19 août 2013

Celui qui me reniera devant les hommes…

Le 30 juin 2011 a été signé un accord entre la Commission européenne et la principauté d’Andorre, selon lequel l’euro devenait la monnaie officielle de la principauté, bien que celle-ci ne soit pas membre de l’Union européenne (depuis 2002 l’euro était la monnaie de fait). La principauté ne pourrait pas émettre de billets, mais elle pourrait frapper des pièces (pour la première fois de son histoire), à partir du 1er juillet 2013, date qui a été repoussée au 1er janvier 2014 en raison de divers problèmes. Un concours a été lancé pour déterminer ce qui serait représenté sur la face des pièces laissée à l’initiative des Etats utilisateurs. Le graphisme gagnant, pour les pièces de 10, 20 et 50 centimes, fut une représentation du Christ Pantocrator de l’église Saint-Martin de Cortinada, avec le campanile de l’église Sainte-Colombe.

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Mais la Commission européenne a décidé qu’on ne pouvait pas admettre le portrait du Christ sur une pièce de monnaie de l’UE. Elle a donc demandé à Andorre de « reconsidérer le motif pour ne pas rompre le principe de neutralité en matière de croyance religieuse ».

Et, sans même discuter, Andorre a supprimé le Christ Pantocrator, et l’a remplacé par une ruine…

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Les autorités d’Andorre auraient pourtant pu prendre exemple sur le gouvernement slovaque, qui n’a pas fléchi, et qui a gagné. En effet, pour le 1.150e anniversaire de la conversion du pays par saint Cyrille et saint Méthode, les Slovaques avaient décidé d’émettre une pièce de 2 euros représentant les deux saints. La Commission européenne avait exigé que soient retirées la croix et les auréoles. Mais la croix (d’Anjou) fait partie des armoiries de la République slovaque. Dans un premier temps, les Slovaques avaient donc décidé de supprimer les auréoles (ce qui en fait mettait davantage la croix en relief). Mais, vu le tollé que provoquait la demande de la Commission européenne un peu partout en Europe, ils avaient finalement décidé de proposer à la Commission… le dessin originel. Et c’est la Commission qui a cédé. La pièce de 2 euros, aujourd’hui en circulation, représente bien les deux saints avec leur auréole.

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D’autre part, le Vatican (qui est dans la même situation qu’Andorre, et qui jusqu’ici a à peu près respecté le laïcisme de l’UE) va émettre une pièce de 2 euros commémorant les dernières JMJ, avec le Christ Rédempteur de Rio…

 

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Le problème d’Andorre est l’un de ses deux co-princes…

Ses dirigeants devraient tout de même méditer la phrase du Christ : « Celui qui me reniera devant les hommes, je le renierai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux. »

Commentaires

Pouvez-vous m'expliquer comment un héritier de la Révolution peut être prince ? et aussi chanoine ?

Écrit par : bl | 19 août 2013

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ce n'est pas compliqué: à l'étranger, il l'est comme successeur du pouvoir précédent; au Proche Orient l'ambassadeur ou le consul de France participe ex officio à de nombreuses cérémonies religieuses catholiques, même si son gouvernement se met à oublier son rôle de protecteur des chrétiens d'Orient
on peut même remarquer la discrétion de la république en la matière : le roi de France était chanoine de nombreuses cathédrales françaises, et à ma connaissance aucun président ne s'en est prévalu

Écrit par : theofrede | 20 août 2013

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C'est donc bien hollande qui caché derrière la "commission" est à l'origine de ce reniement du Christ en Andorre.

Écrit par : stephe | 21 août 2013

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