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Chypre

  • L’accord pour Chypre

    Un accord a été trouvé à Bruxelles cette nuit pour un plan de renflouement de Chypre. La deuxième banque du pays, Laïki (banque populaire), va disparaître. Les dépôts sécurisés de moins de 100.000 euros iront dans une « good bank » qui fusionnera avec le premier établissement du pays, la Banque de Chypre. Les dépôts non sécurisés et ceux de plus de 100.000 euros iront dans une « bad bank » qui a vocation à disparaître après avoir servi à la recapitalisation de la banque. Autrement dit les personnes qui avaient des dépôts « non sécurisés » supérieurs à 100.000 euros (souvent des Russes) vont tout perdre. Et ceux qui ont des dépôts sécurisés de plus de 100.000 euros devront verser une taxe pouvant aller jusqu’à 40%. Car il s’agit toujours de trouver 4,2 milliards d’euros en contrepartie du plan de sauvetage de 10 milliards.

    On notera l’intervention de Mgr Chrysostome II, primat de l’Eglise orthodoxe de Chypre, samedi, dans la publication grecque RealNews :

    « L’euro ne peut pas durer. Je ne dis pas qu’il va s’écrouler demain, mais, avec les cerveaux qu’ils ont à Bruxelles, il est certain qu’il ne durera pas à long terme, et le mieux est de penser à la façon de s’en échapper. Ce n’est pas facile, mais nous devons y consacrer autant de temps que nous en avons dépensé pour entrer dans la zone euro. »

    Et il a déclaré aux médias chypriotes :

    « Le gouvernement [communiste] qui vient d’être remplacé est certainement à blâmer. Les ministres des Finances sont à blâmer. La Banque centrale a tout bouleversé. Les dirigeants et les cadres des banques devraient être poursuivis en justice pour avoir tout mis sens dessus dessous et avoir transformés les gens en indigents. » (Le jeu de mots en français est involontaire et n’existe pas en grec.)

  • Chypre sous les fourches caudines de l’UE

    Les Russes ont poliment rejeté les demandes de Chypre, et même le gisement de gaz les a laissés froids.

    Chypre n’a donc plus d’autre solution que d’agréer le diktat de l’UE.

    Hier soir, les députés ont voté diverses mesures, dont la restructuration des banques pour séparer les bonnes des mauvaises.

    Aujourd’hui ils doivent voter la mesure la plus douloureuse : la taxation de l’épargne. Pour éviter la révolte du peuple, les petits épargnants ne seront pas touchés, contrairement à ce qui avait d'abord été décidé et a été rejeté par l'Assemblée. Ce sont donc essentiellement les Russes qui seront touchés... Ce qui ne fera pas vraiment les affaires de Chypre...

  • Chypre et l’UE

    C’est un événement européen en soi : le Parlement de Chypre, de ce petit pays considéré comme négligeable par les eurocrates (pensez : il pèse 0,2% du PIB européen) a osé se rebiffer contre les maîtres de l’Europe. Il a osé rejeter le plan d’aide (ou de racket) que les institutions européennes voulaient lui imposer. Il n’y a pas eu un seul député pour l’accepter. La majorité des députés a voté non, ceux du parti du président de la République se sont abstenus.

    Le fait est sans précédent. Il s’accompagne d’une germanophobie exacerbée, la même qu’en Grèce, en pire. D’autant que la germanophobie de la population est alimentée par celle des dirigeants, le propre représentant du président de la République à Bruxelles ayant confié que pendant les négociations les Allemands lui avaient pointé un pistolet sur la poitrine pour qu’il accepte le plan. Bien sûr c’est une image, mais elle est juste, car elle est confirmée par tous les observateurs : c’est l’Allemagne qui mène le jeu, et qui est désormais seule aux commandes, pour ce qui relève du Conseil européen. Et ce ne sont pas les menaces et le mépris de Wolfgang Schäuble, qui s’exprime en permanence dans les médias allemands depuis hier soir, qui pourraient atténuer la chose…

    Aujourd’hui, le ministre chypriote des Finances est à Moscou. Puisque la Russie, y compris par la voix de Poutine lui-même, a protesté contre le plan de sauvetage : les comptes qui seraient le plus ponctionnés par l’UE pour financer le plan sont des comptes russes… (A Limassol, deuxième ville de Chypre, il y a des quartiers russes, qui ont leurs journaux, leur radio, leurs écoles, leurs commerces…) Mais la Russie ne paraît pas (ou plus) désireuse de sauver l’économie chypriote. Encore que le gouvernement de Chypre ait un atout : la découverte de gigantesques gisements de gaz naturel au sud de l’île, qui pourraient intéresser Gazprom. Selon certaines rumeurs, Gazprom serait même en train d’élaborer son propre plan de sauvetage de Chypre…

