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Etat de droit…

Le Parlement européen a « approuvé » hier, sur « proposition » de la Commission européenne, un projet de « règlement » qui « établit les règles nécessaires à la protection du budget de l’Union en cas de défaillance généralisée de l’état de droit dans un État membre ».

En clair, quand ce texte sera définitivement adopté par le Conseil, il permettra de couper tous les financements de l’UE aux Etats gouvernés par des méchants, au premier chef la Hongrie et la Pologne.

Il y a longtemps que les eurocrates voulaient pouvoir ainsi punir financièrement les gouvernements qui prétendent gouverner pour leurs peuples et conserver la souveraineté nationale que leur laisse encore le traité européen. Le problème, a priori insoluble, d’où le retard, est que ce serait illégal, puisqu’il n’y a aucun lien entre les soi-disant violations de l’état de droit dans un pays et le budget européen. On a fini par trouver la solution : « Des mesures appropriées sont prises lorsqu’une défaillance généralisée de l’état de droit dans un État membre porte atteinte ou risque de porter atteinte aux principes de bonne gestion financière ou à la protection des intérêts financiers de l’Union. »

Bref, il suffit que la politique que l’eurocratie accuse de violer l’état de droit « risque » de porter atteinte, d’une façon ou d’une autre, « aux principes de bonne gestion financière ou à la protection des intérêts financiers de l’Union », pour qu’on soit fondé à déclencher la procédure qui privera ce pays de tout fonds européen.

On notera bien qu’il suffit que les experts ad hoc (naturellement « indépendants », on ne rit pas) déclarent que telle loi (sur n’importe quel sujet) « risque » de porter atteinte à des « principes » budgétaires pour qu’on puisse sévir.

On notera aussi et surtout ce que les eurocrates appellent « défaillance généralisée de l’état de droit ». En voici la définition :

« une pratique ou omission répandue ou récurrente, ou une mesure des autorités publiques, qui porte atteinte à l’état de droit ».

Une pratique, ou une mesure, ou même seulement une omission, voilà ce qui peut être qualifié de défaillance généralisée de l’état de droit.

Cela peut surtout être qualifié de dictature et d’arbitraire, en tout état de cause d’abus de pouvoir caractérisé.

Il y a quand même un côté amusant, voire gaguesque, c’est que c’est au pays qui préside le Conseil européen ces mois-ci que revient la charge de « négocier » l’adoption du texte par les Etats membres. Or ce pays est la Roumanie, qui est dans le collimateur des eurocrates pour « défaillance généralisée de l’état de droit », et particulièrement en ce qui concerne la corruption, seule question qui ne soit pas hors sujet puisqu’elle est la seule où l’on puisse voir un lien entre état de droit national et budget européen…

Commentaires

  • Toujours garder à l’esprit, ce que disait déjà Edmond de Rothschild dans la revue Entreprise, page 64, le 18 juillet 1970 :
    « Le verrou qui doit sauter à présent, c’est la nation ! »

    Tous les hommes politiques pro-Union Européenne le savent mais préfèrent le cacher aux Français. Un seul dans le monde politique prêche pour un frexit.

    On peut ajouter que cette Union Européenne a comme intention de faire disparaître le christianisme pour le remplacer par un "humanisme" très maçonnique. D'où l'étonnement de certains ici de voir les communautés religieuses françaises voter pour elle. Cela en dit long sur la décadence intellectuelle dans l'Eglise, pape compris.

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