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  • « Remaniement » à Rome

    Dans la liste des nominations et confirmations rendues publiques aujourd’hui, on notera :

    - que le secrétaire général du Synode des évêques, Mgr Nikola Eterovic, très apprécié de Jean-Paul II et de Benoît XVI, est envoyé nonce en Allemagne, et remplacé par un diplomate italien, Mgr Lorenzo Baldisseri, qui était secrétaire de la Congrégation pour les évêques.

    - que le cardinal Mauro Piacenza, préfet de la Congrégation pour le Clergé, est remplacé par un diplomate italien, Mgr Beniamino Stella.

    - que les Préfets de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, Mgr Gerhard Ludwig Müller, et de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, le cardinal Fernando Filoni, ainsi que la plupart des responsables de ces deux dicastères sont confirmés à leurs postes, tandis que Mgr Joseph Augustine Di Noia, qui était vice-président de la Commission Ecclesia Dei (depuis juin 2012), devient secrétaire adjoint de la Congrégation pour la doctrine de la foi. On ne nous donne pas de nom de successeur ; or le président de la commission est déjà, depuis 2009, le préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi… Rappelons que Mgr Guido Pozzo a été nommé (de nouveau) secrétaire de la commission le mois dernier. Il en est donc apparemment le responsable, sous l'autorité de Mgr Müller.

    A propos de Mgr Baldisseri : il était donné par des vaticanistes comme l’un des trois outsiders pour le poste de secrétaire d’Etat, le favori étant le cardinal Bertello. C’est Mgr Pietro Parolin, un diplomate italien, qui n’était pas cité, qui a été nommé. Ce doit quand même être une malédiction du vaticaniste, qu’il se trompe TOUJOURS.

    Et j’ai découvert quelque chose de curieux à propos de Mgr Eterovic. Jean-Paul II l’a nommé évêque titulaire de Sisak en 1999. Sisak, en Croatie, avait été le siège d’un évêché entre le IIIe et le XIIIe siècle. Mgr Eterovic était le premier évêque titulaire de Sisak. Et en 2009 Benoît XVI érigea de nouveau le diocèse de Sisak, et y installa un évêque. Depuis lors Mgr Eterovic est évêque titulaire de Vincovci, toujours en Croatie. Jusqu’à ce que Vincovci redevienne un évêché ?

  • Pourquoi l’islam est irrécupérable

    Une longue réunion sur les lois sanctionnant le « blasphème » a eu lieu au Conseil de l’idéologie islamique (sic), organisme pakistanais officiel dont le rôle est de vérifier la compatibilité des lois présentées au Parlement avec la charia. A l’issue de la réunion, Allama Tahir Ashrafi, membre du dit Conseil et président du Conseil des oulémas du Pakistan, a annoncé que tous les membres du Conseil étaient tombés d’accord pour que soit voté au Parlement un amendement à la loi anti-blasphème, stipulant que… les fausses accusations de blasphème constituent un blasphème en soi et doivent donc être punies de la même façon que les blasphèmes contre le Prophète et le Coran, c’est-à-dire par la peine de mort…

    « Cet amendement permettra de s’assurer que personne n’utilisera la religion à des fins personnelles », a souligné Allama Ashrafi, ajoutant ces nouvelles dispositions « réduiraient au silence par la même occasion les détracteurs de la loi anti-blasphème »…

    « Je dédie cet amendement à tous ceux, y compris Salman Taseer et Shahbaz Bhatti, qui se sont battus pour la Vérité », a osé ajouter le président des oulémas. On rappellera que Salman Taseer et Shahbaz Bhatti ont été assassinés parce qu’ils se battaient contre la loi anti-blasphème…

    Le pauvre Paul Bhatti trouve que cet amendement est « une bonne chose ». Certes, s’il était vraiment appliqué, il conduirait en fait à la quasi suppression des procès pour blasphème, puisque la plupart des accusations sont fausses, lancées par vengeance ou pour s’accaparer le bien du voisin chrétien. Et plusieurs affaires retentissantes de ce genre ont eu lieu récemment. Mais dans l’une d’elles, on a vu que l’imam qui avait porté la fausse accusation et s’en était publiquement vanté a été relaxé : lui-même et tous les témoins se sont finalement rétractés…

    Bref, l’amendement ne servira à rien devant une justice gangrenée par l’islamisme. Et surtout on n’arrange pas les choses en ajoutant la peine de mort à une peine de mort illégitime.

    Et pendant ce temps-là Asia Bibi est toujours en prison, condamnée à mort, dans l’attente d’un procès en appel qui ne vient pas.

