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La polémique sur le chômage

A la veille de la publication des chiffres du chômage de décembre, et donc de l’année 2006, le collectif « Les autres chiffres du chômage » (ACDC) a relancé le débat sur la réalité du chômage en présentant lors d’une conférence de presse une note d’analyse des statistiques de l’ANPE.

Il n’y a là rien qui n’ait déjà été dit, sur la hausse constante des sorties des listes de l’ANPE, qui ne correspondent que faiblement à des reprises d’emploi, sur le boom des radiations (plus 39% entre 2003-2004 et 2005-2006), sur les non-renouvellements d’inscription de ceux qui n’ont plus droit à l’indemnisation, etc. Mais ce qui est intéressant est que le « collectif » réunit, comme son nom l’indique, des organisations d’extrême gauche (Sud, AC, etc.) dont des syndicats de l’ANPE et de l’INSEE, ce qui lui donne une crédibilité médiatique à laquelle le Front national, par exemple, ne peut prétendre, et donc un important retentissement.

Ce qui est intéressant, de ce fait, est que l’ANPE se trouve obligée de répondre. Et l’on constate que l’agence… ne peut pas répondre.

Dans l’entretien que publie l’AFP avec le directeur général de l’ANPE, celui-ci, pour indiquer le nombre des chômeurs, commence par débiter longuement le nombre des demandeurs d’emploi selon les catégories de l’ANPE. Ce que tout le monde peut lire sur le bulletin mensuel publié par le ministère de l’Emploi, et ne répond pas à la question du nombre des chômeurs réels. A moins de faire croire qu’il s’agit en effet du nombre des chômeurs réels, et là c’est prendre les gens pour des imbéciles.

Finalement, l’AFP lui demande tout de même : « Tous les chômeurs sont-ils inscrits à l’ANPE ? » Réponse : « Je ne dis pas que tous les chômeurs ou tous les gens qui se considèrent comme chômeurs parce qu’ils n’ont pas de travail et en cherchent un (sic), sont inscrits à l’ANPE. Je n’en sais rien. » Pourtant, peu avant, il a affirmé que les sorties de listes pour reprise d’emploi ont « plutôt tendance à augmenter ». C’est donc qu’il y a de très nombreuses « sorties de listes » qui ne correspondent pas à une reprise d’emploi.

Enfin il admet qu’il y a « peut-être » des jeunes sans emploi qui ne sont pas inscrits. « C’est possible. » Mais après les émeutes, ajoute-t-il, « on a inscrit plusieurs milliers de jeunes ». Ceux-là n’étaient donc pas inscrits précédemment. Et combien de milliers ne le sont toujours pas ?

Et il ne dit pas un mot des radiations, pas un mot de ceux qui abandonnent l’ANPE après avoir épuisé leurs droits, etc.

Dernier argument, en désespoir de cause : « On ne conteste jamais les chiffres quand le chômage monte. C’est toujours quand il baisse qu’on le conteste, c’est quand même un peu surprenant. »

Ce n’est pas vrai. Quand le chômage officiel montait, on constatait que la hausse avouée était bien en deçà de la réalité. Mais il est évident que la contestation a un tout autre impact quand les chiffres officiels baissent. Si l’on dit que le chômage monte plus qu’on ne le dit, on ne fait que renforcer la tendance officiellement avouée. Si l’on dit que le chômage monte alors que les chiffres officiels baissent, on casse l’effet que l’on voulait produire sur l’opinion. Et quand les gauchistes s’en mêlent, suivis pas les médias, ça fait mal…

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