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  • Révolution syndicale ?

    Par un avis adopté par 132 voix contre 57, le Conseil économique et social, qui avait été saisi par le Premier ministre, propose une réforme radicale de la représentativité syndicale.

    Ce sont donc les syndicats eux-mêmes qui en viennent à accepter ce qu’ils avaient toujours rejeté avec la plus grande fermeté. Il est vrai que le gouvernement a certains moyens de pression, face à des organisations qui ne vivent plus quasiment que de subventions publiques…

    Il aura donc fallu attendre 60 ans pour que les règles totalitaires de représentativité syndicale soient ébranlées.

    Rappelons le critère le plus aberrant (toujours en vigueur tant qu’une loi n’aura pas été votée) : pour qu’une organisation syndicale soit reconnue représentative au plan national (et bénéficie donc, notamment, du droit de présenter des candidats au premier tour des élections professionnelles), elle doit prouver son « attitude patriotique » entre 1939 et 1945. Autrement dit, aucun syndicat créé après 1945 ne peut être représentatif ! Or jusqu’à maintenant les centrales syndicales tenaient ferme à ce critère aberrant, pour préserver leurs privilèges.

    On constate que la CGC et la CFTC, qui ont toujours été en pointe dans ce combat (pas très chrétienne, pourtant, cette attitude fondée sur une imposture), ont bataillé contre l’adoption de l’avis par le CES.

    On constate aussi, et c’est plus intéressant, que le Medef, les chambres de commerce et d’industrie et la GPME y étaient également hostiles, alors que bien évidemment on aurait pensé qu’ils étaient favorables à ce que soit brisé un monopole syndical. Le CES « prend le risque de bloquer la négociation collective pendant des années », ont-ils protesté, pensant aux rétorsions des syndicats perdant leurs privilèges. Alors que la CGT et la CFDT (mas pas FO) se sont prononcées en faveur de la réforme. C’est dire à quel point le grand patronat (mais pas les artisans de l’UPA qui ont pris la position inverse) est en situation de dhimmitude sociale, soumis à la dictature syndicale, même quand elle s'effondre...

  • Téléthon : touché !

    L’association française contre les myopathies a fait injonction à la fondation Jérôme Lejeune de retirer du site Généthique toute référence à sa marque Téléthon ainsi qu’à son sigle.

    C’est minable ? Oui, bien sûr. Mais c’est surtout une belle reconnaissance de l’efficacité de la campagne de la Fondation Jérôme Lejeune et de Généthique contre la manipulation de la charité publique par le Téléthon. Et un bel hommage involontaire à ce très grand défenseur de la vie, et magnifique catholique, que fut le professeur Jérôme Lejeune.

    Cette année, enfin, cette campagne a porté ses fruits. Grâce à Mgr Rey, le courageux évêque de Toulon, qui dans un premier temps a laissé dire par un comité diocésain de bioéthique ce qu’il en était du Téléthon, et a ensuite repris les critiques à son compte, indiquant clairement qu’on ne pouvait pas donner de l’argent pour manipuler les embryons. Puis deux ou trois autres évêques ont pris le relais, si bien que la critique est (enfin !) devenue un événement médiatique. Obligeant les organisateurs du Téléthon à se défendre, et à contre-attaquer. A la façon qui est la leur depuis le début : ce qu’ils font est « légal », par conséquent il est interdit de les critiquer.

    Rappelons que la critique des méthodes eugéniques du Téléthon ne sont pas venues initialement de milieux catholiques, comme on veut le faire croire, mais du professeur Jacques Testard, qui n’est pas de notre paroisse, dès 1999.

    Pour savoir ce qu’il en est, le meilleur document demeure celui qu’avait publié la Fondation Jérôme Lejeune il y a un an.

