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15e dimanche après la Pentecôte

Screenshot_2018-09-01 Κυριακή Γ΄ Λουκά (Η ανάστασις του υιού της χήρας της Ναΐν) - Άγιος Πατροκοσμάς.jpg

Plusieurs pères voient dans la veuve de Naïm, dont Jésus ressuscite le fils, une image de l’Eglise. Parce que « toute âme qui se souvient d’avoir été rachetée par la mort du Seigneur sait que l’Eglise est veuve », comme dit saint Bède. Et le jeune mort était fils unique parce que « l’Eglise, bien que composée d’un grand nombre de personnes, ne fait cependant qu’une seule mère ». La mère Eglise pleure donc la mort de ses fils par le péché et le Christ vient les relever de la mort spirituelle. Saint Laurent Justinien a composé sur ce thème un sermon que L’Année Liturgique cite copieusement, et qui est quelque peu d’actualité :

« Resplendissante alors de tout l’éclat des joyaux spirituels dont l’Époux l’avait ornée au jour de ses noces, elle tressaillait de l’accroissement de ses fils en vertu comme en nombre, les appelant à monter plus haut toujours, les offrant à son Dieu, les portant dans ses bras jusqu’aux cieux. Obéie d’eux, elle était bien la mère du bel amour et de la crainte [20], belle comme la lune, éclatante comme le soleil, terrible comme une armée rangée en bataille [21]. Comme le térébinthe elle étendait ses rameaux [22], et, sous leur ombre, protégeait ceux qu’elle avait engendrés contre la chaleur du jour, la tempête et la pluie. Tant qu’elle put donc elle travailla, nourrissant dans son sein tous ceux qu’elle parvenait à rassembler. Mais son zèle, tout incessant qu’il fût, a redoublé depuis qu’elle en a vu plusieurs, et des multitudes, abandonner la ferveur première. Depuis nombre d’années, elle gémit en voyant s’étendre chaque jour l’offense de son Créateur, ses propres pertes et la mort de ses fils. Celle qui se revêtait de pourpre a pris la robe de deuil, et ses parfums n’exhalent plus leur odeur ; une corde a remplacé sa ceinture d’or, on ne voit plus sa brillante chevelure, et le cilice tient lieu d’ornement sur son sein [23]. Aussi ne peut-elle arrêter maintenant ses lamentations et ses pleurs. Sans cesse elle prie, cherchant si par quelque manière elle n’arrivera point à retrouver dans le présent sa beauté passée, quoiqu’elle défaille presque en sa supplication, regardant comme impossible de redevenir ce qu’elle était. La parole prophétique s’est accomplie pour elle : Tous ils se sont détournés de la voie, ensemble ils sont devenus inutiles ; il n’y en a point qui fassent le bien, il n’y en a pas même un seul [24] !... Les œuvres multipliées par les enfants de l’Église contre les préceptes divins montrent bien, dans ceux qui les font, des membres pourris et étrangers au corps du Christ. L’Église, cependant, se souvient de les avoir engendrés dans le bain du salut ; elle se souvient des promesses par lesquelles ils s’étaient engagés à renoncer au démon, aux pompes du siècle et à tous les crimes. Elle pleure donc leur chute, comme étant leur vraie mère, et elle espère toujours obtenir leur résurrection par ses larmes. O quelle pluie de larmes est répandue ainsi tous les jours en présence du Seigneur ! que de prières ferventes cette vierge très pure envoie, parle ministère des saints anges, au Christ salut des pécheurs ! Elle crie dans le secret des cœurs, dans les retraites isolées, comme dans ses temples au grand jour, afin que la divine miséricorde rappelle à la vie ceux qui sont ensevelis dans le bourbier des vices. Qui dira son intime allégresse, quand elle reçoit vivants ceux qu’elle pleurait comme morts ? Si la conversion des pécheurs réjouit tellement le ciel [25], combien aussi la Mère ! Selon la mesure de la douleur qu’elle avait conçue de leur perte [26], la consolation déborde alors en son cœur. »

[20] Eccli. XXIV, 24.

[21] Cant. VI, 9.

[22] Eccli. XXIV, 22.

[23] Isai. III, 24.

[24] Psalm. XIII, 3.

[25] Luc. XV, 7.

[26] Psalm. XCIII, 19.

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