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Sancti nominis tui

La collecte de la messe du deuxième dimanche après la Pentecôte est magnifique, mais elle est peu connue puisque ce dimanche est occupé dans les paroisses par la solennité de la Fête Dieu. Ceux qui disent l’office la disent aussi dans la semaine, mais les fêtes se succèdent (du moins dans le bréviaire romain - il y en a moins dans le bréviaire monastique) et empêchent donc également de la dire – sauf aujourd’hui.

Sancti nóminis tui, Dómine, timórem páriter et amórem fac nos habére perpétuum : quia numquam tua gubernatióne destítuis, quos in soliditáte tuæ dilectiónis instítuis. Per Dóminum…

Faites, Seigneur, que nous ayons toujours la crainte et l’amour de votre saint nom, parce que vous ne cessez jamais de diriger ceux que vous établissez dans la solidité de votre amour.

Aucune traduction, je pense, ne peut rendre la rime du latin, ni surtout son sens exact, puisque c’est le même verbe, avec deux préfixes opposés, qui exprime le fait que Dieu ne « destitue » jamais son « gouvernement » chez ceux qu’il « institue » dans son amour.

Cette collecte est très proche d’une autre oraison, celle qui concluait les litanies du Saint Nom de Jésus dans les anciens livres (dans les livres récents elle a été remplacée par la collecte de ce dimanche) :

Humanitatis tuæ ipsa divinitate unctæ, Domine Jesu Christe, timorem pariter et amórem fac nos habére perpétuum : quia numquam tua gubernatióne destítuis, quos in soliditáte tuæ dilectiónis instítuis.

Pour les litanies du « saint nom », on avait enlevé… le « saint nom », et on l’avait remplacé par « ton humanité ointe par la divinité elle-même ». On remarque qu’il ne reste rien de cette formule dans la traduction qu’en donnait Bossuet (peut-être parce qu’elle peut être interprétée de façon hérétique) :

O Jésus-Christ Notre Seigneur, mettez en nous pour jamais la crainte et l’amour de votre sacrée Personne, et de cette humanité sanctifiée par l’union de la divinité, puisque vous n’abandonnez jamais ceux que vous avez établis en la solidité de votre amour.

Commentaires

  • Vous m'étonnez. Dans tous les missels et autres livres de prières que j'ai, la seconde partie de la prière de conclusion des litanies est celle du second dimanche ap Pentecôte, Je n'ai jamais vu la seconde version que vous donnez. Peut-être que votre référence est un missel spécial (gallican? cf Bossuet).
    Par ailleurs cette oraison a le mérite d'évacuer la dialectique crainte/amour, et vient en quelque sorte interpréter l'épître du 1er dim ap Pentecôte (qui n'est pas lu non plus le dimanche...) Et l'évangile du jour vient magnifiquement exprimer, quoiqu'en négatif, ce qu'est avoir "pariter" l'amour et la crainte de Dieu.

  • En effet. C'est seulement dans les anciens livres (et en effet tous français) que Google m'a donnés en référence quand j'ai fait une recherche sur la collecte. Je modifie ma note.

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