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21e dimanche après la Pentecôte

In voluntáte tua, Dómine, univérsa sunt pósita, et non est, qui possit resístere voluntáti tuæ : tu enim fecísti ómnia, cælum et terram et univérsa, quæ cæli ámbitu continéntur : Dominus universórum tu es.

Tout est soumis à votre volonté, Seigneur, et nul ne peut lui résister, car vous avez tout créé, le ciel et la terre et toutes les choses qui sont comprises dans le cours des cieux ; vous êtes le Seigneur de l’univers.

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Comme quelques autres, dont le plus célèbre est celui de Pâques, cet introït du quatrième mode a sa véritable dominante sur fa, au lieu de la, et comme la tonique est mi, l’essentiel du mode tient en un demi-ton, ce qui ne peut pas être plus réduit… La deuxième et la troisième phrase brodent toutefois au-dessus, sur fa-la, pour illustrer l’affirmation que personne ne résister à la volonté de Dieu. Mais dès la deuxième incise de la troisième phrase on retombe sur le fa, avec un récitatif qui va toutefois s’animer pour évoquer tout ce que contiennent le ciel et la terre. La dernière phrase, en dehors de l’élargissement vers le haut sur universorum, revient quasiment à l’ambiance du début.

A propos du texte de cette antienne, voir ma note de 2016, où je donnais l’interprétation des moines de Kergonan. En voici une autre, celle du « Stepping Stone Project ». Il s’agit en fait de Michael Olbash, directeur musical de deux séminaires aux Etats-Unis et chef de chœur, et de six autres chanteurs, en 2007 à la chapelle de la Sainte Famille de Lyndonville, dans le Vermont, qui venait tout juste d’être construite.

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Commentaires

  • Comme pour de nombreuses autres pièces du quatrième mode, les récitatifs sur Fa résultent en réalité d'une teneur en Mi qui est montée d'un demi-ton. C'est flagrant dès l'incipit, "In voluntàte tùa", où les deux accents reçoivent des podatus partant du Mi. Il faudrait baisser tous les munctum d'un demi-ton pour rétablir la formule originelle.
    Primitivement, de telles pièces jouent sur la double tension que représente une montée à partir du Mi (à la fois montée et demi-ton), et inversement, la tension résiduelle des décentes du Fa vers le Mi. Il en résulte une dialectique permanente entre ces deux cordes, le Mi représentant l'impuissance (de l'Homme) à s'élever (spirituellement), et les quelques récitatifs ou tristrophae sur le Fa représentant la contemplation spirituelle, mais teintée de la douleur d'avoir à retourner sur le Mi, note du repos insatisfait.
    C'est cette insatisfaction dans le repos qui fait que l'on trouve souvent des cadences inversées, comme ici sur "posita", le repos esquissé sur le Mi étant refusé pour une remise en tension sur le Fa, qui annonce et impulse l'envolée du segment suivant vers l'autre corde modale qu'est le La.

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