  • Les interviews de Le Pen

    Vox Galliae attire opportunément l’attention sur le commentaire que fait Dominique Dhombres, dans Le Monde, sur le passage de Jean-Marie Le Pen chez Serge Moati (record d’audience de son émission Ripostes) :

    « Au total, Le Pen a parlé longtemps, et de tout, sans être vraiment inquiété. Il faut espérer, dans les mois qui viennent, des échanges moins inégaux. Le Pen était, dimanche sur France 5, effroyablement efficace. Il vise l'Elysée, pour de vrai. C'est parti ! »

    Eh oui, c’est parti. Et dans tous les sens. Fort intéressante est aussi son interview sur le site La Banlieue s’exprime, où il est longuement interrogé par Ahmed Moualek, lequel dément au passage avoir été l’intermédiaire entre Farid Smahi et Dieudonné pour organiser la visite de ce dernier aux BBR. Jean-Marie Le Pen dit ici, notamment sur l’Algérie, des choses qu’il n’avait jamais dites, et cela se termine par un scoop : Le Pen lisant un poème d’Aimé Césaire. Et regrettant que ce grand poète ne soit pas à l’Académie française.

  • Incitation à la débauche

    Gilles de Robien indique que la moitié des lycées ont mis en place des distributeurs de préservatifs. « L’année dernière, on était à un établissement sur cinq dans lequel il y avait des préservatifs, aujourd’hui on est à un sur deux, et dans 50% des cas, les préservatifs sont gratuits », précise-t-il, pour s’en féliciter. « Cela représenterait un million de jeunes, sur à peu près deux millions d’élèves, à être ainsi touchés par la « prévention ». « Cela veut dire qu’on a bien avancé, mais qu’on n’a pas encore atteint 100% et que des efforts restent à faire. » Le ministère de l’Education (sic) va donc publier une circulaire le 1er décembre, journée mondiale de la lutte contre le sida, afin d’inciter les établissements à mettre en place des distributeurs. « On ne peut que les inviter », semble regretter le ministre, rappelant que la décision revient au conseil d’administration de l’établissement.

    L’incitation à la débauche (« corruption d’un mineur ») est punie de cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende, dit le Code pénal. Mais il suffit de déguiser l’incitation à la débauche en « lutte contre le sida » pour qu’elle devienne, non seulement légale, mais vertueuse.

  • Le Rwanda et la France

    Alors que la France ferait mieux, hélas, de jouer profil bas dans l’affaire rwandaise, le juge Bruguière a cru bon de réclamer des poursuites contre le président Kagame, et d’émettre des mandats d’arrêt contre neuf de ses proches, dans le cadre de l’enquête sur l’attentat, en 1994, contre l’avion du président Habyarimana, qui a coûté la vie à ce dernier et aurait déclenché le génocide selon les allégations françaises.

    Bien entendu, dans une affaire aussi sensible, impliquant un chef d’Etat en exercice, le juge Bruguière n’a agi qu’avec l’aval du gouvernement, voire sur ordre du gouvernement (via le parquet). Les Rwandais l’ont bien compris, et ont très logiquement rompu les relations diplomatiques avec la France. L ’ambassadeur a été expulsé, tous les autres diplomates français ont quitté le pays, et toutes les institutions françaises ont été fermées, y compris l’Ecole internationale Saint-Exupéry et le centre culturel français. Le tout sur fond d’importantes manifestations contre la France.

    Paul Kagame a longuement dénoncé l’attitude française dans un entretien à la télévision rwandaise, soulignant que « les gens ont tout faux quand ils associent l’attentat contre l’avion à la cause du génocide », et annonçant que la commission d’enquête rwandaise « va sortir des éléments sur l’attentat contre cet avion, qui implique des Français : les pilotes, les soldats qui gardaient l’aéroport ». Et d’ajouter que si le rapport Bruguière n’est pas étayé, en revanche « nos juges peuvent poursuivre des responsables français sur la base de faits et de preuves ».

    « Le juge Bruguière fait du négationnisme historique », déclare de son côté le secrétaire général d’Ibuka, l’association des rescapés du génocide. Car le génocide avait été programmé, préparé et commencé avant l’attentat, comme tous les historiens l’attestent, ainsi que le Tribunal pénal international pour le Rwanda.

