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Le bienheureux Charles de Blois

On lit dans Les tombeaux des ducs de Bretagne, du vicomte Pitre de Lisle du Dréneuc (1894) :

La mort tragique du comte de Penthièvre à la bataille d'Auray (29 septembre 1364) a été maintes fois racontée par les chroniqueurs et les poètes, mais jamais avec un aussi merveilleux talent que dans la Guerre de Blois et de Montfort de M. de la Borderie. C’est là plus qu'un récit, plus que de l'histoire, c’est la lutte même qui se déroule sous vos yeux. Sur ce champ de bataille, si mal connu jusqu'ici, on revoit les positions tour à tour enlevées et reprises, la chevalerie française se ruant follement, avec cette ardeur ambitieuse qui vint se briser contre l'habile stratégie des partisans de Montfort.

Après cette dernière bataille, qui décida du sort de la Bretagne et sauva peut-être son indépendance, le comte de Monfort fit transporter avec respect le corps de son rival au couvent des Cordeliers de Guingamp, où le peuple vint en foule rendre hommage à sa pieuse mémoire.

Lorsqu'au temps de la Ligue le couvent des Cordeliers fut en partie détruit par les troupes du prince de Dombes, on transféra les restes de Charles de Blois à l'église de Notre-Dame de Grâces, située à peu de distance de Guingamp, où nous les retrouvons encore aujourd'hui.

Les ossements du bienheureux Charles sont placés près de la balustrade du chœur, du côté de l'Evangile. Le reliquaire est posé sur un socle élevé, en bois de chêne rehaussé d'or ; il se compose de trois arcatures d'un style néo-gothique assez pitoyable. On y voit un ossement long de 35 centimètres environ, enveloppé d'une étoffe de soie rose bien fanée et ornée de passementeries d'argent. Dessus est posé un papier où l'on entrevoit les mots Carol. Dux, en caractères d’une écriture peu ancienne.

Sur un des côtés de l'édicule est une large plaque de cuivre portant un écusson en couleur à mi-partie, au premier palé d'argent et de gueules... qui est de Chastillon, au deuxième de Bretagne plein. On y lit l'inscription suivante : Cy dessous reposent les restes de très haut, très puissant et très excellent prince Charles de Chastillon, duc de Blois, duc de Bretagne, tué à la bataille d'Auray le 29 septembre MCCCLXIV, après une guerre de 23 ans et s'être trouvé à 18 batailles contre le comte de Monfort, oncle et cousin-germain de Jeanne de Bretagne son épouse.

Comme on le voit, le monument de Charles de Blois n'est plus un tombeau, c'est un reliquaire ; aussi bien ce prince était-il un saint plutôt qu’un duc de Bretagne.

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Le reliquaire est de 1874. Il remplaçait un reliquaire de 1753, détruit dans un incendie en 1829, qui remplaçait le reliquaire dans lequel les franciscains avaient placé les reliques de Charles de Blois qu’ils avaient pu sauver de l’incendie de 1591… Comme on le voit, il a été restauré depuis le triste constat de de Lisle du Dréneuc, mais on ne voit plus la relique.

D’une tout autre qualité est l’enfeu, d’époque (XIVe siècle) de Roland de Coatgoureden, dans la basilique Notre-Dame du Bon Secours de Guingamp. Le sénéchal de Charles de Blois s’est fait représenter à genoux devant son maître.

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L’actualité étant celle que l’on sait, on remarque parmi les nombreux écrits de Pitre de Lisle du Dréneuc un opuscule intitulé Nouvelles découvertes d’idoles de l’Amazone. Un exemplaire fut adjugé 120 € chez Drouot en 2016. Le vicomte aurait pu être expert au synode (du moins s'il avait accepté de ne plus parler d'idoles, ce qui n'est pas respectueux de la culture de nos frères indigènes)…

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Commentaires

  • Pour ceux qui s'intéressent à la figure de Charles de Blois, il convient de se reporter au précieux ouvrage de Jean-Yves Copy: "La revendication bretonne du trône de France (1213-1358)", édité en 2016 par Alain Baudry & cie.

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