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Drôle de croisade

Sandro Magister lance un cri d’alarme : le couvent dominicain Saint-Marc de Florence risque d’être fermé subrepticement cet été, il faut empêcher la « mort » de ce couvent, qui serait « quelque chose d’incroyable ». Il faut donc signer la pétition de toute urgence.

En réalité, comme le signale Sandro Magister lui-même, la décision de « supprimer » la « maison » a été prise en… 2013.

Il ne s’agit pas de détruire un couvent qui regorge de chefs-d’œuvre de Fra Angelico, comme on pourrait le croire en lisant rapidement, mais d’en retirer les derniers religieux.

C’est impensable, selon Sandro Magister, qu’il puisse ne plus y avoir de dominicains dans ce couvent.

Peut-être. Mais quand j’y suis allé, je n’y ai pas vu un seul religieux. On y entrait comme dans un musée, et on y circulait comme dans un musée. Et la première chose qu’on constatait en entrant dans les cellules décorées par les célèbres et sublimes fresques de Fra Angelico, c’est que ces cellules ne servent plus depuis longtemps.

Si j’étais dominicain je refuserais évidemment d’aller vivre dans ce couvent, qui est habituellement envahi de touristes du monde entier.

Et comme il n’y a plus de vocations religieuses (pour la raison que les religieux ne le sont plus), je ne vois pas pourquoi il faudrait à toute force maintenir des dominicains à Saint-Marc.

Ou alors il faudrait refaire un vrai couvent, avec des religieux qui vivent dans les cellules, ce qui impliquerait qu’elles soient habituellement fermées au public, ce qui est aujourd’hui impensable.

Commentaires

  • Bonjour,

    1. Ce que l'on s'est mis à mépriser, ou, en tout cas, à négliger, au sein même de l'Eglise catholique, au moins depuis 1945, à savoir

    - des attitudes et des habitudes situées au croisement de la régularité et de la spiritualité, de la piété et du quotidien,

    - des conditions et des conduites de vie propices à la contemplation en présence de Dieu et à la distanciation vis-à-vis du monde,

    - des principes et des pratiques selon lesquels on accueille d'autant mieux Jésus-Christ qu'on l'accueille d'une manière radicale et substantielle, absolument priorisante,

    est précisément ce qui est le plus nécessaire à la vie religieuse.

    2. Les confusions contemporaines

    - entre civilisation et divertissement, ou entre l'immédiatement agréable et l'authentiquement profitable, d'une part,

    - entre développement de l'intérêt général et accumulation des intérêts particuliers, d'autre part,

    ne sont pas précisément plus favorables à la vie religieuse, d'autant plus que ces confusions contemporaines donnent rarement lieu à une "opération-vérité" intra-ecclésiale, sur le fait qu'elles mènent tout droit à l'apostasie, à l'égoïsme, à l'idolâtrie.

    3. Il y a plus grave : c'est l'idée selon laquelle un chrétien attentif, convaincu, engagé, dynamique, est avant tout un chrétien qui agit, au service de causes altruistes, caritatives, existentielles, et non avant tout un chrétien qui prie, qui adore Dieu, qui contemple, qui évite "le monde", qui médite, qui se prive, et qui respecte ce que Jean-Paul II appelle "la primauté de la vie intérieure".

    4. Posons-nous en effet la question de savoir quel type de chrétien a été systématiquement valorisé par bien des hommes d'Eglise, depuis bientôt trois quarts de siècle, et nous aurons une des réponses à la question relative aux causes du déclin (jusqu'à la disparition ?), de la vie religieuse.

    5. Pour beaucoup, en effet, un chrétien n'est pas avant tout un être humain qui croit en Jésus-Christ, qui prie en Jésus-Christ, (puis) qui agit en Jésus-Christ, mais est avant tout un être humain "qui fait beaucoup de choses pour les autres" (mais il n'est pas souvent jugé légitime que ces choses consistent à faire connaître, comprendre, aimer, d'une manière non iréniste, la Parole de Dieu et la liturgie...).

    6. Je connais pour ma part une communauté religieuse qui ne désemplit pas : la communauté religieuse de Laodicée, le Concile permanent (ou plutôt la conciliation permanente avec l'esprit du monde), qui a lieu au sein de cette communauté, encore une fois, à mon avis, au moins depuis 1945, ayant commencé avant le Concile Vatican II, ayant, de fait, bien plus d'autorité et d'influence que lui, et ayant encore lieu aujourd'hui.

    Bon nombre de clercs

    - ne veulent pas que les catholiques sachent que la religion chrétienne est LA religion nécessaire au salut de l'âme, en présence du seul vrai Dieu,

    - veulent que les catholiques croient que la religion chrétienne n'est qu'UNE des religions favorables au bonheur de l'homme, à l'intérieur de ce monde.

    Autant dire qu'ils veulent que nous empruntions l'autoroute, en direction de Laodicée.

    Ils nous prennent pour des benêts phrygiens...

    Bonne journée et à bientôt.

    A Z

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