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  • D’un prince l’autre

     

    Le roi Abdallah d’Arabie saoudite a désigné sans surprise le prince Nayef, vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, prince héritier, en remplacement du prince Sultan, vice-Premier ministre et ministre de la Défense, mort vendredi dernier. Le nouvel héritier, 23e fils du fondateur de la dynastie et du pays, a 78 ans. Ministre de l’Intérieur depuis 1975 (il a remplacé son frère Fahd devenu roi), il est le gardien de la stricte dictature islamique.

    On note que le pouvoir est toujours verrouillé par les fils d’Abdalaziz ibn Saoud. Il faudra sans doute attendre la mort de l’avant-dernier pour qu’un petit-fils devienne prince héritier…

    On note aussi que Barack Obama a fait un éloge appuyé du prince disparu et a envoyé le vice-président Joe Biden, à la tête d’une impressionnante délégation civile et militaire, pour présenter les condoléances des Etats-Unis au roi de cette magnifique démocratie.

     

  • L’accord pour la zone euro : le diable, ou l’enfer ?

    Après la première réaction d’enthousiasme des marchés saluant l’accord sur le fonds de garantie de la zone euro, le doute saisit les spécialistes et les décideurs. Car on se rend compte que sous les décisions prises, il n’y a rien. En tout cas rien qui ait été expliqué. Ainsi on ne nous dit pas comment on fait passer le fonds de garantie de 440 milliards à 1.000 milliards sans qu’un seul pays augmente sa contribution (réponse partielle : la Chine, mais ce n’est ni très clair ni très satisfaisant…). Et l’on ne sait absolument pas ce que vont faire les banques censées abandonner volontairement – sic - 50% de leurs créances sur la Grèce…

    En arrivant à la réunion, le Premier ministre polonais Donal Tusk avait dit : « Tout le monde attend avec impatience les détails, mais ce n’est pas le diable qui est dans les détails, c’est l’enfer tout entier. » Et pour beaucoup d’observateurs c’est un bon résumé de l’accord qui a été conclu.

  • Saint Simon et saint Jude

    A Jude Thaddée a été attribuée la paternité de l'une des Lettres du Nouveau Testament, qui sont appelées "catholiques" car adressées non pas à une Eglise locale déterminée, mais à un cercle très vaste de destinataires. Celle-ci est en  effet  adressée  "aux appelés, bien-aimés de Dieu le Père et réservés pour Jésus Christ" (v. 1). La préoccupation centrale de cet écrit est de mettre en garde les chrétiens contre tous ceux qui prennent le prétexte de la grâce de Dieu pour excuser leur débauche et pour égarer leurs autres frères avec des enseignements inacceptables, en introduisant des divisions au sein de l'Eglise "dans leurs chimères" (v. 8), c'est ainsi que Jude définit leurs doctrines et leurs idées particulières. Il les compare même aux anges déchus et, utilisant des termes forts, dit qu'"ils sont partis sur le chemin de Caïn" (v. 11). En outre, il les taxe sans hésitation de "nuages sans eau emportés par le vent; arbres de fin d'automne sans fruits, deux fois morts, déracinés; flots sauvages de la mer, crachant l'écume de leur propre honte; astres errants, pour lesquels est réservée à jamais l'obscurité des ténèbres" (vv. 12-13).

    Aujourd'hui, nous ne sommes peut-être plus habitués à utiliser un langage aussi polémique qui, toutefois, nous dit quelque chose d'important. Au milieu de toutes les tentations qui existent, avec tous les courants de la vie moderne, nous devons conserver l'identité de notre foi. Certes, la voie de l'indulgence et du dialogue, que le Concile Vatican II a entreprise avec succès, doit assurément être poursuivie avec une ferme constance. Mais cette voie du dialogue, si nécessaire, ne doit pas faire oublier le devoir de repenser et de souligner toujours avec tout autant de force les lignes maîtresses et incontournables de notre identité chrétienne. D'autre part, il faut bien garder à l'esprit que notre identité demande la force, la clarté et le courage face aux contradictions du monde dans lequel nous vivons. C'est pourquoi le texte de la lettre se poursuit ainsi:  "Mais vous, mes bien-aimés, - il s'adresse à nous tous - que votre foi très sainte soit le fondement de la construction que vous êtes vous-mêmes. Priez dans l'Esprit Saint, maintenez-vous dans l'amour de Dieu, attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus Christ en vue de la vie éternelle. Ceux qui sont hésitants, prenez-les en pitié..." (vv. 20-22). La Lettre se conclut sur ces très belles paroles:  "Gloire à Dieu, qui a le pouvoir de vous préserver de la chute et de vous rendre irréprochables et pleins d'allégresse, pour comparaître devant sa gloire:  au Dieu unique, notre Sauveur, par notre Seigneur Jésus Christ, gloire, majesté, force et puissance, avant tous les siècles, maintenant et pour tous les siècles. Amen" (vv. 24-25).

    Benoît XVI, 11 octobre 2006