    Il est évident que ces perspectives ne plaisent pas du tout aux eurocrates. Il serait insupportable que Chypre échappe à la pieuvre et la mette en échec, pour se mettre dans l'orbite russe. Et l’on a beau répéter que le pays compte pour des prunes, on ne peut se cacher que l’Europe a besoin du gaz russe et qu’il ne faut pas trop chatouiller les Russes sur Chypre, surtout quand il y a, précisément, du gaz en jeu…

  • Chypre se renfloue… à Moscou

    Chypre est atteinte de plein fouet par la crise grecque, et a besoin d’aide. Mais elle n'a plus accès aux marchés financiers en raison des abaissements successifs de sa note par les agences de notation. Des négociations sont en voie d’aboutir pour un prêt de 5 milliards d’euros… de la Russie.

    Chypre avait déjà obtenu un prêt russe de 2,5 milliards d’euros fin 2011.

    Ainsi va l’UE…

    (Pour en savoir plus sur les relations entre Chypre et la Russie, lire l’article tout récent d’Alexandre Latsa, qui avait déjà signé notamment un article non conformiste sur les Pussy Riot.)

  • Messes de Noël interdites à Chypre-Nord

    A Rizokarpaso, dans la zone de Chypre occupée par les Turcs, au matin de Noël, le P. Zacharias commençait à célébrer les matines dans l’église Saint-Synesius, lorsque l’armée turque est entrée dans l’église. Elle a contraint le prêtre à ôter ses ornements et a chassé les fidèles. Puis elle a scellé les portes de l’église. La même chose est arrivée à l’église de la Sainte Trinité.

    On attend les protestations indignées de l’Union européenne…

    (via Bivouac-ID)

  • Vœu pieux

    Le ministre grec des Affaires étrangères Dimitris Droutsas, en visite à Chypre :

     "J'invite la Turquie à faire les gestes nécessaires et à transformer les mots en actes. J'appelle la Turquie à retirer ses troupes d'occupation de Chypre."

    Dans le même temps, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Grigoris Délavekouras, déclarait à Athènes :

    "Tant que le problème de Chypre n'est pas réglé, aucun progrès ne peut être fait dans les négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne."

  • Chypre-Nord, c’est Chypre

    Un couple d'Anglais, Linda et David Orams, avait fait construire une maison sur un terrain dans la partie nord de Chypre, occupée par la Turquie. En 2005, un tribunal de Nicosie avait condamné le couple à démolir la villa et à rendre le terrain à son légitime propriétaire, un Chypriote grec qui avait dû fuir lors de l'invasion turque en 1974.

    Comme les autorités chypriotes n'ont aucune possibilité de faire exécuter les jugements dans la partie nord de l'île, le propriétaire du terrain s'était adressé à la justice britannique pour faire valoir ses droits.

    En première instance, le tribunal avait donné raison aux Anglais, au motif que la législation européenne ne peut pas s'appliquer en « République turque de Chypre-Nord ».

    Mais la Cour européenne de Justice a jugé en avril dernier que même si le gouvernement chypriote grec ne contrôle pas la partie nord de l'île, les jugements de la justice chypriote grecque doivent être appliqués par les pays de l'Union Européenne.
    De ce fait, la cour d'appel de Londres vient de confirmer le jugement du tribunal de Nicosie : les Anglais doivent démolir leur villa, rendre le terrain, et donner des compensations à son propriétaire.

    Le gouvernement chypriote se félicite de cet arrêt, qui lui donne un bel argument dans les négociations sur la réunification de l'île (dont l'une des principales pierres d'achoppement est la question de la propriété). Le gouvernement turc dénonce une décision « de caractère à rendre encore plus inextricable le dossier chypriote » et à compromettre les objectifs d'une paix durable...

    En Grande-Bretagne, on s'inquiète : 5.000 ressortissants britanniques sont dans le cas de Linda et David Orams...

  • Victoire des “nationalistes” (turcs) aux législatives à Chypre-Nord

    NICOSIE (Reuters) - Les élections législatives en République turque de Chypre du Nord (RTCN) ont vu la victoire dimanche des nationalistes, un résultat qui pourrait compliquer le processus de paix avec les Chypriotes grecs.

    Après dépouillement de l'intégralité des bulletins de vote, le Parti de l'union nationale (UBP, opposition de droite) arrive en tête avec 44,06% des suffrages, ce qui lui confère une confortable majorité au parlement de 50 sièges.

    Le Parti turc républicain (CTP, centre gauche) du président chypriote turc Mehmet Ali Talat subit une cinglante défaite en ne recueillant que 29,25% des suffrages.

