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16e dimanche après la Pentecôte

Voici d’abord la guérison d’un hydropique, en qui l’enflure envahissante de la chair gênait les fonctions de l’âme, éteignait la flamme de l’esprit. Puis vient une leçon d’humilité, quand le Seigneur condamne ceux qui, dans le banquet nuptial, choisissent les premières places : il le fait néanmoins avec douceur, voulant qu’une bonté persuasive tempère la sévérité de la réprimande, que la raison serve à la persuasion, et que la correction réprime la convoitise. Cette leçon d’humilité est accompagnée d’une leçon d’humanité, et les paroles du Seigneur nous prouvent qu’elle doit se pratiquer envers les pauvres et les faibles ; car être hospitalier pour être payé de retour, c’est calcul d’avarice.

Enfin, à l’un des convives, comme à un vétéran qui a fourni ses années de service, est proposé cette prime : le mépris des richesses ; puisque le royaume des cieux ne peut être acquis, ni par celui qui, tout aux choses d’ici-bas, s’est acheté des possessions terrestres, le Seigneur ayant dit : « Vends ce que tu as et suis-moi » ; ni par celui qui s’est acheté des bœufs, puisque Élisée a égorgé et partagé au peuple ceux qu’il avait ; ni enfin par ceux qui, ayant pris femme, pensent aux choses de ce monde, et non à celles de Dieu. Certes, l’état conjugal n’est point blâmé ; seulement la virginité est appelée à un plus grand honneur. « Car la femme non mariée et la veuve pense aux choses du Seigneur, de sorte qu’elle est sainte de corps et d’esprit, car celle qui est mariée pense aux choses du monde, et comment plaire à son époux. »

Mais, pour rentrer maintenant en grâce avec les gens mariés, comme plus haut nous nous sommes concilié les personnes veuves, disons que nous ne nous refusons point à l’opinion de plusieurs interprètes, estimant que les trois genres d’hommes exclus de la participation au grand festin sont : les païens, les Juifs et les hérétiques. C’est pourquoi l’Apôtre nous dit de fuir l’avarice, de crainte qu’embarrassés, comme les Gentils, dans l’iniquité, la malice, l’impudicité et l’avarice, nous ne puissions arriver au royaume du Christ. « Car aucun impudique, ou avare, ce qui est une idolâtrie, n’a d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu. »

Saint Ambroise, lecture des matines.

Commentaires

  • Merci mais chez moi on a fêté Sainte Thérèse de Lisieux ce matin !

  • Autant les deux premiers paragraphes sont clairs, autant le troisième est à mon sens confus.
    Que veut dire Saint-Ambroise. Où veut-il en venir ?

  • Le premier niveau de lecture est celui du respect dû aux humbles et aux pauvres auxquels il faut laisser la première place.
    Le second est celui des hommes et des femmes mariés qui doivent reconnaître la supériorité de l'état virginal.
    Il y a un hydropique plein d’œdèmes guéri le jour du sabbat au grand scandale des juifs, comme il y a un pauvre Lazare plein de pustules qui va au Ciel. Les riches le sont d'abord de l'élection divine et ils en sont avares, ce qui obscurcit leur esprit : “s’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” C'est le troisième niveau de lecture proposé par saint Ambroise.

  • « Vends ce que tu as et suis-moi »
    Il me semble que l'épisode du jeune homme riche peut aussi être tiré vers la troisième lecture.

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