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  • Juppé droit dans ses bottes de sept lieues

    Alain Juppé, ministre d’Etat, ministre de la Défense, confirme qu’il restera maire de Bordeaux. Sud Ouest rappelle son propos du 22 avril 2009 sur l’incompatibilité entre la fonction de maire et un poste ministériel. Le Post a fait un montage de ses diverses déclarations sur le sujet, toutes aussi catégoriques.

    Et alors ? Eh bien alors il a changé d’avis, tout simplement : "Je ne nie pas l'avoir dit", mais "le contexte a changé et chacun a le droit d'évoluer et de s'adapter".

    Et il souligne que Bordeaux n’est qu’à 50 minutes de Paris par avion. Comme si c’était le problème…

  • Le rôle des conférences épiscopales

    Petit rappel de Benoît XVI, à un groupe d’évêques brésiliens en visite ad limina, le 15 novembre :

    "Votre conférence, comme toutes les autres, est née comme une application concrète de l'affection collégiale des évêques en communion hiérarchique avec le Successeur de Pierre, pour être un instrument de communion affective et effective entre tous ses membres, et de collaboration efficace avec le pasteur de chaque église locale, dans la triple fonction d'enseigner, sanctifier et gouverner les brebis de son troupeau".

    La conférence épiscopale "se présente comme une des formes qui, sous la direction de l'Esprit-Saint, permet l'exercice conjoint et harmonieux de certaines fonctions pastorales pour le bien des fidèles et de tous les citoyens d'un territoire déterminé. De fait, une coopération toujours plus étroite et conforme avec vos frères dans le ministère aide les évêques à mieux accomplir leur mandat sans oublier leur responsabilité première de faire paître en tant que pasteur (...) leur propre église".

    Cette institution qui "promeut l'unité d'efforts et d'intentions des évêques, se transformant en instrument pour qu'ils puissent partager leur fatigue, doit éviter de devenir une réalité parallèle ou de se substituer au ministère de chacun des évêques, c'est-à-dire qu'elle ne doit pas changer votre rapport avec votre église locale et avec le collège des évêques, ni se faire intermédiaire entre l'évêque et le Siège de Pierre."

    "Les structures de la Conférence épiscopale existent pour servir les évêques et non pour se substituer à eux."

    (VIS)

  • Irak : le compromis irano-américain

    L’accord politique en Irak, obtenu huit mois après les élections, est un compromis entre les exigences iraniennes et les exigences américaines.

    Un conseiller de l'ambassadeur des Etats-Unis a affirmé que le rôle de son pays s'était borné à "faciliter" les négociations, ce qu’il a pu faire grâce au fait que les Irakiens "nous considèrent comme un intermédiaire neutre". Sic.

  • La mosquée d’Ostricourt

    En fin de matinée a été posée la première pierre de la nouvelle mosquée d’Ostricourt (au sud de Lille, 5.000 habitants). Sa superficie totale sera de 1.400 m2, elle aura un minaret de 16 mètres. Ce sera une mosquée à haute qualité environnementale

    Elle portera le doux nom de Khalid ibn al-Walid.

    Khâlid ibn al-Walîd est le principal général de Mahomet. Il participe, après la mort de Mahomet, à la reconquête de la péninsule d'Arabie et est le commandant des armées musulmanes lors des conquêtes de l'Irak et de l'Empire byzantin (bataille de Yarmouk). Sur plus de cent batailles qu’il commande, il n’en perd aucune. (Wikipedia)

  • Fin des gadgets

    Dans le nouvel organigramme du gouvernement, l’expression « identité nationale » a disparu. Le « grand ministère de l’Ecologie » a perdu son grand ministre, et l’Energie… L’ouverture à gauche, et même au centre, n’est plus qu’un petit entrebâillement. La « diversité » se réduit à deux secrétaires d’Etat, dont Jeannette Boughrab, la nouvelle (et sans doute ex) présidente de la Halde, qui refuse d’être étiquetée « diversité ». Le mot « famille » redisparaît…

    François Fillon est encadré par deux ministres d’Etat droits dans leurs bottes RPR.

    Pour la première fois, un « couple » siège au gouvernement. Signe des temps ; c’est un couple non marié.

    Christine Lagarde a déclaré que le nouveau gouvernement est « totalement révolutionnaire ». Ah bon. Sur les 31 membres, 22 faisaient partie du gouvernement précédent.

  • Rappel

    Benoît XVI, après l'Angélus:

    Samedi prochain, 27 novembre, dans la Basilique Saint-Pierre, je présiderai les premières vêpres du premier dimanche de l'Avent et une veillée de prière pour la vie naissante. Il s'agit d'une initiative commune avec les Eglises particulières du monde entier et j'ai également recommandé aux paroisses, aux communautés religieuses, aux associations et aux mouvements d'y adhérer. Le temps de préparation à Noël est un moment propice pour invoquer la protection divine sur tout être humain appelé à l'existence, également comme remerciement à Dieu pour le don de la vie reçu de nos parents.

