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  • Le budget 2007

    Il n’y a rien à dire sur le projet de budget 2007. Mais c’est justement ce qu’il faut souligner. Car la gravité de la situation de nos finances publiques exigerait des mesures drastiques de redressement.

    Ce budget « vertueux » n’est qu’un nouvel avatar de la politique de chien crevé au fil de l’eau. Ce qu’il a de « vertueux » vient des contraintes européennes : il faut être en dessous de 3 % de déficit, il faut être en dessous de 60 % de taux d’endettement (et l’on n’y arrive toujours pas). Ce n’est pas de la vertu que d’être obligé de bien agir, surtout quand on montre par ailleurs que si l’on n’était pas soumis à une coercition on se conduirait très mal.

    D’autre part il y a la fameuse baisse d’impôts, applicable dès le premier tiers, ce qui est non seulement insolite mais théoriquement impossible (les spécialistes de Bercy s’arrachent les cheveux pour la mettre en œuvre et prévoir les régularisations en fin d’année). Comme tout le monde l’a vu, il ne s’agit que d’une mesure électoraliste. Mais quand une mesure l’est perçue à ce point par l’opinion, son effet est nul. Comme il est nul également sur la baisse pourtant nécessaire des prélèvements obligatoires.

    Bref, tout cela est lamentable.

  • Les jours de nos années

    Anni nostri sicut aranea meditabuntur. Dies annorum nostrorum in ipsis septuaginta anni. Si autem in potentatibus, octoginta anni, et amplius eorum labor et dolor, quoniam supervenit mansuetudo, et corripiemur.

    Ces versets du psaume 89 (chanté aux laudes du jeudi), centré sur la brièveté et la précarité (comme une toile d’araignée) de la vie humaine sur cette terre, m’ont toujours frappé, en ce qu’ils contredisent radicalement l’idée reçue selon laquelle la vie ne cesse de s’allonger. Que nous dit-il en effet ? Que « les jours de nos années » sont de 70 ans, de 80 ans si nous sommes valides, et qu’au-delà nous connaissons la peine et la douleur, car nous nous affaiblissons.

    Ces versets ont été écrits il y a plus de 3000 ans. Saint Thomas d’Aquin remarquait qu’à son époque, au XIIIe siècle, il en était de même. La situation n’a guère changé. Tout au plus peut-on insister davantage sur les 80 ans, parce que les progrès de la médecine font que davantage de personnes peuvent surmonter certaines maladies, donc arriver à cet âge et le dépasser. Mais saint Augustin faisait remarquer que l’on voyait couramment d’alertes octogénaires. Vers l'an 400. Il le soulignait pour introduire son interprétation du psaume se fondant sur le symbolisme des nombres et non sur la lettre du texte.

    La fameuse « espérance de vie » n’a donc pas changé au point qu’on veut nous le faire croire. La progression spectaculaire que montrent les statistiques est due presque uniquement à la diminution considérable de la mortalité infantile.

    Quoi qu’il en soit, il est absolument vrai que notre vie, si longue soit-elle, n’est rien au regard de Dieu, pour qui mille ans sont comme le jour qui vient de passer (quoniam mille anni ante oculos tuos tanquam dies hesterna quae praeteriit).

    Un grand sujet de méditation pour l’araignée que nous sommes, si fière de sa toile…