Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Sainte Hildegarde

Antienne O aeterne Deus de sainte Hildegarde, dans l’interprétation des bénédictines de l’abbaye Sainte-Hildegarde d’Eibingen (fondée par sainte Hildegarde en 1165), avec le psaume 109, ou du moins ce qu’on appelle ainsi aujourd’hui : dans le version de la soi-disant « néo-Vulgate », qui l’appelle psaume 110, sans le verset 6 que la néo-liturgie a censuré (car on censure la parole de Dieu dans la néo-liturgie)… Bref le psaume tel que sainte Hildegarde n’a pas pu l’entendre ni le chanter…

O aeterne Deus,
Ô Dieu éternel,

nunc tibi placeat ut in amore illo ardeas
qu’il te plaise à présent de brûler de cet amour

ut membra illa simus, que fecisti in eodem amore,
de sorte que nous soyons les membres que tu as faits dans le même amour

cum Filium tuum genuisti in prima aurora
quand tu engendras ton Fils à la première aurore

ante omnem creaturam,
avant toute créature,
et inspice necessitatem hanc que super nos cadit,
et vois la nécessité qui s’abat sur nous,
et abstrahe eam a nobis propter Filium tuum,
et éloigne-la de nous au nom de ton Fils,
et perduc nos in leticiam salutis.
et conduis-nous dans la joie du salut.

Commentaires

  • Superbe pour commencer la journée ! Cette prima aurora ante omnem creaturam, et cette laetitia salutis !

    Citons le verset 6 du Psaume Dixit Dominus Domino meo, censuré par Paul VI : Judicabit in nationibus, implebit ruinas, conquassabit capita in terra multorum.
    Car Dieu n'a plus le droit de casser des têtes...
    Mais on a maintenu le verset 5 où il brise les rois en morceaux dans sa colère : Dieu est un bon républicain.
    Ô tristes réformateurs postconciliaires...

  • On censure la parole de Dieu? La remarque fait sourire, alors qu'à part le bréviaire monastique de saint Benoit qui répartit le psautier entier sur une semaine, la Liturgie ne cesse de faire des coupes sombres dans les psaumes au profit de la ligne mélodique des antiennes. Ce serait certainement beaucoup plus édifiant de se réjouir que s'accumulent les cadavres, "cumulentur cadavera" (Ps 109, 6)... Moi j'aime bien le psaume 57, 11 que curieusement les censeurs du bréviaire conciliaire ont oublié: "Joie pour le juste de voir la vengeance, de laver ses pieds dans le sang de l'impie", sans compter l'inénarrable finale du Super flumina Babylonis: "heureux qui saisira tes enfants pour les briser contre le roc" (Ps 136, 9)...
    Par ailleurs, ces moniales sont certainement de saintes femmes, mais on est loin de l'interprétation rythmique scrupuleuse de Dom Gajard... Mais une interprétation plus subjective est-elle forcément une amorce de décadence?

  • Le finale de Super flumina Babylonis est censuré au moins dans la traduction française en usage officiel dans les couvents et paroisses

  • 1. Il n'y a aucun rapport entre composer une antienne et censurer un psaume. L'antienne qui souligne un aspect laisse le reste intact dans le chant du psaume lui-même.

    2. Le Bréviaire romain a les 150 psaumes intacts comme le Bréviaire monastique.

    3. "cumulentur cadavera" est une invention de la "néo-Vulgate", donc indigne de tout commentaire. (Mais c'est sans doute à cause de cette "traduction" que le verset a été supprimé.)

    4. Le psaume 57 est l'un des trois psaumes totalement absents de la néo-liturgie. Censure totale. Trois grosses boulettes du Saint-Esprit...

    5. Le dernier vers du psaume 109, qui a pourtant reçu les explications des pères du désert puis des pères de l'Eglise, est bien entendu censuré, comme l'indique g marie. (Les petits enfants sont les petites tentations qu'il faut impitoyablement casser avant qu'elles deviennent de gros péchés, et aussi les distractions dans la prière, qu'il faut rejeter tout de suite pour éviter qu'elles se développent.)

    6. Je rêve d'une interprétation des oeuvres de sainte Hildegarde par des moines de la famille de Solesmes, ou du Barroux. L'interprétation de ces moniales est l'interprétation à la mode, celle de tous les groupes de musique médiévale. Mais modérée, sans les exagérations de certains.

  • Die 17. Septembris.
    S. HILDEGARDIS Virg. O. N.
    Duplex.

    In I. Vesperis.
    Ad Magnificat, Ant. Hildegárdis prophetíssa, Spíritus sancti splendóribus illustráta, vias Dómini revelávit.

    Ad Matutinum
    Lectio unica.
    Hildegárdis in Palatinátu inferióri nóbili génere orta, octénnis sub regímine agnátæ suæ Juttæ, Abbatíssæ, in montem Sancti Disibódi consepeliénda Christo secéssit. Monásticum deínde institútum proféssa, post mortem beátæ Juttæ licet rénitens in ejus locum suffécta est. Propter nímiam autem moniálium numerositátem, ad álium montem a sancto Rupérto nuncupátum cum vigínti círciter ex illis conténdit, ibíque sedem fixit Abbatiálem. Quadragínta fere annos nata, donum intelligéntiæ ac expositiónis sacrárum Scripturárum singulári Dei benefício accépit. Libros confécit exímios ac plane cæléstes. Prophetíæ affláta spíritu multis mira omníno prædicébat, eorúmque cogitatiónes et occultióra córdium secréta inspiciébat. Hæréticos verbis ac scriptis stupénda auctoritáte et grátia confutávit ac profligávit. Pontífices Románi, Epíscopi non pauci, imperatóres, aliíque príncipes atque sanctíssimi et eruditíssimi viri in gravíssimis quibúsque negótiis illíus consílium exquirébant, ejúsque précibus Románam Ecclésiam, Impérium et suam quisque provínciam, ac seípsum commendábant. Dénique anno ætátis suæ octogésimo secúndo migrávit ad Sponsum anno Dómini millésimo centésimo septuagésimo nono.
    R/. Veni elécta.

    Oratio.
    Deus, qui beátam Hildegárdem, Vírginem tuam, donis cæléstibus decorásti : † tríbue, quǽsumus ; ut ejus vestígiis et documéntis insisténtes, * a præséntis hujus sǽculi calígine ad lucem tuam delectábilem transíre mereámur. Per Dóminum.

    In Laudibus.
    Ad Benediclus, Ant. Sponsa Christi Hildegárdis doctrínæ salutáris lámpade sanctam illuminávit Ecclésiam.

  • En plus du psaume 57, deux autres psaumes ont été exclus des prières publiques de l'Eglise : les psaumes 82 et 108 [autrement dit 83 (82) et 109 (108) ] Trop violents pour les oreilles délicates.

    Pourtant, c'est en vertu du verset 8 du psaume 109 (108) que Judas a été remplacé par Matthias dans le collège des apôtres : "Qu'un autre reçoive sa charge" (Ac 1, 20)

  • Or, pour moi, le psaume 108 est la clef pour se débrouiller de l'envie imprécatoire qu'éprouve le juste persécuté. Aux imprécations des impies et des fourbes des versets 6 à 15, le psalmiste répond par les versets 16 à 20: en somme j'y vois une invitation à ne pas trop fricoter avec la malédiction qui a une tendance fâcheuse à s'accrocher à vous, comme le sparadrap du capitaine Haddock (comparaison en toute révérence bien entendu...), en attendant d'arriver, par grâce, à bénir ceux qui nous maudissent.

Écrire un commentaire

Optionnel