01 mars 2014

De la Sainte Vierge le samedi

Je découvre que dans le bréviaire romain on dit aujourd’hui l’office de la Sainte Vierge (et que la messe est également celle de la Sainte Vierge le samedi), alors qu’il est bien précisé dans mon bréviaire monastique qu’on ne dit pas davantage cet office au temps de la Septuagésime qu’au temps du Carême. C’est pourquoi mon bréviaire n’a pas de lecture de cet office pour le mois de mars. Curieusement, vérifiant qu’il en était de même dans le Bréviaire monastique latin-français de 1725 auquel j’ai déjà emprunté plusieurs traductions, je découvre que ce bréviaire a bel et bien l’office de la Sainte Vierge au temps de la Septuagésime, et donc une lecture pour le mois de mars. La même (comme d’habitude) que celle du bréviaire romain : un extrait du livre de saint Irénée Contre les hérésies, livre 5, 19 :

Lorsque le Seigneur est venu chez soi, c’est-à-dire sur la terre, et qu’il a voulu être porté par sa créature, lui qui la soutient lui-même par sa toute-puissance ; lors que pour réparer la désobéissance que l’homme avait commise en touchant à un arbre, il a voulu mourir par obéissance sur l’arbre de la croix ; enfin lors qu’il a voulu guérir les hommes des maux où les avait engagés la crédulité d’Eve, qui étant encore vierge, quoique destinée pour être l’épouse d’Adam, s’était laissé malencontreusement séduire par le démon : il a voulu pour opposer la vérité au mensonge qu’un ange annonçât un mystère véritable à une autre vierge épouse d’un homme, et cette vierge est Marie. Car comme Eve a été trompée par le discours d’un ange, et s’est éloignée de Dieu en transgressant l’ordre qu’il lui avait donné, de même l’ange a parlé à Marie, mais elle a mérité de porter Dieu en son sein par l’obéissance qu’elle a rendue à sa parole. Le serpent séduisit Eve pour lui faire abandonner Dieu ; et Marie se laissant persuader par l’ange a obéi à Dieu, et cette féconde Vierge est devenue ainsi l’avocate de la première. En sorte que comme le genre humain avait été condamné à la mort par la faute d’une vierge, il a été délivré de la mort par le mérite d’une vierge, l’obéissance de l’une a réparé la désobéissance de l’autre.

Texte latin :


In sua própria veniénte Dómino et sua própria eum baiulánte conditióne, quæ baiulátur ab ipso, et recapitulatiónem eius quæ in ligno fuit inobediéntiæ, per eam quæ in ligno est obediéntiam, faciénte, et seductióne illa solúta, qua sedúcta est male illa, quæ iam viro destináta erat, virgo Heva; per veritátem evangelizáta est bene ab Angelo iam sub viro Virgo María. Quemádmodum enim illa per Angélicum sermónem sedúcta est, ut effúgeret Deum, prævaricáta verbum eius: ita et hæc per Angélicum sermónem evangelizáta est, ut portáret Deum, obédiens eius verbo. Et sicut illa sedúcta est, ut effúgeret Deum; sic hæc suása est obedíre Deo, ut vírginis Hevæ Virgo María fíeret advocáta. Et quemádmodum adstríctum est morte genus humánum per vírginem, solvátur per Vírginem: æqua lance dispósita virginális inobediéntia per Virginitátem obediéntiam.

06:24 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

C'est étonnant car, en général, les rubriques de la liturgie monastique sont fortement connectées à celles de la liturgie romaine.

Écrit par : Quaerere Deum | 01 mars 2014

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