  • Benoît XVI : réévaluer l’agriculture

    Dans son allocution de l’Angélus, hier, Benoît XVI a évoqué la crise économique à l’occasion du G20 :

    C'est un symptôme aigu qui est venu s'ajouter à d'autres bien plus graves et déjà bien connus comme le déséquilibre prolongé entre la richesse et la pauvreté, le scandale de la faim, l'émergence écologique, et le problème du chômage, désormais lui aussi général.

    Dans ce cadre, une relance stratégique de l'agriculture semble décisive. En effet, le processus d'industrialisation a parfois rejeté dans l'ombre le secteur agricole, qui, tout en tirant à son tour bénéfice des connaissances et des techniques modernes, a cependant perdu de son importance, avec des conséquences notables aussi au plan culturel. Ce me semble être le moment d'un appel à réévaluer l'agriculture non dans un sens nostalgique, mais comme une ressource indispensable pour l'avenir. (…)

    (…) Il est fondamental de cultiver et de diffuser une conscience éthique claire, à la hauteur des défis les plus complexes du moment présent ; de s'éduquer tous à une consommation plus sage et responsable ; de promouvoir la responsabilité personnelle ainsi que la dimension sociale des activités rurales, fondées sur des valeurs permanentes comme l'accueil, la solidarité, le partage de la fatigue du travail.

    De nombreux jeunes ont déjà choisi cette voie ; des jeunes diplômés reviennent se consacrer à une entreprise agricole, avec le sentiment de répondre ainsi non seulement à un besoin personnel et familial, mais aussi à un signe des temps, à une sensibilité concrète pour le bien commun.

  • Saint Albert le Grand

    En 1259, le pape le nomma évêque de Ratisbonne (ville libre impériale de Bavière). Son activité n'y fut pas de longue durée, mais les circonstances de cette nomination nous éclairent sur sa personnalité. Le maître de l'ordre, Humbert de Romans, était depuis quelque temps au fait des intentions du pape et n'approuvait pas cette élection: il écrivit à Albert pour le conjurer de refuser, se fondant sur les décisions de plusieurs chapitres généraux qui n'autorisaient l'acceptation d'une telle charge que dans des cas exceptionnels. " Qui de nous, qui des mendiants résistera à l'attrait de dignités ecclésiastiques, lui écrivait-il, si vous y succombez aujourd'hui - Ne citera-t-on pas votre exemple comme excuse - Qui, parmi les laïcs, ne se sentira scandalisé, qui ne dira que, loin d'aimer la pauvreté, nous ne la subissons que jusqu'au moment où nous pouvons nous en défaire ? " Et la conclusion était pathétique: " Plutôt que de voir mon fils bien-aimé dans la chaire épiscopale, je préférerais le voir au cercueil. "

    Le zèle inquiet d'Humbert de Romans était justifié: qu'un moine mendiant fût évêque de Ratisbonne - et par là même prince d'Empire - il y avait là une contradiction. Mais par ailleurs on peut assurer qu'était justifiée aussi l'inquiétude du pape devant l'état affligeant du diocèse, dont l'évêque n'avait échappé qu'en se démettant de sa charge à un procès imminent pour dissipation des biens d'Église et autres graves abus.

    Albert se décida à accepter ce siège épiscopal avec l'intention d'y renoncer dès qu'il ne serait plus nécessaire. En un an il réussit à remettre en ordre la situation financière et, avec l'aide de quelques abbés bénédictins et grâce à des tournées pastorales, à revivifier le service des âmes ~ qui avait été négligé. Pour la population, il était si inhabituel de voir un évêque arriver non en prince d'Empire, à cheval et en cuirasse, mais à pied, en vêtements de laine écrue, chaussé de simples sandales, qu'ils donnèrent à Albert un surnom: le " porteur de sandales ". Quand Albert pensa avoir trouvé, en la personne du doyen de la cathédrale, un successeur possible, il alla trouver à Anagni le pape Urbain IV, le pria d'accepter sa démission et lui suggéra de désigner comme évêque de Ratisbonne le doyen Léon. Le pape fut d'accord sur tout cela. Mais au lieu de laisser Albert retourner à Cologne et reprendre ses commentaires d'Aristote, il le retint dans sa cour d'Anagni, puis l'envoya comme légat pontifical prêcher en Allemagne la croisade qu'on préparait. Pendant trois ans (1261-1264) ce septuagénaire parcourut les régions de langue allemande faisant alors partie de l'Empire.

    (Dominique et les dominicains, éditions du Cerf : Albert le Grand et saint Thomas d’Aquin)