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  • La diplomatie de M. Talat

    S'exprimant à l'occasion des cérémonies marquant le 25e anniversaire de la fondation de la “République turque de Chypre du Nord” autoproclamée, Mehmet Ali Talat a déclaré à propos des négociations, qui piétinent, avec la République de Chypre :

    « Si l'administration chypriote-grecque actuelle, qui s'est présentée comme étant en faveur de la paix, est sincère dans son désir de résoudre le problème chypriote, alors elle devrait mettre de côté les manœuvres visant à satisfaire ses anciens alliés, comme le front du refus ou l'Eglise. Vous ne pouvez satisfaire le front des nationalistes extrémistes, partisans du "non", et en même temps tendre la main aux Chypriotes turcs. Ce n'est pas possible. »

    Ainsi s’exprime un homme qui n’a aucune légitimité internationale, mais qui est soutenu par la Turquie à laquelle les Européens font les yeux doux…

  • Chypre : on va négocier

    A l'issue d'une rencontre entre le président chypriote Demetris Christofias et le dirigeant de la « République turque de Chypre du Nord » Mehmet Ali Talat, au QG de l'ONU, dans la zone tampon de Nicosie, le chef de la mission de l'ONU, Taye-Brook Zerihoun, a annoncé que des négociations en vue de réunifier l'île débuteraient le 3 septembre.

    Des groupes bi-communautaires avaient été mis en place en avril pour plancher sur de nombreux dossiers, comme le partage des pouvoirs, la sécurité ou les questions économiques. Aujourd’hui, comme prévu, les dirigeants ont examiné les résultats de ce travail, et ont décidé de la date du début des négociations proprement dites.

    Il va de soi que non seulement l’ONU, mai l’Union européenne et la Turquie, sont favorables à l’aboutissement rapide de ces négociations… Au point que Mehmet Ali Talat a déclaré hier à Ankara que l’accord pourrait intervenir avant la fin de l’année…

    Mais le président chypriote met régulièrement en garde contre les effets contreproductifs que pourrait avoir un accord conclu dans la précipitation.

    Et qui sera soumis à référendum, comme cela a été précisé par le représentant de l’ONU…

  • Chypre : un président communiste...

    Demetris Christofias, le candidat du « parti progressiste du peuple des travailleurs » (ou « des masses travailleuses »), AKEL, a remporté sans surprise l’élection présidentielle de Chypre.

    Au premier tour, les trois candidats avaient obtenu autour de 30% chacun. Le troisième, donc éliminé, était le président sortant, Tassos Papadopoulos, de « centre droit ». Il avait appelé à voter pour le candidat communiste au second tour, contre le candidat de droite, celui-ci étant le plus favorable à un arrangement avec les Turcs.

    Demetris Christofias était le président du Parlement. Il a fait ses études à l’Académie des « sciences sociales » de Moscou, d’où il est sorti docteur en « philosophie de l’histoire » en 1974, pour prendre aussitôt les rênes de l’organisation des jeunes communistes à Chypre. On le dit aujourd’hui modéré et n’ayant pas l’intention de nationaliser l’économie chypriote. Mais devant le quartier général de son parti, la foule agitait des drapeaux rouges et l’effigie de Che Guevara...

    Sur le plan européen, il pourrait être un grain de sable dans la machine à fabriquer un super-Etat. Mais un tout petit grain de sable : on a déjà vu que l’opinion de Chypre ne comptait guère et qu’il lui était quasiment impossible de faire jouer son droit de veto...

    Addendum. Le président de la Commission européenne en personne, José Manuel Barroso, "encourage fortement" le nouveau président à saisir l'opportunité que constitue son élection pour "démarrer sans tarder des négociations sous les auspices des Nations Unies avec le leader de la communauté chypriote-turque au sujet d'un accord global".

  • Immigration : le délire de l’Europe

    Depuis 2004, la République de Chypre fait partie de l’Union européenne. Elle constitue donc une frontière de l’UE. Une frontière qui traverse l’île, la fameuse « ligne verte » qui sépare la République de la partie occupée par les Turcs, et que n’importe qui peut franchir sans problème : en dehors de Nicosie, elle n’est bien souvent même pas matérialisée, et les Chypriotes n’ont pas l’intention d’installer une séparation matérielle, qui serait considérée comme une reconnaissance implicite de la « République turque de Chypre Nord ».

    Les immigrés clandestins affluent donc, profitant de cette opportunité, avec l’intention d’aller s’installer en Europe occidentale. 3.200 sont arrivés depuis le 1er janvier. Ils sont aujourd’hui plus de 12.000 dans ce petit Etat. Car ils sont coincés : Chypre ne fait pas encore partie de l’espace Schengen.

    Qu’on se rassure. Chypre devrait intégrer en 2008 ou en 2009 l’espace Schengen. Et les clandestins bénéficieront ipso facto de la libre circulation...

    A propos, on remarquera aussi que ces clandestins passent par la Turquie. Notamment parce que la Turquie a facilité en 2003 l’obtention de visas pour les ressortissants de plusieurs pays du Proche Orient...