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Le superbe témoignage de Stevenson

Robert Louis Stevenson, l’auteur de L’île aux trésors, d’origine calviniste mais sans véritable religion, visita une mission catholique en Californie en 1879. Voici ce qu’il en dit dans deux lettres :

"J’ai écouté les vieux Indiens chanter la messe. Ce fut une nouvelle expérience et une écoute qui en valait bien la peine. C’était comme une voix du passé. Ils ont chanté par tradition selon les enseignements des premiers missionnaires. Je suis sûr que le père Ángel Casanova sera le premier à me pardonner et me comprendra si je dis que ce vieux chant grégorien prêchait un sermon plus éloquent que le sien. Paix et bien sur la terre et à tous les hommes, semblaient nous dire leurs notes. Et à moi, un barbare qui de tous les côtés entend pis que pendre sur la race indienne, écouter les indiens du Carmel chanter leurs mots en latin avec une si bonne prononciation et leurs cantiques avec tant de familiarité et de ferveur, m'a suggéré de nouvelles et agréables réflexions."

"Un vieil Indien aveugle d’environ 80 ans dirige le chant, d’autres Indiens composent le chœur. Ils connaissaient encore le chant grégorien sur le bout des doigts et prononçaient le latin d’une manière tellement correcte que je pouvais les comprendre même quand ils chantaient… Je n’avais jamais vu des visages reflétant tant de bonheur et de vie, comme ceux de ces Indiens chanteurs. Pour eux, cela n’était pas seulement un acte pour rendre un culte à Dieu mais un moment pendant lequel ils se rappelaient et commémoraient des jours meilleurs, c’était en plus un exercice de culture dans lequel tout ce qu’ils savaient des arts et des lettres restait unifié et exprimé. Et ils invitaient les hommes dans leur cœur à demander pardon aux bons pères d’autrefois qui leur avaient appris à labourer et à récolter, à lire et à chanter, qui leur avaient apporté des missels européens qu’ils conservent encore et étudient chez eux, et qui désormais ont perdu leur autorité au bénéfice de bandits et de manieurs de pistolets sacrilèges. C’est ainsi qu’apparaît épouvantable notre protestantisme anglo-saxon à côté des œuvres de la Compagnie de Jésus."

Commentaires

  • Très beau. Merci.

  • Stevenson n'avait pas prévu que, prêchant la liberté religieuse en théorie, la haute hiérarchie en viendrait à interdire de fait le grégorien et le latin et couvrirait de fait également de multiples violations de la liberté religieuse des fidèles catholiques par les simples prêtres.

    Il est en effet un corollaire de la liberté religieuse que les fidèles catholiques ont droit à une liturgie et à une doctrine catholiques et que le clergé n'a de pouvoir arbitraire ni sur la liturgie ni sur la doctrine.

    Mais je dois bien être le seul en France et même ailleurs à dire des choses pareilles puisque nous avons le choix entre les libéraux qui sont pour l'arbitraire (pour eux la liberté, c'est l'arbitraire) et les intégristes qui scient la branche sur laquelle ils sont assis.

    Cela fait une sacrée différence entre monsieur Daoudal et moi. Nous avons un point commun : nous nous sentons bien seuls.

    Cela dit, merci beaucoup pour ce texte qui fendrait le cœur des plus insensibles en faisant pleurer sur tout ce patrimoine perdu.

    136 1 Psalmus David, Jeremiæ.
    Super flumina Babylonis illic sedimus et flevimus,
    cum recordaremur Sion.
    2 In salicibus in medio ejus
    suspendimus organa nostra :
    3 quia illic interrogaverunt nos, qui captivos duxerunt nos,
    verba cantionum ;
    et qui abduxerunt nos :
    Hymnum cantate nobis de canticis Sion.
    4 Quomodo cantabimus canticum Domini
    in terra aliena ?
    5 Si oblitus fuero tui, Jerusalem,
    oblivioni detur dextera mea.
    6 Adhæreat lingua mea faucibus meis,
    si non meminero tui ;
    si non proposuero Jerusalem
    in principio lætitiæ meæ.
    7 Memor esto, Domine, filiorum Edom,
    in die Jerusalem :
    qui dicunt : Exinanite, exinanite
    usque ad fundamentum in ea.
    8 Filia Babylonis misera ! beatus qui retribuet tibi
    retributionem tuam quam retribuisti nobis.
    9 Beatus qui tenebit,
    et allidet parvulos tuos ad petram.



    Au bord des fleuves de Babylone
    nous étions assis et nous pleurions,
    nous souvenant de Sion ;
    aux peupliers d’alentour
    nous avions pendu nos harpes.

    Et c’est là qu’ils nous demandèrent,
    nos geôliers, des cantiques,
    nos ravisseurs, de la joie :
    « Chantez-nous, disaient-ils,
    un cantique de Sion. »

    Comment chanterions-nous
    un cantique de Yahvé
    sur une terre étrangère ?
    Si je t’oublie, Jérusalem,
    que ma droite se dessèche[3] !

    Que ma langue s’attache à mon palais
    si je perds ton souvenir,
    si je ne mets Jérusalem
    au plus haut de ma joie !

    Souviens-toi, Yahvé,
    contre les fils d’Edom,
    du Jour de Jérusalem,
    quand ils disaient : « A bas !
    Rasez jusqu’aux assises ! »

    Fille de Babel, qui dois périr,
    heureux qui te revaudra
    les maux que tu nous valus,
    heureux qui saisira et brisera
    tes petits contre le roc !

  • La traduction française est extraite de ce site :

    http://promethee.philo.ulg.ac.be/engdep1/download/bible/psalms/psalm137/ARTPS137.HTM

    Le texte latin est extrait du site "Vulgate" référencé en marge de ce blog.

    Voici la traduction de Lemaistre de Sacy dont je sais qu'elle est chère au cœur de monsieur Daoudal :


    PSAUME CXXXVI



    1 Nous sommes assis sur le bord des fleuves de Babylone, et là nous avons pleuré, en nous souvenant de Sion.

    2 Nous avons suspendu nos instruments de musique aux saules qui sont au milieu de cette contrée;

    3 Car ceux qui nous avaient emmenés captifs nous demandaient de chanter des cantiques;

    4 Ceux qui nous avaient enlevés nous disaient : Chantez-nous quelqu'un des cantiques de Sion.

    5 Comment chanterons-nous un cantique du Seigneur dans une terre étrangère?

    6 Si je t'oublie, ô Jérusalem, que ma main droite soit mise en oubli.

    7 Que ma langue soit attachée à mon palais, si je ne me souviens pas de toi ;

    8 Si je ne me propose pas Jérusalem comme le principal sujet de ma joie!

    9 Souvenez-vous, Seigneur, des enfants d'Édom, de ce qu'ils ont fait au jour de la ruine de Jérusalem,

    10 Lorsqu'ils disaient : Exterminez et abattez jusques à ses fondements.

    11 Malheur à toi, fille de Babylone! heureux celui qui te rendra tous les maux que tu nous as faits !

    12 Heureux celui qui prendra tes petits enfants, et les brisera contre la pierre!

    Numérisation Yves PETRAKIAN Mars 2007 - France

    http://456-bible.123-bible.com/saci/19_psaumes.htm

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