Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Lundi des Rogations

Comme nous l’avons déjà remarqué*, le triduum de litanies pénitentielles avant la fête de l’Ascension fut institué à Vienne par saint Mamert vers 470 ; il comportait aussi la suspension des travaux serviles et le jeûne. L’usage s’en étendit rapidement et devint très populaire. Toutefois, comme une période de deuil et de pénitence au milieu du temps pascal semblait à Rome un contresens tout à fait inopportun, la liturgie romaine ne l’adopta que fort tard, c’est-à-dire durant la période franque, sous Léon III, et cela seulement à titre exceptionnel, et non comme une institution stable devant se répéter chaque année. Par la suite, la coutume des Églises gallicanes s’accorda définitivement avec Rome, grâce pourtant à un compromis : le jeûne fut aboli, on ne conserva que la procession de saint Mamert suivie de la messe pendant les trois jours, laquelle messe, d’ailleurs, est celle-là même qui se célébrait à Rome lors des Litanies majeures. Il faut remarquer en outre que ces Rogations franques entrèrent seulement très tard dans le rituel officiel de Rome, puisque les Ordines Romani [les sacramentaires du haut moyen-âge] les ignorent complètement.

Bienheureux cardinal Schuster

* A la date du 25 mars pour les Litanies majeures :

Par la suite, durant la période carolingienne, s’introduisit à Rome un triduum de litanies pénitentielles, aux trois jours précédant l’Ascension. Ce rite semble venir de Vienne, en France, et être dû à l’évêque Mamert (vers 470) ; il comportait trois jours de jeûne comme en Carême. Ce caractère pénitentiel, importé à Rome par les Francs et affirmé encore aujourd’hui dans le Missel romain par les ornements violets et par la suppression de l’Hymne Angélique, contraste toutefois avec tout l’esprit de l’antique liturgie pascale à Rome, qui s’inspire de la joie la plus pure. Il s’agit d’une adjonction postérieure, alors que les irruptions des barbares avaient interrompu l’ancienne tradition classique, qui, sur l’ordre des conciles, avait interdit tout jeûne aux fidèles durant le cycle sacré de la joie pascale.

Les commentaires sont fermés.