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  • Le cauchemar syrien des Turcs

    L’agence Reuters publie une étude intitulée Les pires cauchemars d’Ankara prennent forme en Syrie. Elle donne la parole à un politologue, Gareth Jenkins, qui vit à Istanbul depuis 1989, et qui dit à propos des dirigeants turcs : "Ils n'ont pas vraiment réfléchi. Ils se sont dit : 'débarrassons-nous d'Assad' sans vraiment penser à ce qui vient après. Maintenant, leurs deux scénarios cauchemars sont en train de se matérialiser : l'émergence d'une sorte d'entité kurde dans le nord de la Syrie qui sera clairement un atout pour le PKK et renforcera les Kurdes de Turquie dans leur désir d'autonomie; et une libanisation de la Syrie avec une longue guerre civile ethnique et religieuse avec différents groupes contrôlant différentes régions."

    Cette analyse est conforme à ce qu’on peut lire par ailleurs sous la plume de ceux qui connaissent vraiment la question. Le pouvoir syrien a laissé son Kurdistan aux mains des milices kurdes afin de libérer la partie de son armée qui s’y trouvait, ce qui renforce évidemment la menace kurde sur la Turquie, d’autant que les Kurdes de Syrie sont alliés d’Assad et que les Kurdes d’Irak sont désormais, de fait, indépendants. Et la Turquie n’a rien à gagner d’une longue guerre civile à ses portes (le pays alaouite étant à sa frontière). Mais elle ne peut pas intervenir militairement. Elle doit se contenter d’aider le passage des rebelles et des armes, et de susciter des divisions entre les factions kurdes de Syrie…

    Tout cela nous montre, assurément, à quel point la Turquie est un pays européen…

    A propos, il n’est pas inintéressant de se souvenir de la carte de la Syrie telle qu’elle avait été dessinée sous le mandat français (le Sandjak d’Alexandrette, qui était en réalité la principauté d’Antioche, et dont la population était très mélangée, est aujourd’hui la province turque de Hatay. Il est toujours revendiqué par la Syrie, et on y trouve environ 12% d’alaouites) :

    syrie,turquie

  • Tiens, tiens…

    Dans une interview (très décontractée) à la télévision allemande WDR, dont le texte a été aussitôt publié sur le site du gouvernement luxembourgeois (mais c’est en allemand), le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker (Premier ministre du Luxembourg) déclare qu’une sortie de la Grèce serait « gérable », mais qu’elle n’est pas « souhaitable » en raison de l’impact désastreux que cela aurait pour les Grecs les plus modestes.

    Le mois dernier, Jean-Claude Juncker martelait que la sortie de la Grèce de l’euro ne faisait pas partie de ses « hypothèses de travail » et critiquait durement ceux qui osaient évoquer une telle possibilité.

  • Saint Jean-Marie Vianney

    Le Saint Curé enseignait surtout ses paroissiens par le témoignage de sa vie. A son exemple, les fidèles apprenaient à prier, s'arrêtant volontiers devant le tabernacle pour faire une visite à Jésus Eucharistie. « On n'a pas besoin de tant parler pour bien prier - leur expliquait le Curé - On sait que le bon Dieu est là, dans le saint Tabernacle ; on lui ouvre son cœur ; on se complaît en sa présence. C'est la meilleure prière, celle-là. » Et il les exhortait : « Venez à la communion, venez à Jésus, venez vivre de lui, afin de vivre pour lui. » « C'est vrai, vous n'en êtes pas dignes, mais vous en avez besoin ! » Cette éducation des fidèles à la présence eucharistique et à la communion revêtait une efficacité toute particulière, quand les fidèles le voyaient célébrer le saint sacrifice de la Messe. Ceux qui y assistaient disaient « qu'il n'était pas possible de voir un visage qui exprime à ce point l'adoration... Il contemplait l'Hostie avec tant d'amour. » « Toutes les bonnes œuvres réunies - disait-il - n'équivalent pas au sacrifice de la messe, parce qu'elles sont les œuvres des hommes, et la sainte messe est l'œuvre de Dieu. » Il était convaincu que toute la ferveur de la vie d'un prêtre dépendait de la Messe : « La cause du relâchement du prêtre, c'est qu'on ne fait pas attention à la messe ! Hélas ! Mon Dieu ! qu'un prêtre est à plaindre quand il fait cela comme une chose ordinaire ! » Et il avait pris l'habitude, quand il célébrait, d'offrir toujours le sacrifice de sa propre vie : « Oh ! qu'un prêtre fait bien de s'offrir à Dieu en sacrifice tous les matins. »

    Cette identification personnelle au sacrifice de la Croix le conduisait - d'un seul mouvement intérieur - de l'autel au confessionnal. Les prêtres ne devraient jamais se résigner à voir les confessionnaux désertés ni se contenter de constater la désaffection des fidèles pour ce sacrement. Au temps du Saint Curé, en France, la confession n'était pas plus facile ni plus fréquente que de nos jours, compte tenu du fait que la tourmente de la Révolution avait étouffé pendant longtemps la pratique religieuse. Mais il s'est efforcé, de toutes les manières : par la prédication, en cherchant à persuader par ses conseils, à faire redécouvrir à ses paroissiens le sens et la beauté de la Pénitence sacramentelle, en montrant comment elle est une exigence intime de la Présence eucharistique. Il sut ainsi donner vie à un cercle vertueux. Par ses longues permanences à l'église, devant le tabernacle, il fit en sorte que les fidèles commencent à l'imiter, s'y rendant pour rendre visite à Jésus, et qu'ils soient en même temps sûrs d'y trouver leur curé, disponible pour l'écoute et le pardon. Par la suite, la foule croissante des pénitents qui venaient de la France entière, le retint au confessionnal jusqu'à 16 heures par jour. On disait alors qu'Ars était devenu « le grand hôpital des âmes. » « La grâce qu'il obtenait [pour la conversion des pécheurs] était si puissante qu'elle allait à leur recherche sans leur laisser un moment de répit » dit le premier biographe. C'est bien ce que pensait le Saint Curé quand il disait : « Ce n'est pas le pécheur qui revient à Dieu pour lui demander pardon ; mais c'est Dieu lui-même qui court après le pécheur et qui le fait revenir à lui. » « Ce bon sauveur est si rempli d'amour pour nous qu'il nous cherche partout ! »

    Benoît XVI