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Pentecôte

L'antienne d'offertoire :

Confírma hoc, Deus, quod operátus es in nobis : a templo tuo, quod est in Jerúsalem, tibi ófferent reges múnera, allelúia

Confirme ce que, ô Dieu, 
Tu as opéré en nous. 
De ton Temple qui est en Jérusalem,
 ils t’offriront, les rois, des présents. 
Alléluia.

Dom Baron :

Dans le Psaume (67), qui chante le retour triomphal du Roi à Jérusalem, ces deux versets sont une prière du peuple qui demande au Seigneur de confirmer les victoires acquises, par l’établissement solide de son règne. Alors, dans la splendeur de son Temple, les rois étrangers viendront l’adorer en lui offrant des présents.

Dans le cadre liturgique de la Pentecôte les deux idées demeurent. L’Eglise demande d’abord à Dieu de confirmer, d’affermir, de consolider ce que l’Esprit a opéré dans les âmes, en ajoutant à leurs efforts la puissance de sa grâce ; en fait, de rendre cette amitié qu’est l’état de grâce effective, durable, de plus en plus vive, par la docilité de notre esprit aux inspirations de son Esprit. Alors « les Rois offriront des présents ». Ce qu’il faut entendre dans un sens à la fois individuel et collectif. Dans notre âme devenue temple de la Trinité, nous viendrons, nous aussi rois et prêtres comme le Christ, offrir aux Divines Personnes l’hommage de notre être. Dans l’Eglise, ce Temple Spirituel, les rois et les peuples de la terre, pénétrés de cet Esprit d’amour, s’offriront en hommage au Christ Roi immortel des siècles et, par lui, au Père. Enfin dans le Ciel, Jérusalem céleste, le Seigneur et l’Agneau seront le Temple et, en eux, éternellement, les rois et les peuples ne cesseront plus de s’offrir et d’offrir le monde nouveau qu’ils possèderont.

Ainsi compris, cet offertoire est une très belle paraphrase de l’Evangile où l’on entend précisément Notre Seigneur nous dire que si nous l’aimons, il fera de notre âme sa demeure et que le Paraclet y parlera sans cesse pour nous guider dans l’amitié qu’il établira avec nous.

La mélodie est profondément contemplative. Comme le remarque dom Baron, elle est apparentée à celle de la messe de minuit, mais elle en est très différente par son balancement permanent entre les deux demi-tons mi-fa (ou fa-mi) et la-si♭-la, qui lui donne un caractère très intime, tandis que les deux cadences la-sol qui ne correspondent pas au 4e mode rehaussent le mystère.

Très belle interprétation des moines de Solesmes en 1955 :


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