Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Les menaces se précisent contre la liberté d’expression

Les sénateurs ont adopté le 7 février une proposition de loi (déjà adoptée à l’Assemblée) visant à fixer un seul délai de prescription (un an) pour tous les propos discriminatoires. Actuellement c’est un an pour les discriminations racistes et trois mois pour les discriminations « homophobes ». Or, comme le disait d’emblée Najat Vallaud-Belkacem, « c’est au moment où notre pays s’apprête enfin à accorder les mêmes droits à chacun, homosexuel ou hétérosexuel, au moment où notre République s’apprête enfin à reconnaître la même valeur à chacun, sans distinction fondée sur l’orientation sexuelle, que les manifestations de l’homophobie se multiplient ». Esther Benbassa, rapporteur* de la proposition de la loi, répétera aussitôt après : « L’inscription de ce texte à l’ordre du jour du Sénat intervient – cela ne vous aura pas échappé – dans un contexte particulier, celui du débat entourant l’examen du projet de loi relatif à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Ces dernières semaines, ce débat a frayé la voie à l’émergence d’un climat souvent ouvertement homophobe et à la multiplication de propos intolérables. » Sic. Cette proposition de loi est donc non seulement opportune, mais elle va « corriger » une « anomalie », en faisant de l’« homophobie » un racisme comme les autres, voire pire que les autres : à traquer en priorité.

Au cours du débat, des sénateurs sont allés plus loin, en faisant le vœu d’un flicage systématique d’internet, qui échapperait selon eux à la juste répression de tous les racismes. « Il est urgent aujourd’hui d’élaborer une loi sur la liberté d’Internet », a ainsi déclaré Esther Benbassa. Qui est précisément en train d’élaborer le projet. Elle a précisé à Mediapart : « Notre problématique sera : comment encadrer internet sans porter atteinte à la liberté d’expression ? » Sic. Comment faire un cercle carré ?

En tout cas, cela va se faire, à la façon des grands ancêtres manieurs de guillotine, si l’on en croit Najat Vallaud-Belkacem, qui disait au Sénat, au nom du gouvernement (français**) : « Nous aurons peut-être la main tremblante au moment de modifier la loi de 1881, mais sachez que cette main sera néanmoins ferme et déterminée. »

* Le Sénat dit bien : « rapporteur », et non « rapporteuse »…

** Najat Vallaud-Belkacem étant aussi de nationalité marocaine, il est toujours nécessaire de préciser au nom de quel pays elle s’exprime.

Lien permanent Catégories : Antiracisme, Gouvernement, Politique française 1 commentaire

Commentaires

Écrire un commentaire

Optionnel