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Mercredi des quatre temps

L’évangile de ce jour, qui raconte comment Jésus guérit un garçon terriblement tourmenté par un « esprit sourd et muet », a été choisi en raison de sa dernière phrase : « Cette sorte de démon ne peut se chasser que par la prière et par le jeune. » Qui a été reprise comme antienne du Benedictus aux laudes.

Les quatre temps de septembre furent en effet désignés comme « le jeûne du septième mois », et il nous reste neuf sermons de saint Léon le Grand pour ce temps. Dont celui dont on lisait un passage au deuxième nocturne des matines du dimanche précédent, avant le raccourcissent drastique de ces matines (mais il se trouve toujours dans le bréviaire monastique).

Le commentaire de l’évangile dans le bréviaire est celui de saint Bède. Il commente ainsi la dernière phrase :

Il leur dit : « Ce genre [de démons] ne peut se chasser que par la prière et le jeûne. » En instruisant les Apôtres sur la manière dont le démon le plus méchant doit être chassé, Jésus-Christ nous donne à tous une règle de vie, afin que nous sachions que les tentations les plus fortes, provenant soit des esprits immondes, soit des hommes, doivent être vaincues par les jeûnes et les prières, et que la colère du Seigneur aussi, lorsqu’elle s’est allumée pour venger nos crimes, peut être apaisée par ce remède spécial. Or, le jeûne, en un sens général, consiste à s’abstenir non seulement des aliments, mais de tous les plaisirs charnels ; bien plus, à se défendre de toute affection au mal. Pareillement, la prière, en un sens général, ne s’entend pas seulement des paroles par lesquelles nous invoquons la clémence divine, mais aussi de tous les actes que nous accomplissons avec la dévotion de la foi pour servir notre Créateur.

Dans la Catena Aurea, saint Thomas d’Aquin cite ce commentaire, et il ajoute un commentaire « de saint Jérôme » qui est en fait tiré d’un commentaire de saint Marc qui fut publié sous le nom de saint Jérôme mais n’est pas de lui :

La folie, qui a pour objet les jouissances de la chair, est guérie par le jeûne; de même aussi la paresse est chassée par la prière. A chaque plaie il faut appliquer le remède convenable: ce n'est point par un remède appliqué sur le pied que l'on guérit l'œil malade. Ainsi donc, employez le jeûne contre les passions du corps, et la prière contre les maladies de l'âme.

Le paradoxe est que l’origine lointaine de ce « jeûne du septième mois » est, comme le rappelle la deuxième lecture de la messe, le jour (le premier du septième mois) où Esdras lit devant le peuple le Livre de la Loi qui vient d’être retrouvé. « Et il leur dit : Allez, mangez des viandes grasses et buvez de douces liqueurs, et faites-en part à ceux qui n’ont rien préparé, car ce jour est consacré au Seigneur ; et ne vous attristez point, car la joie du Seigneur est notre force. » Et c’est le chant de communion.

D’où le chant d'action de grâce triomphale de l’introït, où « le Psalmiste invite Israël à faire résonner le tambourin, à faire vibrer la harpe et la douce cithare, à sonner du cor, à l’occasion de la septième nouvelle lune (celle qui, autrefois, commençait l’année juive), parce que c’est là une tradition sainte en Israël et une loi du Dieu de Jacob »…

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