    Dans l’affaire rwandaise, le « négationnisme » désigne la théorie élaborée par ceux (dont Mitterrand et Villepin) qui ont soutenu qu’il y a eu un « double génocide », et qu’en conséquence les chefs tutsi et les chefs hutu sont aussi responsables les uns que les autres. Elle consiste à nier le génocide tutsi sous prétexte que des atrocités ont été commises contre des hutu, alors qu’à l’évidence on ne peut pas établir la moindre équivalence.

    Bref, la France met de l’huile sur le feu, et risque fort de se brûler. La commission d’enquête qu’évoque Paul Kagame reprend ses auditions publiques le 11 décembre, et pourrait se prononcer pour une procédure contre la France devant la Cour internationale de Justice. Le coup du juge Bruguière est peut-être un contre-feu, mais il pourrait fort se retourner contre la France.

    Le « négationnisme » de la France est d’abord sa négation de toute responsabilité dans le génocide, alors que, malheureusement, cette responsabilité existe. La première responsabilité est celle de la Belgique , qui en donnant l’indépendance au Rwanda, en 1959, a installé les hutu au pouvoir, au nom de la démocratie, bien sûr, puisque les hutu sont majoritaires. Mais l’élite dirigeante du pays avait toujours été tutsi. Ce qui a plongé le Rwanda dans la crise dès le début (avec des massacres à la clé). En octobre 1990, les exilés tutsi, qui ont créé une force armée en Ouganda, entrent en force au Rwanda. La France organise aussitôt l'opération Noroît pour aider le régime hutu. Des milliers de tutsi sont emprisonnés, et plusieurs massacres ont lieu en 1991. Les combattants tutsi ont établi une tête de pont au nord du pays, où des combats se poursuivront jusqu'au génocide de 1994, lequel a été programmé en 1992 par le pouvoir hutu (création de milices ad hoc, et de la fameuse radio des mille collines). La France, comme l’ensemble de la communauté internationale, a laissé faire le génocide qu’elle avait rendu possible en aidant le pouvoir hutu à se maintenir, sans empêcher pour autant les tutsi de reprendre le pouvoir…

    Le Rwanda illustre de façon particulièrement tragique l’irresponsabilité de l’idéologie démocratique que de bonnes consciences occidentales veulent imposer dans le monde entier, au mépris de l’histoire des peuples. Le massacre d’un million de tutsi n’a toutefois pas servi de leçon, puisqu’on a actuellement en Irak un autre exemple de l’application forcenée de cette folie idéologique.

    Le fait que le Rwanda est un pays catholique n’est évidemment pas sans importance : les puissances maçonniques, garantes de l’idéologie démocratique, voyaient ce pays comme un excellent laboratoire.

    L’ironie de l’histoire, si l’on peut dire, est que l’actuel gouvernement tutsi au Rwanda est  au pouvoir de façon démocratique, depuis les élections de 2003. Le président Kagame a été triomphalement élu au suffrage universel, et ses partisans ont la majorité au Parlement. Ce qui montre bien que la structure ancestrale du pouvoir correspondait à une réalité, que les Occidentaux voulaient à toute force détruire au nom de leur idéologie. Au passage, il est amusant de noter, au moment où nous préparons une loi de plus sur la parité, que les Rwandais, sans avoir de loi sur la question, ont le taux de participation des femmes, au Parlement et au gouvernement, la plus forte du monde…

  • Double Saturnin

    Saint Saturnin, dont on ne sait pas grand-chose sinon qu’il était de Carthage, fut un martyr romain du temps de Dioclétien. C’est lui qui est fêté aujourd’hui. Pourtant c’est d’abord à un autre saint Saturnin que l’on pense, celui que le parler populaire a appelé saint Sernin, celui de Toulouse. Or le saint Saturnin de Toulouse (qui était grec) a l’antériorité, puisqu’il fut quant à lui victime de la persécution de Dèce, un demi-siècle plus tôt. Curieusement, celui qui était chronologiquement le premier saint Saturnin a fini par établir sa fête le jour où l’on fêtait le second saint Saturnin…