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Saint François

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(Giotto)

Le serviteur de Dieu, voyant donc ses enfants se multiplier peu à peu, écrivit pour eux et pour lui, dans un langage simple, une règle de conduite. Il en établit pour base indissoluble l'observance du saint Evangile, et se contenta d'y ajouter un petit nombre de points qui lui semblaient nécessaires pour former un genre uniforme de vie. Ensuite, désireux d'obtenir du souverain Pontife l'approbation de cette règle, il résolut d'aller se présenter à lui avec les hommes pleins de simplicité qu'il s'était associés, se confiant pour une semblable démarche uniquement en l'assistance du Ciel. Dieu regarda son désir et il fortifia par la vision suivante, dont il favorisa son serviteur, le cœur de ses compagnons, que la considération de leur simplicité jetait dans la crainte. Il semblait à François qu'il s'avançait par un chemin au bord duquel était un arbre d'une élévation prodigieuse. Lorsqu'il s'en fut approché et qu'assis dessous il en admirait la hauteur, la puissance divine l'éleva lui-même au-dessus de la terre de telle sorte qu'il atteignait le faîte de cet arbre et en inclinait sans difficulté les branches les plus hautes vers celles qui étaient le plus rapprochées de la terre.

Cet homme plein de l'esprit de Dieu comprit donc que cette vision lui présageait un bon succès auprès du siège apostolique ; et tressaillant de joie en son âme, après avoir ranimé le courage de ses frères dans le Seigneur, il se mit en route avec eux. Arrivé à Rome, il fut introduit en présence du Souverain Pontife. Le vicaire de Jésus-Christ, qui habitait alors le palais de Latran, et se promenait en ce moment dans une salle appelée la salle des Sentinelles, livré tout entier à de profondes méditations, le repoussa avec mépris comme un inconnu. François sortit humblement et sans murmurer ; mais la nuit suivante Dieu envoya aussi au Pontife une vision. Il lui semblait voir un palmier croître peu à peu à ses pieds, s'élever ensuite et devenir un arbre admirable. Etonné et se demandant ce que signifiait une pareille vision, la céleste lumière lui fit comprendre que ce palmier désignait le pauvre rejeté par lui la veille. Le jour venu, il envoya par la ville ses serviteurs chercher ce pauvre. Ils le trouvèrent à l'hôpital de Saint-Antoine, proche de Latran, et le pape commanda qu'on le fît venir sans délai. Introduit pour la seconde fois devant le Souverain Pontife, François lui exposa son projet et le supplia avec instance et humilité de vouloir bien approuver sa règle. Le vicaire de Jésus-Christ, qui était Innocent III, homme illustre par sa sagesse, voyant dans le serviteur de Dieu la pureté admirable d'une âme droite, une constance inébranlable et la ferveur d'une volonté toute sainte, fut épris d'amour pour lui et se sentit porté à répondre à ses désirs. Cependant il différa pour le moment, car plusieurs cardinaux jugeaient ce genre de vie nouveau et au-dessus des forces humaines. Mais il y avait dans le Sacré-Collège un homme vénérable, Jean de Saint-Paul, évêque de Sabine. Il aimait avec ardeur la sainteté sous quelque forme qu'elle se montrât, et il était le protecteur des pauvres de Jésus-Christ. Enflammé par l'Esprit-Saint, il dit au Souverain-Pontife et à ses frères : « Ce pauvre nous demande d'approuver un genre de vie conforme aux conseils évangéliques. Si nous rejetons ses projets comme trop difficiles et comme une nouveauté, nous nous exposons à agir contre l'Evangile du Seigneur. Car soutenir que l'observance des conseils et le vœu qu'on en fait sont quelque chose de nouveau ou de contraire à la raison, c'est blasphémer ouvertement contre Jésus-Christ, auteur de l'Evangile. » Alors le successeur de saint Pierre se tournant vers le pauvre du Seigneur : « O mon fils, lui dit-il, priez Jésus-Christ de nous manifester sa volonté par vous-même, afin que, l'ayant connue d'une manière plus certaine, nous puissions plus sûrement répondre à vos pieux désirs. » Le serviteur du Dieu tout-puissant se mit donc à prier avec ardeur, et sa ferveur lui obtint une réponse qu'il put produire extérieurement et dont le pape sentit intérieurement la vertu. Il leur dit en parabole qu'un roi riche avait choisi pour épouse une femme d'une rare beauté, mais pauvre, et que, heureux de trouver dans les enfants issus de cette union son image royale, il avait ordonné de les nourrir des mets de sa table, selon l'ordre qu'il en avait reçu de Dieu. Il expliqua sa parabole et ajouta : « On ne doit pas craindre de voir mourir de faim les enfants et les héritiers du Roi éternel, qui, comme Jésus-Christ, ont pris naissance d'une pauvre mère par la vertu de l'Esprit-Saint. On ne doit pas craindre de les voir former par l'esprit de pauvreté un ordre dénué de tout. Si le Roi des cieux a promis son royaume éternel à ses imitateurs, combien plus leur donnera-t-il les choses qu'il accorde indifféremment aux bons et aux méchants ! »

Le vicaire du Sauveur avait écouté avec l'attention la plus vive la parabole et son explication. Il fut transporté d'admiration et ne douta plus que le Seigneur lui-même n'eût parlé par la bouche de François. Il jugea aussi, par l'inspiration divine, qu'une autre vision dont il avait été favorisé trouverait son accomplissement en cet homme. Il voyait en songe, comme il le rapporta lui-même, l'église de Latran près de tomber en ruines, quand un homme pauvre, sans apparence et méprisable, la soutenant de son dos, l'empêchait de s'écrouler. « Ce pauvre, dit-il, est vraiment celui qui soutiendra l'Eglise de Jésus-Christ par ses œuvres et sa doctrine. » Alors plein d'une sainte ferveur, le pape accorda au serviteur de Dieu toute sa demande, et il eut toujours pour lui dans la suite une tendresse spéciale. Non seulement il satisfit à ses désirs, mais il lui promit de faire encore plus pour lui dans la suite. Il approuva sa règle, lui donna le commandement de prêcher la pénitence, et voulut que ses compagnons portassent de petites couronnes, afin de pouvoir répandre en toute liberté la divine parole.

Saint Bonaventure

Commentaires

  • C'est un saint qui compte pour moi. Mon père s'appelait François, j'ai visité Assise, je me suis marié un 4 octobre et j'ai reçu un très beau livre pour ma première communion. Il était illustré par un certain Giotto : j'espère que cet artiste de talent (je pèse mes mots) ne s'est pas fait arnaquer par l'éditeur.
    Le diable a beaucoup embêté certains saints de leur vivant : l'immense fondateur du monachisme chrétien et le Curé d'Ars en sont deux exemples non exhaustifs. En revanche, si j'excepte la Très Sainte Vierge, je ne vois pas beaucoup de saints pour avoir été autant raillés, dénigrés, détournés et malmenés depuis qu'ils sont montés au Ciel que l'immense saint François.

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