— Si vous ne croyez pas que Je Suis, vous mourrez dans votre péché.
— Qui es-tu ?
— Le Principe, moi qui vous parle.
Principium, qui et loquor vobis.
Τὴν ἀρχὴν ὅ τι καὶ λαλῶ ὑμῖν.
Les exégètes modernes, dans leur médiocre suffisance, ne supportent pas que le Fils de Dieu, le Verbe incarné, dise aussi ouvertement, ou plutôt qu’il s’exclame avec force, à l’accusatif exclamatif, qu’il est le Principe, tên arkhên. Alors ils ont tripatouillé le texte tant qu’ils ont pu pour lui faire dire autre chose. On a même trafiqué la Vulgate pour faire dire autre chose à la soi-disant néo-Vulgate.
Mais le texte demeure, inchangé en grec comme dans la vraie Vulgate, pour l’admiration et la contemplation du fidèle. Un texte dont le sens ne peut pas faire débat, puisque de toute façon le Christ lui-même l’explique à la fin du même chapitre de saint Jean, à la fin de cette même discussion avec les juifs, en répétant une formule qu’il venait déjà d’utiliser - celle de Dieu au Sinaï :
— Amen Amen, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, Je Suis.
Et la liturgie insiste également, puisque l'antienne du Benedictus dit:
"Ego Principium, qui et loquor vobis." Ce qui ne peut pas se traduire autrement que : "Moi (je suis) le Principe".