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  • La « pousseuse » condamnée à rien

    Avec l’unanimité que confère aux gazettes le recopiage des dépêches, on apprend que « la pousseuse du RER » a été condamnée à 22 mois de prison dont 18 avec sursis.

    Or elle n’est pas condamnée pour avoir « poussé » quelqu’un, mais parce que sa victime a eu les deux jambes sectionnées par le RER sous lequel elle l’avait poussée.

    Et elle est condamnée à 4 mois de prison ferme. A savoir les 4 mois qu’elle a passés en détention préventive.

    Elle est donc condamnée à rien.

  • Le juge argentin qui ne veut pas enlever la croix

    Lu ici :

    « Je ne veux pas éliminer la croix parce que je suis catholique et parce qu’elle est le symbole de la pitié de Dieu ». C’est la réponse du juge argentin Luis Maria Rizzi à la campagne lancée par l’APP (Asociasión Pensiamiento Penal) et par l’ADC (Asociasión por los Derechos Civiles) pour la suppression des symboles religieux des salles des tribunaux argentins. Dans une lettre envoyée au Président de l’APP, Mario Juliano, Luis Maria Rizzi a répété qu’il ne donnera aucune disposition jusqu’à ce que les crucifix soient éliminés par une directive vu que « je porte un respect à la croix et à une personne innocente, la plus innocente des condamnés à mort et parce que c’est le symbole de la foi et de l’identité de la plus grande partie de notre peuple. »

    Le juge signale dans la missive que « la croix n’offense ni ne discrimine personne, croyants ou non, en tant que symbole de pitié et de miséricorde ». « Témoigne de ce fait que qui travaille sous sa protection est une personne qui craint Dieu et pour cela, il est impartial et agit selon la justice.» » Se référant directement aux groupes qui soutiennent la campagne, Rizzi écrit : « la liberté religieuse que vous défendez intéresse aussi de près celui qui veut avoir tout près de lui la croix et c’est une liberté qui n’oblige pas à l’éliminer ou à la cacher ». Le juge argentin estime que la mission de l’APP et de l’ADC est une « mission triste » car, selon lui, « la croix est devenue un symbole incompatible avec un monde qui confond le bien avec le mal. Un monde qui protège les droits des femmes au détriment de ceux des enfants. Un monde qui exalte la corruption et prime la déloyauté ». Mais le juge, dans son écrit, se dit convaincu que : « Le Christ ne nous abandonnera pas, même si nous répudions et nous éliminons sa croix ».

  • De la Sainte Vierge le samedi

    Verbum bonum et suave,
    Personemus illud Ave
    Per quod Christi fit conclave
    Virgo, mater, filia.

    Per quod Ave salutata
    Mox concepit fœcundata
    Virgo David stirpe nata,
    Inter spinas lilia.

    Ave, veri Salomonis
    Mater, vellus Gedeonis,
    Cujus Magis tribus donis
    Laudant puerperium.

    Ave, solem genuisti;
    Ave, prolem protulisti,
    Mundo lapso contulisti
    Vitam et imperium.

    Ave, sponsa Verbi summi,
    Maris portus, signum dumi,
    Aromatum virga fumi,
    Angelorum Domina.

    Supplicamus : nos emenda,
    Emendatos nos commenda
    Tuo Nato, ad habenda
    Sempiterna gaudia. Amen.

    Faisons retentir ce Salut, parole heureuse et douce, Salut par lequel devient le sanctuaire du Christ la Vierge qui est à la fois sa mère et sa fille.

    A peine entend-elle ce Salut, qu’elle conçoit son divin Fils, la Vierge issue de David, le lis entre les épines.

    Salut ! Mère du vrai Salomon, toison de Gédéon, vous dont les Mages honorent l’enfantement par une triple offrande.

    Salut ! vous qui avez enfanté le soleil. Salut ! vous qui, en donnant votre fruit, avez rendu à l’homme tombé la vie et la puissance.

    Salut ! Épouse du Verbe souverain, port du navigateur, buisson mystérieux, nuage de parfums, Reine des Anges.

    Nous vous en supplions, amendez-nous et nous recommandez à votre Fils, qui daigne nous donner l’éternelle joie ! Amen.

    Séquence médiévale, traduction dom Guéranger. Le texte fit l’objet d’un motet composé par Adrian Willaert (1490-1562), à propos duquel Gioseffo Zarlino raconte, dans ses Institutions harmoniques (1558), l’anecdote suivante :

    « Je vais à présent raconter ce que j’ai entendu dire à de nombreuses reprises sur le très excellent Adrien Willaert, à savoir qu’un motet à six voix, Verbum bonum et suave, exécuté sous le nom de Josquin presque à chaque fête de Notre Dame en la Chapelle papale de Rome, était tenu pour l’une des plus belles compositions chantées en ce temps-là. Quand Willaert vint des Flandres à Rome, à l’époque de Léon X, et qu’il se retrouva là où ce motet était chanté, il vit qu’on l’attribuait à Josquin. Lorsqu’il eut dit qu’il était de lui, ce qui était vrai, les chanteurs se montrèrent si malveillants ou (à tout le moins) si grossiers qu’ils ne voulurent jamais le rechanter. »