24 juin 2013

Un triple affront

Samedi était organisé dans le cadre de l’année de la foi un concert au Vatican : la 9e symphonie de Beethoven, par le chœur de l’Académie nationale Sainte-Cécile et l’Orchestre symphonique de la RAI sous la direction de son chef actuel Juraj Valcuha : sans aucun doute une grande interprétation d’un évident chef-d’œuvre de la musique.

Bien sûr cela avait été programmé pour le musicien et mélomane qu’est Benoît XVI. Mais le nouveau pape allait en bénéficier tout naturellement.

Eh bien non. Au dernier moment il a fait dire qu’il ne viendrait pas. « Je ne suis pas un prince du temps de la Renaissance qui écoute de la musique au lieu de travailler », aurait-il dit. En fait la musique ne l’intéresse pas du tout (cf. sa « liturgie »). C’est donc l’occasion pour ce grand humble de montrer que lui il travaille et qu’il n’a pas le temps de s’amuser, lui ; et pour ce grand pauvre qui fuit les « mondanités » de montrer que la musique n’est qu’un divertissement de riches…

Or c’est à l’évidence un triple affront :

1. à Benoît XVI, qui se servait de ces concerts pour faire une petite catéchèse (et réjouir les mélomanes chrétiens…) et montrait que la vraie musique élève l’âme ;

2. à l’orchestre, à son chef, aux solistes, au chœur ;

3. aux personnes qui étaient venues pour entendre, outre la musique, l’allocution du pape en relation avec l’année de la foi (par l’« Ode à la joie », bien sûr).

La grande chaise blanche est donc restée vide.

Au fait, ça se dit comment, en latin, chaise vide ?

Mais non, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

Commentaires

J'ai la conviction qu'un grand drame se joue actuellement au Vatican;nous n'avions vraiment pas besoin de cela.

Écrit par : amédée | 24 juin 2013

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Je me permets de reproduire ici le commentaire fort pertinent paru sur le blog de l'abbé Rimaz, qui a su calmer ma propre indignation:

"Il me semble que ce genre de propos ne correspond pas au style de celui à qui on les attribue. Cela fait plutôt penser à quelques petites phrases qu'on lui a déjà attribuées et qui ont été démenties, par exemple ce que le pape aurait dit à Mgr Marini le jour de son élection au moment où il refusait de s'habiller )de telle et telle façon: c'est du carnaval, mettez-le vous-même etc. Les petites phrases authentiques du pape semblent différentes dans le fond comme dans la forme.
Je pense, en revanche, que la diffusion de petites phrases non-authentiques montre une nouvelle fois que des gens bien placés et mal intentionnés veulent faire croire que le pape est comme ça: faussement simple, faussement direct dans sa manière de s'exprimer.
On brode beaucoup sur les réussites de la communication du pape François (et, en arrière-plan, qu'on le veuille ou pas, sur les ratés prêtés à Benoît XVI dans ce domaine), je pense que les deux papes ont, en fait, les mêmes ennemis qui agissent différemment mais dont le but est de leur nuire auprès de tout ou partie de l'opinion publique... il y a donc des gens qui organisent les ratés de la communication du pape François en faisant semblant de l'aimer.
Concernant les circonstances qui pourraient expliquer cette absence au concert, il y en a vraiment beaucoup, depuis un problème de santé ponctuel jusqu'à un grave et urgent problème de gouvernement à régler... Là où, je pense que les ennemis interviennent, c'est lorsque se multiplient les commentaires pour expliquer que le pape refuse d'assister à un concert parce qu'il travaille à la réforme de la Curie dont, par ailleurs, les commentaires ne nous donnent aucune explication crédible, se contentant de rabâcher de vieux poncifs progressistes dont la plupart n'ont rien à voir avec les questions posées par l'organisation concrète de la Curie, Sandro Magister l'a fort bien expliqué il n'y a pas très longtemps.
Merci de votre attention.

Écrit par : C.J. | lundi, 24 juin 2013"

http://lesuisseromain.hautetfort.com/archive/2013/06/22/le-pape-absent-au-concert-pour-l-annee-de-la-foi.html#comments

Écrit par : ph. martin | 25 juin 2013

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On ressent un grand malaise lorsqu'on scrute les 100 jours de ce pontificat et plus qu'un malaise de l'effroi.
Les médias catholiques ont beau vouloir expliquer tout dans un sens favorable à François,cela ne fait que renforcer notre inquiétude.

Écrit par : amédée | 25 juin 2013

ne deviez-vous plus parler du pape François ?

Écrit par : ernst | 25 juin 2013

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Cher M. Daoudal, vous demandez:

"La grande chaise blanche est donc restée vide.

Au fait, ça se dit comment, en latin, chaise vide ?"

Cela a un nom très précis: Sedevacante.

Et c'est malheureusement la réalité.

J'espère que Bergoglio va en faire tant et plus de ses bergoglieries, comme ça, peut-être que certaines âmes un peu moins aveuglées verront quelle est la gravité de la situation.

Car il faut bien être clair: ce François n'est pas plus pape que vous et moi, tout simplement parce qu'il n'a pas la foi catholique. Il a une foi moderniste.

Écrit par : Abenader | 16 août 2013

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J'ai ajouté:

Mais non, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

François est le pape, parce qu'il a été élu légitimement. Il y a eu de nombreux mauvais papes dans l'histoire de l'Eglise. Il n'est pas sûr qu'il soit l'un des plus mauvais. On verra bien. On a le pape que l'on mérite...

Écrit par : Yves Daoudal | 16 août 2013

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