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Saint Jean de Matha

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Lors de la première messe qu'il célèbre, au moment de l'élévation de l'hostie, saint Jean de Matha a la vision d'un ange qui a les deux bras entrecroisés et les mains sur la tête de deux esclaves agenouillés. Le jeune prêtre a alors la révélation de sa mission : fonder un ordre consacré à la libération des chrétiens captifs des musulmans. La congrégation fondée en 1198 fut appelée ordre de la Très Sainte-Trinité et ses membres les Trinitaires, ou les Mathurins en France. Sur cette toile, les nombreux participants à la messe, notamment beaucoup de religieux, ont tous des visages empreints de dévotion et tournés vers l'hostie. Au fond, l'église s'ouvre sur une terrasse où se déroule la rencontre du jeune Jean de Matha et de l'ermite Félix de Valois qui le conforte dans sa décision de fonder un ordre. Les deux saints eurent aussi la vision d'un cerf blanc avec une croix entre les bois, tel qu'on l'aperçoit dans le paysage du fond. Le peintre a replacé ces épisodes dans l'Espagne de son temps, comme l'indiquent l'architecture baroque de l'église et le costume de l'aristocrate au premier plan. A côté de l'ange, dans la partie supérieure de la toile, on distingue la Trinité avec la colombe du Saint-Esprit planant au-dessus de Dieu le Père et du Christ assis côte à côte, ainsi que des anges musiciens.

Cette œuvre fut commandée en 1665 à Francisco Rizi et Juan Carreño de Miranda pour orner le maître-autel de l'église des Trinitaires de Pampelune en Navarre. Il s'agissait des deux artistes espagnols les plus renommés de l'époque. Si Francisco Rizi est vraisemblablement l'inventeur de la composition dans ses grandes lignes, comme l'atteste l'un de ses dessins (Florence, musée des Offices), la peinture est totalement l'œuvre de Carreño qui n'y a placé que sa signature. Ce tableau est l'apogée de l'association des deux artistes, l'un étant le compositeur et l'autre l'interprète. Rizi et Carreño se nourrissaient de l'art flamand et italien de leur époque pour renouveler l'art espagnol, qui ainsi se rapprocha de celui des autres pays européens.

Cette grande toile est un chef-d'œuvre du style baroque international. La composition est en effet pleine de mouvement. La partie basse du tableau est traversée par les obliques formés par les corps et les regards des personnages. L'hostie présentée par le saint constitue le sommet d'une pyramide. Une sensation d'espace monumental se dégage de cette toile. Dans le registre terrestre, on perçoit des contrastes d'ombre et de lumière, des couleurs chaudes, une harmonie argentée, et la lumière scintille ; dans le registre céleste, la couleur est plus froide et la lumière transparente. Francisco Rizi a une facture d'une grande liberté, en particulier dans le rendu des broderies d'or et d'argent des costumes.

Notice du musée du Louvre

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