mis en œuvre. Mais dans les négociations de son traité d’adhésion à l’Union européenne, la Hongrie avait obtenu de disposer du droit exclusif à l’appellation de son vin millénaire.

    Selon la légende, l’origine du tokay alsacien date du milieu du XVIe siècle, lorsque le châtelain de Kintzheim avait rapporté de Hongrie des plants de ce cépage. Pour les œnologues, le « tokay » alsacien, à savoir le pinot noir, est en fait sans doute originaire de Bourgogne.

    De fait le tokay alsacien n’a rien à voir, sur le plan gustatif, avec le vin à nul autre pareil qui est le trésor national hongrois.

    Cette restitution est donc parfaitement légitime. Cela dit, le grand renouveau du tokay depuis la fin de la période communiste en Hongrie est l’œuvre d’un œnologue français…

  • Les patrons britanniques toujours hostiles à l’UE

    Les européistes prétendent que la construction européenne a au moins un côté bénéfique indiscutable, et qui, dans le monde actuel, prime tous les autres, c’est qu’elle est plébiscitée par les chefs d’entreprise, puisqu’elle favorise le commerce.

    C’est une idée reçue, régulièrement démentie, notamment par les sondages effectués en Grande-Bretagne, pays qui n’a pas la monnaie unique, et où l’on peut donc mesurer le « désir » des patrons d’avoir la même monnaie que leurs homologues du continent.

    Un nouveau sondage, réalisé par le cabinet Open Europe (donc favorable à la construction européenne) confirme que les patrons britanniques ne veulent pas de cette Europe.

    59 % d’entre eux jugent que le « fardeau » (sic) des régulations européennes s’accroît (et la proportion monte à 70 % chez les chefs d’entreprises de plus de 250 salariés).

    54 % jugent que le coût de la régulation plombe les avantages qu’on peut retirer du marché unique.

    52 % pensent que l’Union européenne est en train d’échouer, que la Grande-Bretagne sera plus prospère si elle garde sa monnaie et reprend les pouvoirs qu’elle a transférés à Bruxelles. (Contre 36 % qui pensent que l’Union européenne est une réussite et qu’il faut adopter l’euro.)

    Et ils sont 60 % à répondre oui à cette question : « Pensez-vous que la Grande-Bretagne devrait renégocier les traités européens existants afin de les réduire à des accords d’association et de commerce ». (Contre seulement 30 %.)

    A noter enfin que les chefs d’entreprises qui commercent le plus en Europe répondent oui à cette question à 55 % (contre 38 %).

  • Tous contre Sarkozy

    Hier sur Canal Plus, Jean-Marie Le Pen a de nouveau comparé Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal à des « vedettes américaines », et il a ainsi précisé leur rôle : « On sait très bien que, comme dans les spectacles, les vedettes américaines sont chargées de faire patienter la foule pendant que les chaises grincent et qu’il y a du bruit dans la salle. »

    A l’approche du début du spectacle, on constate en effet que les chaises grincent de plus en plus et que le bruit se renforce de tous côtés. Ce ne sont pas les fans des vedettes qui en sont responsables, mais ceux qui sont venus pour les sortir. A gauche c’est tout sauf Royal, et à droite tout sauf Sarkozy.

    Contre Sarkozy, Jean-Louis Debré a pris le relais de Dominique de Villepin. Dans le Journal du Dimanche, il a fustigé « les provocations et les attaques incessantes » du ministre de l’Intérieur contre le gouvernement et le président de la République, et a jugé « insupportable » ce « dénigrement continu ». Et lui aussi a condamné les propos de Sarkozy aux Etats-Unis sur l’arrogance et la grandiloquence de la politique étrangère de la France.

    Bien entendu, cette charge va de pair avec le refus de considérer que le président de l’UMP soit le seul candidat possible : « Au nom de quoi empêcher Michèle Alliot-Marie, Dominique de Villepin ou qui que ce soit d’autre d’être eux aussi candidats ? N’excluons rien ni personne. Tout est ouvert et devra le rester encore un bon moment. »

    La garde rapprochée de Sarkozy est aussitôt montée au créneau. Christian Estrosi a déclaré que l’ambition de Jean-Louis Debré était de « devenir mécanicien en chef de la machine à faire perdre ». Eric Woerth a dénoncé la « guerilla que mènent certains » au sein de l’UMP contre Sarkozy, soulignant que « les snipers ne font pas une armée mais peuvent la faire perdre ».

    Il est amusant de remarquer que Ségolène Royal a dit la même chose de son côté, à Dakar, en se demandant si « la machine à perdre » n’était pas « enclenchée » au sein du parti socialiste.

    Naturellement, chacun ponctue ses diatribes d’un vibrant appel à l’unité. Et voici que Jean-Pierre Raffarin est même revenu, pour jouer un rôle, dit-il, de « pacificateur ». « Ne comptez pas sur moi pour mettre de l’huile sur le feu », affirme-t-il, avec ce sens de la formule qui nous le fait regretter (quoiqu’il soit concurrencé par Debré qui a lancé : « Attention à ceux qui sèment le vent, ils pourraient récolter la tempête »).

