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Benoît XVI a encore frappé…

Selon le rabbin Walter Homolka, recteur du collège Abraham Geiger de Potsdam, Benoît XVI encourage « un nouvel antisémitisme sur des bases chrétiennes » ; pour le Grand Rabbin de Vienne Arie Folger, il est « problématique » que le précédent pape insiste sur une approche christologique de l'Ancien Testament. Mais chez les « catholiques » aussi on s’insurge : Michael Bohnke, professeur de théologie systématique à l'Université de Wuppertal, déclare : « Après Auschwitz, je ne me serais jamais attendu à lire quelque chose de semblable de la part d'un théologien allemand. »

Diantre. De quoi s’agit-il ? D’un article de Joseph Ratzinger-Benoît XVI paru dans le dernier numéro de Communio (en allemand). Dont on n’aurait peut-être jamais entendu parler sans la polémique qu’il suscite.

Un article qui paraît fort intéressant par ce qu’en révèlent les deux journalistes italiens dont Benoît et moi donne la traduction.

Joseph Ratzinger-Benoît XVI revient sur l’apparent changement de doctrine de l’Eglise vis à vis du judaïsme depuis Vatican II. Alors qu’auparavant on parlait volontiers de substitution de l’Ancienne Alliance par la Nouvelle Alliance, l’Eglise étant le Nouvel Israël qu’elle a donc remplacé, on insiste aujourd’hui sur le fait que les dons de Dieu sont sans repentance, ce qui implique que la Première Alliance est toujours valide et qu’il n’y a donc pas de « substitution ».

Ce thème a donné lieu à d’interminables discussions, qui m’ont toujours paru sans objet réel, car si les conclusions ultimes que l’on tire des deux positions sont contradictoires, ces positions ne le sont pas dans leur essence. Mais j’étais bien incapable de dire pourquoi.

Joseph Ratzinger-Benoît XVI donne la réponse : les dons de Dieu sont en effet sans repentance, donc quand il offre une Alliance c’est pour toujours, mais ce sont les hommes qui ne sont pas fidèles à l’Alliance et qui la rompent, comme on le voit souvent dans l’Ancien Testament. Jésus est venu rétablir l’Alliance : « Le rétablissement de l'Alliance du Sinaï dans la Nouvelle Alliance dans le Sang de Jésus - c'est-à-dire dans Son amour qui vainc la mort - confère à l'Alliance une forme nouvelle et à jamais valide. »

« Donc, en fait, il n'y a pas vraiment de "substitution", mais un cheminement qui conduit enfin à une seule réalité, avec la nécessaire disparition du sacrifice des animaux [de l'Ancienne Alliance] qui est remplacé ("substitution") par l'Eucharistie. »

« L'alliance du Sinaï était déjà dans son essence une promesse, une approche vers le définitif et le concluant. Après toutes les destructions, c'est l'amour de Dieu qui atteint même la mort de son Fils, et qui est par elle-même la Nouvelle Alliance. »

On comprend que les juifs ne soient pas contents, puisqu’on leur avait fait croire que les chrétiens reconnaissaient la permanence de l’Alliance de Moïse en ce sens qu’ils n’avaient pas à reconnaître le Christ, mais de quel droit s’immiscent-ils dans un débat théologique catholique ? Ils devraient déjà nous expliquer comment ils peuvent se dire fidèles à l’Alliance alors qu’ils n’ont plus, depuis 2.000 ans, les sacrifices qui constituent une partie capitale et essentielle de la Torah…

Commentaires

  • Il serait temps que les juifs se mettent à relire leur Torah !

    Peu de temps après la conquête de Babylone, Daniel a consigné une prophétie qui éclaire un événement de la plus haute importance relatif au dessein de Dieu concernant l’humanité. L’ange Gabriel a informé Daniel du moment précis où le Messie, la “ semence ” promise en Genèse 3:15, apparaîtrait ! Il a dit :

    “ Depuis la sortie de la parole pour rétablir et pour rebâtir Jérusalem jusqu’à Messie le Guide, il y aura sept semaines, également soixante-deux semaines ”, c’est-à-dire 69 semaines (Daniel 9:25).

    Quand cette période a-t-elle débuté ? Bien qu’au lendemain de la chute de Babylone Cyrus ait permis aux Juifs de regagner leur pays, des années plus tard Jérusalem et ses murailles étaient toujours en ruines. En 455 avant notre ère, le roi Artaxerxès a autorisé Nehémia, son échanson juif, à s’y rendre pour diriger les travaux de reconstruction (Nehémia 2:1-6). Ce fut le point de départ des 69 semaines.

    Les 69 semaines n’étaient toutefois pas des semaines de jours, mais des semaines d’années. D’ailleurs, certaines traductions de la Bible rendent le terme “ semaines ” par “ semaines d’années ”. (Daniel 9:24, 25.) Le Messie apparaîtrait après une période de 69 “ semaines ” de 7 ans chacune, soit au bout de 483 années. Ces paroles se sont accomplies en 29 de notre ère, quand Jésus s’est fait baptiser, exactement 483 ans après 455 avant notre ère .

