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03 juin 2008
Rachida mange son chapeau
Rachida Dati a mangé son chapeau (on ne sait pas si c’est un Dior, ou un YSL en hommage au cher disparu). Après avoir justifié le jugement de Lille, voilà qu’elle demande au parquet d’interjeter appel. Il est vrai qu’elle était quelque peu isolée face à la meute des bonnes consciences droits-de-l’hommesques, qui n’ont pas compris sa bienveillance islamique.
Rachida Dati n’avait pas craint de dire que la justice est là pour protéger les plus vulnérables, à savoir la jeune femme. C’était une inversion patente du rôle de la justice : la justice est là pour protéger le plaignant face à celui qui lui a fait du tort. Elle protège le volé, pas le voleur. Or, ici, la personne qui se dit lésée est le mari, et la personne qui lui a fait du tort est la femme. Si le jugement de Lille a été rendu, contrairement à la mission de la justice, pour protéger celle qui est dans son tort, c’est parce qu’en donnant raison au mari la justice empêche celui-ci (voire la famille de la jeune femme) d’exercer des représailles, de commettre un « crime d’honneur ». Ce qui est une preuve flagrante que le jugement a été rendu selon la loi islamique et non selon la loi française.
Face au tollé, et sans aucun doute sous la pression de Nicolas Sarkozy, Rachida Dati effectue donc un virage à 180 degrés.
Nombre de juristes doutent que cet appel soit recevable en une telle matière, et compte tenu que le jugement était définitif. Ce qui aurait été à coup sûr recevable eût été une demande de pourvoi en cassation dans l’intérêt de la justice (qui a été suggéré hier par François Fillon) et qui aurait donné l’occasion à la Cour de cassation de préciser la jurisprudence. Mais ce pourvoi est impossible parce que le délai est d’un mois après la notification du jugement aux parties (qui a eu lieu le 1er avril). En revanche, pour l’appel, il n’y a en fait pas de délai : le délai est d’un mois à partir de la notification du jugement au parquet par les parties, et les parties n’ont certainement pas fait cette démarche jusqu’à ce jour.
Maintenant, si l’appel est recevable, la suite ne va pas être triste. Compte tenu de la pression politico-médiatique, les magistrats n’auront pas d’autre choix que d’annuler le jugement de première instance. Ce leur sera d’autant plus facile qu’ils jugeront ainsi selon la tradition du droit français. Ainsi le musulman et sa femme répudiée seront de nouveau mariés. Le musulman se pourvoira-t-il en cassation, grâce à l’aide généreuse des lobbies laïcistes droits-de-l’hommesques? Ou bien décidera-t-il de divorcer ? Mais que va dire la jeune femme qui, renvoyée chez ses parents comme un traînée, était prétendument d’accord avec la procédure de nullité ? Le suspense est insoutenable...
12:09 Publié dans Immigration, Islam, Justice | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note




















Commentaires
Quel méli-mélo dans la procédure. Quel méli-mélo dans la justice. Je ne sais pas comment le Tribunal a pu justifier sa décision ? Je comprends que cette affaire donne du "fil à retordre" à la justice mais n'ayant pas assisté à la séance, je ne peux rien ajouter de plus. Bonne journée.
Ecrit par : elisabeth | 03 juin 2008
Plus facile pour le Tribunal laïc de justifier sa décision que pour les médias laïcs de justifier leur morale laïque, Elisabeth, et le fait qu'ils viennent de bafouer le principe laïc sacré de séparation des pouvoirs en obligeant la Garde des Sceaux à régler le litige différemment.
Dans cette perspective, et à titre préventif, pour ne pas encombrer une justice qui a visiblement d'autres chats à fouetter, un ancien militant du FN doit-il ou non avertir de cette tare essentielle son futur conjoint ? Son mariage sera-t-il annulable s'il garde le silence ?
Ecrit par : Lapinos | 03 juin 2008
Le couple, s'il est "remarié" par la morale laïque médiatique pourra toujours divorcer par consentement mutuel pour y remédier.
Probablement nos deux tourtereaux en seraient passés d'abord par là s'ils avaient pu se douter de l'extrême susceptibilité de la conscience laïque française, qui ne souffre pas une virginité excessive, contraire à la consommation et donc à la croissance (Faire appel à Labbée en matière de mœurs, c'est encore un scandale que les médias ont oublié de relever.)
Mais peut-être la procédure accélérée de divorce par consentement mutuel heurte-t-elle les principes coraniques ?
Ecrit par : Lapinos | 03 juin 2008
@ Lapinos
Apparamment la conscience laïque française voudrait même interdire la virginité. Quid du mode d'application d'une telle interdiction : dès le berceau ?
La différence entre le divorce et l'annulation est que la deuxième a pour effet de considérer le mariage comme n'ayant jamais existé, alors que le divorce dissout le mariage avec des effets postérieurs, comme éventuellement l'obligation de verser une pension alimentaire.
Il y a en outre une réflexion que je me fais dans cette histoire. La classe politico-médiatique s'offusque de ce qu'une valeur islamique, telle l'exigence de virginité, ait pu etre prise en compte par la justice pour prononcer cette annulation. En revanche, elle ne s'est pas offusquée du fait que la justice ait fondé l'interdiction de la soupe au cochon sur une autre valeur islamique, en l'occurrence sur la prohibition de la consommation de porc pour les musulmans.
Ecrit par : ff | 04 juin 2008
Sur la virginité, il convient de ne pas tomber dans le piège de la propagande médiatique. La "libération de la femme" dont se vantent les lobbys laïcs, est une fiction.
Le droit laïc n'a fait que retarder l'émancipation sexuelle des femmes, en réalité, qui a lieu beaucoup plus tôt dans les sociétés traditionnelles non laïques. Même si elles n'avaient pas de relations sexuelles, des fillettes de cinq ans ont pu être mariées dans la France non laïque (celle que la notion d'"identité française" sarkozyste exclut) et dépucelées à douze ans. Ce qui ferait scandale aujourd'hui, et hurler les ligues de vertu laïques.
Le régime laïc est un régime patriarcal hypocrite, mais un régime patriarcal quand même, comme la religion protestante puritaine (et métèque) dont il est issu.
En fait, derrière l'hypocrisie et les grandes déclarations, on n'est pas si loin que ça de l'islam honni ou du judaïsme.
Pour postuler que le divorce, par exemple, conquête laïque, constitue une libération "objective" de la femme, il faut pas mal de mauvaise foi. L'avortement lui-même est très souvent dicté par une pression sociale très forte, comme dans la société juive ou musulmane.
Enfin la revendication du mariage par des laïcs soi-disant "gays" - du mariage, pas de l'amour libre -, en dit long sur les mobiles réels du droit laïc.
L'effet du totalitarisme est d'opposer des gens qui en fait tiennent les mêmes raisonnements ; d'où l'intérêt du "Ni gauche ni droite" de Le Pen et du refus de l'uniformité yankie.
Ecrit par : Lapinos | 04 juin 2008
"Célébré le 8 juillet 2006, le mariage unissait un ingénieur français converti à l'islam et une étudiante française de confession musulmane."
c'est ce qu'on peut lire dans un article de http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/05/30/debat-apres-l-annulation-d-un-mariage-entre-musulmans_1051815_3224.html
si l'information s'avère véritable, nul doute que certains vont encore se prendre les pieds dans le tapis.
Ecrit par : V12 | 04 juin 2008
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