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  • William Hague dément Van Rompuy

    William Hague, le nouveau ministre britannique (très eurosceptique) des Affaires étrangères, et Nick Clegg, vice-Premier ministre et chef du parti libéral (théoriquement européiste), étaient hier en visite à Berlin. William Hague a ouvertement démenti Herman Van Rompuy qui avait annoncé que tous les pays de l'UE s'étaient mis d'accord pour que les budgets nationaux soient soumis à Bruxelles avant d'être votés par les parlements. Il a déclaré : « Notre budget sera d'abord présenté à notre Parlement national. » Et Nick Clegg a ajouté : « Nous sommes complètement d'accord sur ce sujet. »

    William Hague confirme ainsi ce qu'avait déclaré son secrétaire d'Etat au Trésor, Mark Hoban, au lendemain de la réunion de Bruxelles : « Le budget sera présenté d'abord au Parlement »...

  • Petite leçon de choses

    Il y a eu récemment trois élections législatives dans l'Union européenne : au Royaume-Uni, en République tchèque, aux Pays-Bas. Dans ces trois pays, le parti arrivé en tête est un parti libéral conservateur plus ou moins eurosceptique, et qui a fait sa campagne sur la nécessaire rigueur pour faire face à la crise monétaire. Dans ces trois pays, les partis de gauche qui promettaient le maintien des « acquis » et des lendemains qui chantent ont été sévèrement battus.

  • Christine Boutin et les salauds de pauvres

    Christine Boutin hier soir sur France 2 : "J'ai entendu les Français qui ont de petits salaires, et j'ai donc décidé de mener cette mission de façon gracieuse en renonçant à mes 9.500 euros".

    On avait parlé de la voiture avec chauffeur et des bureaux mis en outre à la disposition de Christine Boutin. Mais il y a aussi ce qui est versé aux collaborateurs de Christine Boutin. Dans La Charente libre, le « rapporteur » de la « mission » révèle qu'il touche 4.740 € par mois, et qu'il est le moins bien payé (parce qu'il est fonctionnaire). Deux autres touchent 6.000 €, et le quatrième 5.000 €.

    « Je suis en train de créer une jurisprudence avec cette décision. Parce qu'il y a beaucoup de gens qui sont dans cette situation et qui vont aujourd'hui ou demain être confrontés au même problème », a également déclaré Christine Boutin.

    Mais, selon les enquêtes du Monde.fr et de Rue89, la plupart des « missions » sarkoziennes ne donnent lieu à aucune rémunération (mais à des aides logistiques : bureaux, collaborateurs). Il en fut ainsi notamment pour les plus célèbres « missionnés » : Alain Juppé, Jack Lang, Jacques Attali, Yves Jégo, Alain Bauer, Pierre Botton, Jean-Marie Colombani, Michel Wieviorka...

  • Le bâton de l'amour

    Extrait de l'homélie de Benoît XVI pour la clôture de l'année sacerdotale.

    « Ton bâton me guide et me rassure » : le pasteur a besoin du bâton contre les bêtes sauvages qui veulent faire irruption dans le troupeau ; contre les brigands qui cherchent leur butin. À côté du bâton, il y a la houlette qui offre un appui et une aide pour traverser les passages difficiles. Les deux réalités appartiennent aussi au ministère de l'Église, au ministère du prêtre. L'Église aussi doit utiliser le bâton du pasteur, le bâton avec lequel elle protège la foi contre les falsificateurs, contre les orientations qui sont, en réalité, des désorientations. L'usage même du bâton peut être un service d'amour. Nous voyons aujourd'hui qu'il ne s'agit pas d'amour, quand on tolère des comportements indignes de la vie sacerdotale. De même il ne s'agit pas non plus d'amour quand on laisse proliférer l'hérésie, la déformation et la décomposition de la foi, comme si nous inventions la foi de façon autonome. Comme si elle n'était plus le don de Dieu, la perle précieuse que nous ne nous laissons pas dérober. Toutefois, en même temps, le bâton doit toujours redevenir la houlette du pasteur - la houlette qui aide les hommes à pouvoir marcher sur les sentiers difficiles et à suivre le Seigneur.

  • L'ennemi du sacerdoce ne peut pas gagner

    Extrait de l'homélie de Benoît XVI, ce matin, pour la clôture de l'année sacerdotale. La plus grande partie est un superbe commentaire du psaume 22. Mgr Joseph Murphy a récemment publié un « essai sur la théologie de Joseph Ratzinger », intitulé « Invitation à la joie ». On notera que le pape parle sept fois de la joie dans cette homélie.

