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Les 7 douleurs de la Sainte Vierge

Il est symptomatique que la dévotion aux « Sept douleurs de la Sainte Vierge », inventée au XVIIe siècle, se soit imposée au point de devenir une fête dans toute l’Eglise latine au début du XIXe siècle, et qu’ait complètement disparu (ou presque) la dévotion aux « Sept joies de la Sainte Vierge », qui servirent pourtant de modèle aux « Sept douleurs ». Exemple parmi tant d’autres du dolorisme qui a envahi l’Eglise d’Occident à l’époque « classique ».

D’abord on célébra les cinq joies de Notre Dame : Annonciation, Nativité, Résurrection, Ascension, Assomption.

L’embryon de cette dévotion furent les cinq Gaude de l’antienne Gaude Dei genitrix virgo, qui prit sa place dans les antiphonaires parmi les nombreuses autres antiennes à la Vierge (dont Salve Regina, Alma Redemptoris Mater, etc.). Elle est manifestement très ancienne, et tout aussi manifestement vient de l’Acathiste, comme en témoigne, au-delà des « Gaude… », ce « mater innupta » qui renvoie au refrain de l’Acathiste : Χαίρε Νύμφη ανύμφευτε !, Réjouis-toi, épouse inépousée ! (Mais il aurait mieux valu coller au paradoxe grec et dire « nupta innupta », car les mères non mariées, hélas, ça existe…)

Gaude, Dei genitrix virgo immaculata,
Gaude, quae gaudio ab angelo suscepisti;
Gaude, quae genuisti aeterni luminis claritatem;
gaude mater, gaude sancta Dei genitrix virgo;
tu sola mater innupta, te laudat omnis factura genitricem lucis.

Réjouis-toi, Mère de Dieu, Vierge immaculée,
Réjouis-toi, qui as par l’Ange a reçu la joie,
Réjouis-toi, qui as engendré la clarté de l’éternelle lumière, Réjouis-toi, Mère, Réjouis-toi, sainte Mère de Dieu et Vierge !
Toi seule est mère inépousée. Toute créature te loue, Mère de la Lumière.

On pouvait trouver ensuite : « Intercède pour nous auprès du Seigneur », ou : « Sois pour nous, nous t’en supplions, une perpétuelle avocate » - sis pro nobis quæsumus perpetua interventrix, comme ici chanté par les moines de Triors :
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Mais bientôt, dès le XIIe siècle, on porta les cinq joies à sept pour obtenir la plénitude du nombre sacré, en y ajoutant l’Epiphanie et la Pentecôte. Ces sept joies suivaient ainsi exactement les grandes fêtes de l’année liturgique.

Les franciscains, qui répandirent ensuite cette dévotion, notamment avec un chapelet intitulé la « couronne des sept joies », modifièrent la liste : Annonciation, Nativité, Présentation, Epiphanie, Baptême de Jésus, Résurrection, Ascension. Il y eut d’autres listes, avec le recouvrement de Jésus au Temple, notamment.

Mais dans les anciens missels les sept joies sont celles des sept grandes fêtes. Comme le spécifie par exemple un missel d’Urgell de 1565 (juste avant celui de saint Pie V). Et il donne l’hymne suivante, qu’on doit chanter à la fin de la messe votive des sept joies. (On constate que c’est le même texte que celui du Gaude Virgo Mater Christi de Josquin des Prés, mais que celui-ci n’avait que les cinq strophes – et la dernière – des cinq joies).

  1. L’Annonciation

Gaude, virgo mater Christi,
Quæ per aurem concepisti,
Gabriele nuntio.

Réjouis-toi, ô vierge mère du Christ, qui as conçu par l’oreille à l’annonce de Gabriel.

  1. La Nativité

Gaude, quia Deo plena
Peperisti sine pœna,
Cum pudoris lilio.

Réjouis-toi, parce que pleine de Dieu, tu as enfanté sans peine, avec le lis de chasteté.

  1. L’adoration des Mages

Gaude, Magos advenisse,
Aurum, thus, mirram tulisse
Tuo Unigenito.

Réjouis-toi de la venue des Mages, qui ont apporté l’or, l’encens et la myrrhe à ton Fils unique.

  1. La Résurrection

Gaude, quia tui nati
Quem dolebas mortem pati,
Fulget resurrectio.

Réjouis-toi car ton fils, dont tu as eu la douleur qu’il souffre la mort, resplendit dans la résurrection.

  1. L’Ascension

Gaude Christo ascendente,
Et in cœlum te vidente,
Motu fertur proprio.

Réjouis-toi de l'ascension du Christ, et qui te voit du ciel, il s’est transporté de son propre mouvement.

  1. La Pentecôte

Gaude, quæ post Christum tuum
Paraclytum misit suum
Patris benedictio.

Réjouis-toi, bénédiction du Père qui après ton Christ envoya son Paraclet.

  1. L’Assomption

Gaude quæ post ipsum scandis,
Et est honor tibi grandis,
In caeli palatio.

Ubi fructus ventris tui,
Nobis detur per te frui,
In perenni gaudio.
Alleluia.

Réjouis-toi, qui montes après lui, et il y a un grand honneur pour toi au palais des cieux,

Où est le fruit de tes entrailles, par toi qu’il nous soit donné d'en jouir dans la joie éternelle. Alléluia.

Le missel précise qu’ensuite le prêtre, qui était resté à genoux devant l’autel, doit dire le verset :

Ora pro nobis, sancta Dei Genitrix.

Puis l’oraison :

Concede nobis famulis tuis.

(Sic. Je ne connais pas d’oraison qui commence ainsi.)

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