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  • Le dépotoir de nos vieilles repentances

    Extrait d’une chronique de Jean-Marie Rouart, de l'Académie française, dans Nice-Matin :

    Un couscoussier, une machine à coudre, un fer à repasser, des valises en carton, des théières marocaines, et des scoubidoubidous : c'est ce dépotoir dont aucun marché au puces ne voudrait qu'on ose nommer musée. Eh oui, les Musées de France lui ont donné ce label. L'Etat est-il devenu fou ? Je manque de mots pour exprimer mon indignation au sortir de la visite de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration qui a ouvert ses portes aujourd'hui, en lieu et place de l'ancien Musée des colonies de la Porte Dorée à Paris. Ce merveilleux monument de l'architecte Albert Laprade contient des chefs-d’œuvre de l'Art déco : des meubles de Rulhmann, des sculptures de Janniot, vient d'être colonisé à son tour par le politiquement correct. Ce musée que Sarkozy et Hortefeux ont refusé d'inaugurer a-t-il d'autre but que de participer sournoisement à cet « empoisonnement » dont parlait Jack Lang ? Faire de la France un pays xénophobe et tordant le cou à la plus élémentaire vérité. Voilà le beau travail de l'Etat. Avons-nous tant d'argent à gaspiller à nous flageller ? (...)

    Le résultat est ce qu'il devait être : nul. Un gâchis. On a abîmé un beau monument et on lui a donné la vocation débile de gratter nos plaies en matière d'immigration et de réveiller nos culpabilités. On aura rarement mêlé sans aucune pudeur le népotisme présidentiel, l'instrumentalisation de la culture à des fins politiques et la gabegie financière. Car cela va vous (nous) coûter cher d'avoir, sous un vague alibi historique, l'insigne bonheur de contempler une paire de ciseaux et un fer à repasser qui se battent en duel : la modique somme de vingt-trois millions pour les travaux, plus sept millions pour le budget annuel de fonctionnement. C'est onéreux pour ce dépotoir de nos vieilles repentances.

    (via fdesouche)

  • Accord sur le « traité de Lisbonne »

    Les 27 sont parvenus à un accord sur le nouveau traité européen, appelé comme prévu « traité de Lisbonne », dans la nuit de jeudi à vendredi.

    La Pologne a obtenu la reconnaissance de la clause de Ioannina, qui permet à des pays mis de peu en minorité de geler la décision jusqu’à ce que soit trouvé un compromis. L’Italie a obtenu un député supplémentaire au Parlement européen, ce qui porte le nombre de députés à 751, un de trop ; alors on a décidé qu’il y avait « 750 députés plus le président »...

    Le porte-parole de l’Elysée David Martinon a pulvérisé les record d’impudeur et d’impudence en disant que « cet accord est une très grande satisfaction pour nous car il intervient vingt mois seulement après que Nicolas Sarkozy ait avancé pour la première fois l’idée d’un traité simplifié en février 2006 dans un discours à Berlin, et très exactement après cinq mois d’exercice du pouvoir. » Et d’ajouter que c’est Nicolas Sarkozy qui a trouvé les solutions pour rallier la Pologne et l’Italie...

    Bref, c’est Sarkozy qui a tout fait. Il a fait le traité, et il l’a fait adopter. Ce sont des prétentions simplement stupides, qui en dehors de l’hexagone font sourire ou irritent, selon les tempéraments.

    Et la France sera le premier pays à ratifier le traité, espère Jean-Pierre Jouyet.

    Ce sera le premier gouvernement à bafouer la volonté de son peuple, qui s’est prononcé contre le traité sans la moindre ambiguïté. Telle sera la seule gloire qui reviendra à Nicolas Sarkozy. Un attentat contre la démocratie, qui est d’abord un attentat contre la France.

    Manifestation ce soir à 18h, place des Victoires à Paris.