    On pouvait s'attendre à ce que cette nouvelle mise en lumière du sacerdoce déplaise à « l'ennemi » ; il aurait préféré le voir disparaître, pour qu'en fin de compte Dieu soit repoussé hors du monde. Et il est ainsi arrivé que, proprement au cours de cette année de joie pour le sacrement du sacerdoce, sont venus à la lumière les péchés des prêtres - en particulier l'abus à l'égard des petits, où le sacerdoce chargé de témoigner de la prévenance de Dieu à l'égard de l'homme se trouve retourné en son contraire. Nous aussi nous demandons avec insistance pardon à Dieu et aux personnes impliquées, alors que nous entendons promettre de faire tout ce qui est possible pour que de tels abus ne puissent jamais plus survenir ; promettre que dans l'admission au ministère sacerdotal et dans la formation délivrée au cours du parcours qui y prépare, nous ferons tout ce qui est possible pour examiner attentivement l'authenticité de la vocation et que nous voulons mieux encore accompagner les prêtres sur leur chemin, afin que le Seigneur les protège et les garde dans les situations difficiles et face aux dangers de la vie. Si l'Année sacerdotale avait dû être une glorification de notre prestation humaine personnelle, elle aurait été détruite par ces événements. Mais il s'agissait pour nous exactement du contraire : devenir reconnaissant pour le don de Dieu, un don qui se cache « dans des vases d'argile » et qui toujours de nouveau, à travers toute la faiblesse humaine, rend concret son amour en ce monde. Nous considérons ainsi que ce qui est arrivé est un devoir de purification, un devoir qui nous porte vers l'avenir et qui, d'autant plus, nous fait reconnaître et aimer le grand don de Dieu. De cette façon, le don devient l'engagement de répondre au courage et à l'humilité de Dieu par notre courage et notre humilité. La parole du Christ, que nous avons chanté comme chant d'entrée dans la liturgie, peut nous suggérer en cette heure ce que signifie devenir et être prêtres : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29).

  • Le célibat des prêtres et le mariage

    Hier, Place Saint-Pierre, 15 mille prêtres de 97 pays ont participé à la veillée de prières avec Benoît XVI, pour clore l'année sacerdotale. On en lira ici un émouvant compte rendu.

    Au cours de cette veillée, le pape a répondu à des questions. Son secrétaire lui tendait des feuillets pour les réponses, mais il n'en a pas voulu et a entièrement improvisé. Voici ce qu'il a dit sur le célibat, selon les dépêches d'agences synthétisées par Benoît et moi :

    Le célibat est une manière de transcender la vie terrestre, d'anticiper, en devenant prêtre, le début d'une nouvelle vie, et de s'unir à Dieu, et c'est là un grand scandale pour une société qui vit dans un présent éternel.

    Pour le monde dans lequel Dieu n'entre pas, le célibat est un grand scandale parce qu'il est vécu comme une réalité, et pour cela on considère qu'il doit disparaître. Cette critique peut surprendre à une époque où il est de plus en plus à la mode de ne pas se marier, mais le célibat des prêtres est une chose complètement différente, pas un vivre seul, pour soi-même, et n'accepter aucun lien définitif, mais juste le contraire.

    C'est en effet un "oui" définitif, une façon de se laisser prendre par Dieu, c'est le "oui" définitif du mariage, forme naturelle de l'union entre un homme et une femme, fondement de la culture chrétienne du monde. S'il disparaît, c'est la racine chrétienne de notre culture qui disparaît.

    Et c'est justement le "grand scandale" de la confirmation du célibat qui est le meilleur antidote au scandale secondaire causé par nos insuffisances mortelles.

    Un "oui" qui, comme le mariage, exige la fidélité.

  • Fête du Sacré-Cœur

    Cor, arca legem continens
    Non servitutis veteris,
    Sed gratiaæ, sed veniaæ,
    Sed et misericordiæ.

    Cor, sanctuarium novi

    Intemeratum fœderis,
    Templum vetusto sanctius,
    Velumque scisso utilius.

    Te vulneratum caritas

    Ictu patenti voluit,
    Amoris invisibilis
    Ut veneremur vulnera.

    Hoc sub amoris symbolo

    Passus cruenta, et mystica,
    Utrumque sacrificium
    Christus sacerdos obtulit.

    Quis non amantem redamet?

    Quis non redemptus diligat,
    Et corde in isto seligat
    Æterna tabernacula?

    Decus Parenti, et Filio,

    Sanctoque sit Spiritui,
    Quibus potestas, gloria
    Regnumque in omne est sæculum.
    Amen.

    Cœur sacré, vous êtes l'arche qui contient la loi, non la loi de l'antique servitude, mais la loi de grâce, de pardon et de miséricorde.

    Cœur sacré, vous êtes le sanctuaire très pur de la nouvelle alliance, le temple nouveau plus saint que l'ancien temple, le voile dont la rupture nous fut plus utile que celle de l'ancien voile.

    Votre charité supporta la blessure que vous fit le coup de la lance; alors la blessure de l'amour invisible apparut à nos regards et à nos adorations.

    En ce Cœur, symbole d'amour, le Christ prêtre offrit, par la souffrance, le double Sacrifice, sanglant et mystique.

    Qui n'aimerait celui qui aime? Quel racheté n'aimerait son Rédempteur? Qui refuserait d'établir dans ce Cœur sa demeure pour l'éternité ?

    Gloire soit au Père, et au Fils, et à l'Esprit-Saint, dont la puissance, la gloire et la royauté demeurent à jamais. Amen.

    (Hymne des laudes, 1765, traduction Dom Guéranger)