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Samedi des quatre temps de carême

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Cantatorium de Saint-Gall, vers 920.

Pendant longtemps on a pensé que le « trait » était un chant qui remplaçait l’alléluia pendant le carême et aux autres jours de pénitence, et donc que ces pièces de plain chant étaient plus récentes que les alléluias. On s’est aperçu que c’était le contraire : les traits sont les pièces les plus anciennes (elles ont été remplacées par l'alléluia qui ne se chantait qu'au temps pascal). Ce qui correspond à leur aspect « primitif » : il n’existe de traits qu’en deux modes : 2 et 8, et ils reprennent sans cesse les mêmes motifs.

Quant au sens du mot, on a souvent dit qu’il venait du verbe qui veut dire « traîner », parce que c’est un chant lugubre qui demande qu’on « traîne » la voix. Durand de Mende, dans son Rational, insiste pendant plus de trois pages sur cette idée : « Le trait s’appelle ainsi de trahere, tirer, traîner, parce qu’on le chante en traînant (tractim), d’une voix dure, et en pesant sur les mots. Cela figure la misère et le labeur du présent exil, dont le Psalmiste dit : “Que je suis malheureux de ce que le temps de mon exil est si long !” » Etc.

En fait l’expression complète est « psalmus tractus », psaume chanté d’un trait, car au départ c’est un psaume entier ou presque entier (comme au premier dimanche de carême), et qui n’a pas de refrain comme les « répons ».

Voici le trait de la messe de ce jour, qui était chantée à la fin de la longue veillée d’ordinations, et qui est le même que celui de la veillée pascale. C'est un psaume entier (le plus bref du psautier), et l'on constate immédiatement que, comme beaucoup d’autres, il n’a rien de triste.

Par les moines de Ligugé, en 1960.


podcast

Laudáte Dóminum, omnes gentes : et collaudáte eum, omnes pópuli. Quóniam confirmáta est super nos misericórdia eius : et véritas Dómini manet in ætérnum.

Nations, louez toutes le Seigneur ; peuples, louez-le tous. Car sa miséricorde a été affermie, et la vérité du Seigneur demeure éternellement.

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Commentaires

  • Effectivement, le Trait "s'oppose" au psaume responsorial, ce dernier remplaçant le Graduel à la messe lue (forme ordinaire), car il est issue d'un psaume chanté "d'un seul trait", sans répons ("refrain") ni antienne.
    Du fait du développement mélodique, il a été réduit à quelques versets seulement (de même que le Graduel) pour ne pas être trop long en temps.

    Le Trait Laudate est également celui du 4e dimanche de Carême "Laetare", ce qui est comme un clin d'oeil vers Pâques puisqu'il fait également partit des Traits entre les 7 lectures (forme ordinaire) de la vigile pascale. Clin d'oeil ver Pâques : c'est bien le sens du Dimanche de Laetare.

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