    Et avec Michée 5.2..., on sait qu’il naîtrait à Bethlhem !

    Dans Isaïe 53... on sait que le Messie serait méprise et abandonné des hommes, homme de douleurs et familier de la souffrance... c’était nos maladies qu’il portait, et nos douleurs dont il s’était chargé; et nous, nous le regardions comme un puni, frappé de Dieu et humilié. 5 Mais lui, il a été transpercé à cause de nos péchés....

    Et quand on pose la question à des juifs qu'en pensent-ils ?
    https://www.youtube.com/watch?v=GBykESO1AJs

  • en voulant être plus juifs que les Juifs, on risque de faire des erreurs de vocabulaire : la Torah, ce sont les cinq premiers livres de la Bible, les Prophètes n'en font pas partie, même s'ils sont eux aussi des livres saints

  • " les Prophètes n'en font pas partie" dites-vous Théofrède ?

    Pourtant la Torah témoigne que Moïse a été le plus grand prophète d’Israël (Dt 34,10), , car il est le seul dont on dit qu’il a parlé avec Dieu « face à face, comme un homme parle à son ami » (Ex 33, 11), et c’est par son intermédiaire que la Torah a été donnée à Israël.

    Cela dit les autres prophètes sont dans la bible hebraïque, la septante.

  • @isabelle
    la Septante est une bible en grec, qui était utilisée dans la primitive église et l'est toujours par les chrétiens orientaux
    la bible juive est la Massora, la plus récente de toutes, destinée selon toute vraisemblance à contrer les bibles chrétiennes en retenant, entre plusieures versions du texte, celle qui s'en éloignait le plus

  • Les Juifs lisent peu les Écritures et préfèrent commenter le Talmud.

  • Théofrède et Roger ont raison : la Torah, c'est notre Pentateuque, et les juifs lui préfèrent leur prétendu Talmud, où il est dit que Notre Seigneur est condamné à baigner pour l'éternité dans un océan d'excréments. Aussi bien, dire que l'Ancienne Alliance reste valide et que nous partageons avec les juifs l'attente du Messie que leur Sanhédrin a fait crucifier est un péché contre l'Esprit Saint. Du reste, le messie qu'attendent les juifs, c'est Superman, un rédempteur pour enfants.
    Ce qui est formidable avec Auschwitz, c'est que n'importe quel couillon a le droit d'en parler à condition que ce soit pour faire comme tout le monde. "Après Auschwitz ! Après Auschwitz !", c'est le dernier refuge de la non-pensée trouilleuse des sans-tripes. Cela veut dire exactement : "Après le pantalon, Docteur, j'enlève le slip pour mon toucher rectal ?"

  • A condition, docteur, que vous utilisiez un gant en latex. Passons.

    Quant à l'ouverture d'esprit de ce rabbin et celle de ce professeur, on se relèvera la nuit pour en re-rire.

  • @isabelle
    vous n'avez rien compris : les Juifs divisent l'Ecriture en plusieurs parties, la Torah est la première et correspond au Pentateuque; les Prophètes n'en font pas plus partie que dans la Bible chrétienne et en sont une autre partie

  • J'aurai du mal à être d'accord avec vous lorsque vous dites que le fait de soutenir que l'ancienne Alliance n'a jamais été révoquée n'est pas en contradiction avec la Théologie de la Substitution et que vous ne comprenez pas pourquoi les communautés juives verraient à redire.

    Je pense que vous serez d'accord pour dire que l'une des ruptures importantes opérées par le Concile Vatican II concerne la question des relations avec les religions non chrétiennes (cf. Nostra Aetate).

    Or, la brèche ouverte par Nostra Aetate a notamment favorisé l'émergence au sein de l'Eglise d'un courant que j'appellerai "judaïsant", qui a abouti à la déclaration de Jean-Paul II en 1980 selon laquelle l'ancienne Alliance n'aurait jamais été révoquée. Il faut relire les critiques du Cardinal Daniélou peu avant sa mort sur cette question de l'ancienne Alliance qui n'aurait pas été révoquée pour comprendre que ce courant "judaïsant" faisait pression avant 1980.

    La déclaration de Mayence de 1980 (peu après la mort du Cardinal Daniélou d'ailleurs) avait été faite devant la communauté juive de Mayence, elle s'adressait donc en premier lieu aux juifs et était très ambigüe : les termes étaient suffisamment mal choisis pour être entendus par les juifs d'une certaine façon sans heurter de front la Tradition de l'Eglise.

    Pourtant, cette déclaration fait curieusement écho aux thèses de la conférence de Seelisberg de 1947 et de son inspirateur : Jules Isaac (je vous laisse lire la bio du personnage si vous aviez la chance de ne pas connaître).

