07 juillet 2008

La jeunesse aujourd’hui

Extrait du discours de Jean-Marie Le Pen, hier, lors de la clôture de l’université d’été du FNJ.

Peu à peu, le temps de la jeunesse s’est étendu jusqu’à 16 ans, au XVIIIème siècle, puis à 18 ans au XIXème et XXème siècle, avant que les canons de Verdun et les tranchées de la Somme ne plongent des générations entières de jeunes gens dans les affres de la Grande Guerre, dont ne sortirent que des âmes ridées, trop vite déniaisées par l’enfer des orages d’acier, et des corps vieillis car souvent brisés par la mitraille ou les gaz asphyxiants.

Certes, nul ne souhaite à notre jeunesse d’entrer ainsi dans l’âge adulte. Mais il est tout de même frappant de constater qu’aujourd’hui, la jeunesse s’étale jusqu’à 30 ans.

Jusque dans les années 70, la majorité était fixée à 21 ans, âge auquel on a fait son apprentissage et effectué son service militaire. Celui-ci était effectué par les étudiants après un sursis d’incorporation parallèle aux études.
Bien qu’on ait réduit à 18 ans, à l’époque de M. Giscard d’Estaing, au nom du « libéralisme avancé », l’âge de la majorité civique et juridique, on n’a pas rendu les jeunes plus libres, ni d’ailleurs nécessairement plus matures.
En effet, l’âge de la majorité sociale et psychologique, qu’on ne peut codifier par des règles de droit, a changé : on reste mineur de fait tant qu’on ne gagne pas sa vie soi-même, tant qu’on reste hébergé et nourri par ses parents, tant qu’on ne sent pas capable de prendre charge de famille.

Observez qu’on entre de plus en plus tard dans la vie active, en raison de la longueur souvent boursouflée des études, que l’on se marie de plus en plus tard, que l’on procrée de plus en plus tard, ce qui a une incidence sur chacun, mais aussi sur la collectivité toute entière.

Bref, j’ai le sentiment qu’aujourd’hui, beaucoup de jeunes gens restent dans les handicaps de la jeunesse, c’est-à-dire l’absence d’autonomie, de liberté, la non–disposition de soi, sans pour autant disposer des perspectives qui furent celles des générations précédentes.

Comme vous le savez en effet, le contexte général qui nous entoure n’est hélas, guère favorable à l’épanouissement des initiatives et des engagements.

Jadis chaque enfant qui naissait héritait de l’immense patrimoine culturel, historique et linguistique accumulé par les générations précédentes de Français.

Le petit d’homme, qui ne peut que recevoir, était ainsi doté d’une somme de valeurs, d’expériences et de traditions qui formaient son jugement, son caractère, sa vision du monde, autant d’armes nécessaire à l’exercice de sa liberté et de sa volonté.

L’apprentissage social s’étalait de la famille à l’école et au service militaire, sans oublier l’action des organisations religieuses, sportives ou sociales comme le mouvement scout.

Or, on n’apprend plus l’histoire à nos enfants, ou alors une histoire tellement manipulée qu’elle gagnerait à être qualifiée de son vrai nom de propagande…

On n’apprend plus l’amour de la patrie et des anciens, diabolisés par la propagande permanente de repentance dont on abreuve l’opinion.

On n’apprend plus les fondements de la langue française - alors que dire de l’enseignement de ses subtilités !

On n’apprend plus la différence entre le bien et le mal, la différence entre le respect et l’irrespect.

Ainsi, par mollesse ou idéologie, les familles et l’école ont abdiqué, et ne transmettent plus grand-chose, condamnant par avance des générations de jeunes à rejoindre le troupeau des consommateurs repus, béats et satisfaits, propices à toutes les manipulations, formatés pour marcher comme un seul homme à l’abattoir, voire à courir jusqu’au précipice.

Commentaires

Ce que la jeunesse réclame en réalité et que l'Etat laïc organisé de façon totalitaire ne peut lui fournir, ce n'est pas de "travailler plus pour gagner plus", mais de pouvoir exercer des métiers intelligents, non pas des métiers qui consistent à escroquer son voisin ou à reproduire toute la journée le même geste.
Et cela l'Etat laïc ne peut le fournir à la jeunesse. Ce sont bien les adultes qui sont responsables des enfants et non l'inverse. Il y a plus de cinquante ans Bernanos dénonçait déjà le cynisme de l'Etat gaulliste qui nous a laissé la chienlit en héritage.

Que feraient les centaines de milliers d'étudiants qui remâchent des programmes formatés dans les Universités françaises s'ils n'étudiaient pas ? Ils viendraient grossir les rangs des chômeurs plus âgés, et comme Le Pen sait, la jeunesse peut être "explosive".

Il est beaucoup plus habile comme l'hypocrite Bayrou fit, de ne pas réformer l'Education nationale qui remplit comme il faut son rôle de gardiennage, que de vouloir, comme les crétins libéraux, le beurre et l'argent du beurre. Avec toutes ces bourses, ce RMI, ces allocations, on achète la paix la sociale.
Si l'on veut économiser sur le RMI ou sur les hordes d'étudiants, on met en péril la paix sociale à laquelle la bourgeoisie capitaliste est, on le comprend, très attachée.

Le slogan "travailler plus pour gagner plus" a mobilisé derrière Sarkozy des masses de... retraités. Le président leur renvoie l'ascenseur en finançant la recherche contre l'Alzheimer.

Ecrit par : Lapinos | 07 juillet 2008

Voilà du grand le Pen comme nous l'aimons !
Qu'il prenne la position du sage qui a vécu et qui a une expérience à transmettre aux plus jeunes, sans prendre parti dans leurs querelles d'ambition. C'est ce qu'on attend de lui !

Ecrit par : Jean Leclerc | 14 juillet 2008

Le devoir d'un chef, et dans le cas de Le Pen le chef se confond avec le parti, c'est au contraire de désigner parmi ses successeurs celui qui lui paraît avoir le plus d'ambition.

L'expérience Mégret a prouvé que sans Le Pen le FN n'est rien qu'un sarkozysme ordinaire, quelques formules économiques magiques auxquelles plus personne ne croit et la mise en place d'un Etat policier pour protéger les vieillards nantis qui commencent à craindre que la racaille ne déborde sur la Rive gauche.

Ecrit par : Lapinos | 15 juillet 2008

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