  • On va régulariser en masse

    On avait pu s’étonner de voir le préfet de l’Essonne annoncer qu’il allait régulariser les clandestins de l’église de Massy à condition qu’ils produisent une « promesse d’embauche », alors que le ministère de l’Intérieur ne cesse de demander des efforts à la police pour que soient expulsés davantage de clandestins. En fait, le préfet applique de façon anticipée une disposition de la nouvelle loi sur l’immigration. Une disposition passée inaperçue, à cause du tapage sur les tests ADN et l’hébergement d’urgence, ou plutôt grâce à ce tapage.

    Il s’agit d’un amendement déposé par les députés Frédéric Lefebvre (UMP), Yves Jégo (ULMP) et Nicolas Perruchot (NC), qui a été voté à l’unanimité à l’Assemblée nationale, avec l’aval du gouvernement, et au Sénat.

    L’idée vient de... Noël Mamère. Alors qu’on discutait à l’Assemblée nationale de la précédente loi sur l’immigration, le député Vert se battait contre la suppression de la régularisation de plein droit des étrangers au bout de dix ans de présence en France, que le gouvernement considérait à juste titre comme une prime à l’illégalité. Noël Mamère « faisait valoir que nombre d'étrangers, en dépit de toutes les difficultés rencontrées, avaient montré une grande obstination à rester en France et trouvé les moyens de se construire une vie », dit Frédéric Lefebvre, qui en fut convaincu. Le député était alors conseiller du ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Il prépara un amendement, dont Sarkozy ne voulut pas. Aujourd’hui, Sarkozy l’a fait voter...

    Car cela correspond à l’actuelle doctrine sarkozyste de l’immigration : c’est une façon de concrétiser l’objectif fixé par le président de la République d’arriver à un taux de 50% d’immigration de travail : « A partir du moment où nous définissons des secteurs économiques en tension, avec l'idée de faire appel à des étrangers pour les soulager, regardons déjà sur notre territoire s'il n'y en a pas des compétents pour répondre aux besoins, et donnons pour cela la possibilité au préfet de régulariser ces personnes, au cas par cas », explique Frédéric Lefebvre.

    L'impact de la mesure « peut être important », souligne Yves Jégo. Et Frédéric Lefebvre précise que « dans les départements marqués par de fortes pénuries de main-d'œuvre, le préfet pourra procéder à de nombreuses régularisations ».

    Désormais, tout préfet pourra donc régulariser les clandestins qui présenteront une « promesse d’embauche ».

    Voilà un nouveau boulevard qui s’ouvre pour les candidats à l’immigration clandestine, et pour les fabricants de promesses d’embauche...

  • Saint Pierre d’Alcantara

    Remède contre les pensées importunes, la constance à les combattre courageusement et l'humilité devant Dieu. - Le remède contre les tentations des pensées importunes qui ont coutume de nous assaillir dans l'oraison, est de les combattre avec courage et avec persévérance. Toutefois cette résistance ne doit pas se faire avec trop de fatigue et d'angoisse d'esprit, parce que ce n'est pas tant une œuvre de la force que de la grâce et de l'humilité. C'est pourquoi, lorsque quelqu'un se trouve dans cet état, attendu qu'en cela il n'y a point de sa faute, ou qu'elle est très légère, il doit, sans scrupule et sans désespoir, se tourner vers Dieu, et lui dire en toute humilité et dévotion : « Vous voyez ici, ô Seigneur de mon âme, ce que je suis. Que pouvait-on attendre de ce fumier, sinon de semblables odeurs ? Que pouvait-on espérer de cette terre que vous avez maudite, sinon des ronces et des épines ? Voilà, Seigneur, le fruit qu'elle peut produire, si vous n'avez la bonté de la purifier. » Et cela dit, qu'il reprenne le fil de son oraison comme auparavant, et qu'il attende avec patience la visite du Seigneur qui jamais ne manque aux humbles. Si cependant les pensées continuent de vous inquiéter, et si de votre côté vous leur résistez avec persévérance, faisant ce qui dépend de vous, vous devez tenir pour certain que vous avancez beaucoup plus par cette résistance, que si vous étiez à jouir de Dieu, le cœur tout inondé de délices.

    (Saint Pierre d’Alcantara, extrait de "La ferveur de l’esprit". L’an dernier j’avais reproduit une belle citation du même saint sur l’humilité.)