    Ces thèses qui irriguent l'Eglise par le canal du lobby "amitiés judéo-chrétiennes de France" ne visent à rien d'autre qu'à faire accepter aux catholiques que l'Eglise est pour tout le monde sauf pour les juifs qui ont leur voie de Salut privilégiée : la synagogue.

    Dans ce contexte, il ne me semble pas étonnant que les communautés juives fassent pression ou maintiennent la pression pour que leur religion soit considérée comme à part. En adhérant à cette déclaration "d'ancienne Alliance jamais révoquée", nous nous rendons complice, à mon avis, de cette lecture judaïque. Ce faisant, nous manquons de charité envers les juifs susceptibles de se convertir, en brouillant les pistes.

    Quant à Benoît XVI sur ce point, il fait du Benoît XVI il me semble, c'est-à-dire qu'il tente de démontrer que le Concile Vatican II et ses "fruits" sont dans la continuité de ce que l'Eglise enseigne depuis 2000 ans.

    Pour autant, Cette déclaration ambigüe et sa reprise dans le Catéchisme de l'Eglise Catholique me semblent bien en rupture avec la Tradition de l'Eglise. Ainsi, "Alliance" et "Testament" sont synonymes, si je ne m'abuse. Si la Tradition les appelle "Ancien" et "Nouveau" Testament c'est bien que le "Nouveau" se substitue à l"Ancien", non?

    Surtout, s'agissant de la citation de St Paul au chapitre XI de l'Epître aux Romains, selon laquelle "les dons et l'appel de Dieu sont sans repentance", elle n'a jamais été entendue par les Pères comme impliquant l'irrévocabilité de l'ancienne Alliance (cf. le dossier patristique de Denise Judant, une juive convertie).

  • Merci pour votre réflexion.

    Mais le Nouveau Testament ne se substitue pas du tout à l'Ancien. La Bible chrétienne comporte les deux. Le Nouveau Testament cite l'Ancien tout le temps, La liturgie catholique est presque entièrement constituée de citations de l'Ancien Testament, et quiconque poursuit les lectures indiquées dans l'office divin aux matines lit l'Ancien Testament chaque année (c'est-à-dire en permanence). "Je ne suis pas venu abolir la Loi et les prophètes..."

  • Je me suis peut-être mal exprimé mais je ne parlais que des noms donnés aux deux parties de la Bible chrétienne : "Ancien" et "Nouveau" Testament et non de leurs contenus. Les textes du Nouveau Testament ne se substituent pas à ceux de l'Ancien, au sens où ils les rendraient inutiles ou caduques. Au contraire, la révélation chrétienne les éclaire d'un jour nouveau. En revanche, si la première Alliance est appelée Ancienne, c'est bien parce qu'il y en a une nouvelle.

  • Le gros problème vient quand même qu'on dit que Jésus-Christ est Yahvée. Le dieu de la Torah est génocidaire, sociopathe, loin du Dieu-Amour des Evangiles.

  • J'ose m'exprimer…. J'ai été baptisé, j'ai fait ma communion puis ai suivi d'autres chemins dont le Bouddhisme Tibétain.
    Aujourd'hui, à 63 ans, jeune retraité, je me tourne à nouveau vers une spiritualité occidentale, celle de mon enfance et de ma culture.
    Je suis entrain de lire (sans doute pour la première fois) la Bible, en commençant par l'ancien testament.
    Vos explications sont donc intéressantes mais j'ai du mal à m'y retrouver et à comprendre.
    Je dois certainement tout lire, ancien et nouveau testament pour arriver à situer les choses.
    Après lecture de la moitié de l'ancien testament, je suis assez circonspect: de chapitre en chapitre, on retrouve quasi le même scénario d'un élu/roi se tournant vers Dieu et obtenant tout mais dont l'un ou l'autre descendant se tourne vers une autre divinité et là, Dieu lance la foudre contre toutes les populations et on retrouve à chaque fois un bain de sang.
    J'avoue avoir du mal.
    Qui plus est, l'histoire de l'ancien testament se passe effectivement dans les contrées bien citées telles Israël, l'Egypte, Damas…. mais j'ai l'impression de (mal?) comprendre que le peuple de Dieu sont les Juifs…
    Je vais relire votre article et les différents commentaires qui éclaireront peut-être un peu plus, un peu mieux ma lanterne.
    Si quelqu'un veut bien m'apporter d'autres précisions et / ou me conseiller certaines lectures, merci par avance!

  • Cher Monsieur, je ne puis developper ici un texte trop long, mais je pense que vous avez mal compris l'article : bien sur que le peuple de Dieu est le peuple juif dans l'Ancien Testament. La question abordee ici est : apres l'achevement de la Revelation en Jesus, le demeure t il, ou bien l'Eglise prend sa place? Y a t il apres la Pentecote 2 Peuples de Dieu, l'Eglise et les Juifs? Pour moi, la question ne se pose plus si on a lu Hebreux 8, 13.

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