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Samedi des quatre temps

Après les Benedictiones (1), venait la grande litanie avec les ordinations des nouveaux diacres et prêtres titulaires romains. Après la chirotesia (2) l’archidiacre leur imposait les oraria, ou étoles, prises sur la tombe de saint Pierre, comme le pallium des évêques. Après la Communion, le Pape remettait aux nouveaux prêtres un des pains consacrés afin que, pendant huit jours, ils en déposassent un fragment dans leur calice, pour signifier que leur sacrifice était comme une extension et une continuation de celui du Pontife consécrateur. Ce rite se retrouve aussi en Orient.

Après la messe, le clergé et les fidèles des respectifs titres urbains accueillaient les nouveaux prêtres titulaires et les conduisaient triomphalement à leur siège. Le Pape avait déjà fait aux ordonnés de splendides présents en nature, baume, grain, vin, huile, ornements sacrés et vases liturgiques. En avant du cortège marchaient quelques valets avec des encensoirs et des candélabres, afin de dissiper les ténèbres de la nuit à travers les étroites rues de Rome, ornées pour la circonstance de guirlandes, de lauriers et de tentures. La foule présente acclamait : Vivat ! N.N. presbyterum sanctus Petrus elegit.

Le nouvel élu s’avançait sur un cheval blanc recouvert du caparaçon de peluche blanche qui constituait l’insigne honorifique spécial de tout le clergé de Rome. Comme pour la consécration du Pape, ainsi pour la solennelle chevauchée des nouveaux prêtres titulaires, les chantres exécutaient le long de la route les laudes traditionnelles, et la fête se terminait par un splendide banquet, préparé dans les salles dépendantes de l’église titulaire du nouvel ordonné.

Cette tradition de l’ordination des prêtres titulaires de Rome et de leur cavalcade d’installation à l’occasion des Quatre-Temps a laissé de longues traces dans les usages de la Cour pontificale. En effet, jusqu’à ces derniers siècles, la création des nouveaux cardinaux coïncidait régulièrement avec les jeûnes des Quatre-Temps, et ils commençaient leurs nouvelles fonctions par une pompeuse cavalcade, de la porte du Peuple au Vatican.

Bienheureux cardinal Schuster

(1) Le cantique Benedictus es qui termine la lecture de Daniel et les lectures de l’Ancien Testament.

(2) Le mot veut dire « imposition des mains ». Le cardinal Schuster – comme la plupart des théologiens latins - semble y voir un équivalent de « chirotonia », le mot utilisé pour l’ordination diaconale, sacerdotale et épiscopale dans les Eglises orientales. Il est aujourd’hui plus que jamais nécessaire de les distinguer : au sens propre, la chirotesia est un sacramental, l’imposition des mains par laquelle est ordonné un lecteur ou un sous-diacre, ou est ordonnée une abbesse ou… une « diaconesse ».

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