    Pour avoir une idée de ce qu’est le très officiel Conseil de l’idéologie islamique, on ajoutera qu’il est au centre d’une polémique pour avoir affirmé qu’en cas de viol un test ADN ne peut pas en soi désigner le violeur, puisque selon la charia il faut quatre témoins pour prouver un viol.

    Le Conseil explique qu’on l’a mal compris. En fait, le test ADN peut être une preuve « supplémentaire », mais la première preuve nécessaire est celle des quatre témoins…

    (Eglises d'Asie)

  • A Gassanieh

    A Gassanieh en Syrie, le village où le père François Mourad a été assassiné par des islamistes le 23 juin, les « rebelles » ont chassé tous les chrétiens. Mêmes les religieux et les religieuses ont dû quitter leurs couvents. En tout c’est un millier de chrétiens qui ont dû partir. Cinq ont décidé de rester coûte que coûte. On n’a aucune nouvelle d’eux : l’entrée du village est interdite.

    Mais sans doute s’agit-il d’une manipulation d’Assad, va nous expliquer Mgr d'Angoulême de l’Académie.

  • Saint Matthieu

    Matthieu, le donné, mérita son beau nom du jour où, à la parole de Jésus : Suis-moi, il se leva et le suivit ; mais le don de Dieu au publicain des bords du lac de Tibériade dépassa celui qu'il faisait lui-même. Le Très-Haut, dont les regards atteignent d'au-delà des cieux ce qu'il y a de plus bas sur la terre, aime à choisir parmi les humbles les princes de son peuple. Au plus bas rang social, Lévi l'était par sa profession, décriée du juif, méprisée du gentil ; mais plus humble encore apparut-il en son cœur, lorsque, n'imitant pas la délicate réserve à son endroit des autres narrateurs sacrés, il inscrivit devant l'Eglise son titre honni d'autrefois à côté de celui d'apôtre (1).

    C'était relever la miséricordieuse magnificence de Celui qui est venu pour guérir les malades et non les forts, pour appeler, non les justes, mais les pécheurs ; c'était, en exaltant l'abondance de ses grâces, en provoquer la surabondance : Matthieu fut appelé à écrire le premier Evangile. Sous le souffle de l'Esprit, il écrivit, dans cette inimitable simplicité qui parle au cœur, l'Evangile du Messie attendu d'Israël et que les Prophètes avaient annoncé; du Messie docteur et sauveur de son peuple, descendant de ses rois, roi lui-même de la fille de Sion ; du Messie enfin venu, non pour détruire la Loi, mais pour la conduire au plein épanouissement de l'alliance universelle et éternelle.

    Ce fut à l'occasion du banquet offert par la simplicité de sa reconnaissance au bienfaiteur divin, qu'on entendit Jésus, prenant la défense de Lévi autant que la sienne, répondre au scandale qu'y cherchaient plusieurs : Est-ce que les fils de l'Epoux peuvent gémir, tant que l'Epoux est avec eux ? Mais viendront des jours où l'Epoux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront. Clément d'Alexandrie atteste par la suite, en effet, l'austérité de l'Apôtre qui ne vivait que de légumes et de fruits sauvages. Mais la Légende nous dira aussi son zèle pour Celui qui s'était si suavement révélé à son cœur, sa fidélité à lui garder les âmes enivrées du vin qui fait germer les vierges (2). Ce fut son martyre ; le témoignage du sang fut pour lui d'affirmer les devoirs et les droits de la virginité sainte. Aussi, jusqu'à la fin des temps, l'Eglise, consacrant ses vierges, reprendra pour chacune la bénédiction qu'il prononça sur l'Ethiopienne, et que le sang de l'Apôtre-Evangéliste a pénétrée de sa vertu pour jamais (3).

    L’Année liturgique

    (1) « Matthieu le publicain ».

    (2) « Le moindre [de ses miracles] ne fut pas celui par lequel  il ressuscita la fille du roi [d’Ethiopie] d'entre les morts, prodige qui fit embrasser la foi du Christ au roi son père, à l'épouse de celui-ci, à tout le pays. Mais le roi mort, Hirtacus, son  successeur, prétendant à la main d'Iphigénie la princesse royale, et celle-ci, qui avait consacré à Dieu sa virginité entre les mains de  l'Apôtre,  persévérant grâce à lui dans sa résolution sainte, le prince  le fit tuer à l'autel où il célébrait les Mystères. »

    (3) Deus plasmator corporum, afflator animarum, qui nunquam spernis ætatem, non sexum reprobas…