    Au Grand Jury RTL Le Figaro LCI, Raffarin a donc chanté sur tous les tons l’air de l’union, qui seule peut permettre la victoire, etc. Et, a-t-il martelé, « ce serait avoir une attitude de division que d’envisager des candidatures à la présidentielle qui passeraient en dehors du parti ». Quoique… Quoique la règle souffre déjà une exception, selon lui : le président de la République en exercice.

    En ce qui concerne son éventuel soutien (et de son club Dialogue et Initiative) à Sarkozy, Raffarin a défini quatre « points clefs », autrement dit quatre conditions impératives. Or on remarque aussitôt que l’un de ses points est en contradiction frontale avec les propositions de Sarkozy. Car il a une vision du gouvernement « qui n’est pas celle du Premier ministre directeur de cabinet », et préconise au contraire que le Premier ministre puisse « nommer les ministres et les démissionner », et soit donc investi d’un vrai pouvoir qui lui permette de protéger le président de la République. C’est exactement le contraire du fonctionnement des institutions que souhaite Sarkozy. Après cela il est inutile d’examiner les autres « points clefs ». On retiendra tout de même que Raffarin veut « plus de continuité que de rupture » en matière de politique étrangère, ce qui est aussi une belle pierre de taille dans le jardin du président de l’UMP.

    Cela étant dit, il s’est lancé dans un couplet… à la gloire de Michèle Alliot-Marie, qui « est une femme d’Etat », qui a « des qualités importantes : du talent, de l’autorité, de la rigueur », qui « correspond à l’aspiration très forte des femmes dans notre pays », et sans qui on ne peut pas gagner…

    Le leitmotiv des uns et des autres, quel que soit leur poulain, est l’unité de l’UMP derrière un seul candidat, ce qui est présenté par tous (y compris Villepin et Alliot-Marie) comme une condition absolument nécessaire pour la victoire. Au regard de l’histoire des élections, cette insistance est étrange : c’est comme si la présidentielle de 1995 n’avait pas existé, où Balladur était candidat, favori des sondages, face à Chirac (sans parler de celle de 1974, où Chaban était candidat, favori des sondages, face à Giscard).

    Il n’est donc pas du tout incongru d’imaginer qu’il y ait deux candidats du même camp, et du même parti. En outre c’est la situation la plus conforme à la tradition gaullienne de la Ve République, selon laquelle le candidat à la présidentielle n’est pas le candidat d’un parti, mais un homme qui se présente devant le peuple. La procédure de désignation d’un candidat au sein du parti « gaulliste » montre que ce parti n’est définitivement plus gaulliste.

    Il doit pourtant y avoir une raison à ce que ce qui était possible en 1995 ne le soit plus en 2007. Bien sûr, la raison s’appelle Le Pen. On le dit le moins possible, et même on ne le dit pas du tout dans les grandes déclarations publiques. Mais c’est la seule raison. Autrement dit les stratèges de l’UMP, qui font semblant d’ignorer la candidature Le Pen, en sont obsédés. Ils font comme si elle était négligeable, mais ils ne pensent qu’à ça : s’il y a deux candidats de l’UMP, tous les deux seront derrière Le Pen. Ce n’est pas dans les sondages, mais ils savent que c’est la réalité. D’où la lutte à mort pour être le seul candidat. Une lutte qui pourrait bien se solder dans un premier temps par une telle division qu’il y ait deux candidats. Et le jour du scrutin par la mort des deux. C’est tout ce que l’on souhaite.

  • Saint Longin

    Le calendrier byzantin fête aujourd’hui saint Longin, qui n’a pas fait grande carrière en Occident. Il se trouve d’autre part que ce n’est pas la même histoire (même si les deux traditions peuvent éventuellement être jointes, et l’ont été). Dans la Légende dorée et dans l’iconographie occidentale, saint Longin est le soldat romain qui perça le cœur du Christ de sa lance (évangile de saint Jean). Dans la tradition byzantine, saint Longin est le centurion qui s’écria, en voyant les prodiges qui accompagnèrent la crucifixion : « Vraiment celui-ci était le fils de Dieu » (évangile de saint Matthieu). Il était également le centurion chargé de surveiller le tombeau du Christ. Témoin de la résurrection, il refusa le marché de Pilate, de raconter, en échange d’un joli magot, que pendant que les soldats dormaient les disciples étaient venus prendre le corps. De ce fait il quitta l’armée, et retourna chez lui en Cappadoce, où il se mit à prêcher l’évangile. Il fut dénoncé par Pilate à Tibère, qui le fit arrêter et mettre à mort.

    A noter qu'il existe d'autres saint Longin (qui ne sont pas fêtés en ce jour), dont un père du désert, un martyr en Mauritanie, un martyr à Marseille, un évêque de Viviers.