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  • La foi d’Obama

    Barack Obama sur la chaîne ABC : il évoque sa « foi musulmane ». Le journaliste l’interrompt : « Votre foi chrétienne ». Obama reprend : « Euh… ma foi chrétienne. »

     

    Addendum

    Comme le remarquent certains commentateurs, la vidéo est tronquée.

    De fait Obama ne parle pas de sa foi musulmane, il reconnaît que McCain ne l’a pas attaqué sur ce sujet.

    Il n’en reste pas moins que le dialogue est surréaliste, et qu’il n’aurait pas été du tout de cette nature si Obama était sûr de lui… et de sa foi.

    Son propos reste tout à fait étonnant :

    You’re absolutely right that John McCain has not talked about my muslim faith…

    Vous avez absolument raison, John McCain n’a pas évoqué ma foi musulmane.

    Quand on est chrétien, on ne dit pas cela. On dit :

    Vous avez raison, John McCain n’a pas repris ces calomnies sur le fait que je serais musulman.

    Ou bien : il n’a pas parlé de cette histoire selon laquelle je serais musulman.

    Et il y avait une façon encore plus simple de le dire : John McCain n’a jamais dit que j’étais musulman.

    Cela aurait été clair. Mais il dit bien : John McCain n’a pas évoqué ma foi musulmane.

    D’où la surprise du journaliste, qui ne se souvient plus du début de la phrase tant il est surpris par l’expression « ma foi musulmane ».

    Et il rectifie :

    Votre foi chrétienne.

    Et Obama, visiblement déstabilisé, répète :

    Ma foi chrétienne.

    Ce qui n’a aucun sens.

    Sinon que le lapsus du journaliste souligne l’incongruité de l’expression utilisée par Obama, qui ressemble quelque peu également à un lapsus… révélateur (non pas de sa « foi musulmane », certes, mais de sa très grande gêne dans ce domaine.

  • Benoît XVI à Lourdes : les thèmes du pape

    Dans la lettre qu’il a envoyée à Mgr Perrier, évêque de Lourdes, le pape Benoît XVI indique les thèmes qu’il a retenus pour sa visite :

    1. Les malades. Dans notre monde, qui cherche à occulter et même à éliminer la souffrance et qui se voit cependant confronté quotidiennement à elle sans savoir lui donner sens, la question de la souffrance demeure d'une grande actualité. Elle est une part essentielle de la mission de Lourdes. La relation entre cette question de la souffrance et la passion du Christ permet en outre de montrer le caractère central de la christologie.

    2. L'Immaculée Conception et la foi catholique à propos de Marie. Lourdes est avant tout un lieu mariai et sa mission est indissolublement liée au dogme de l'Immaculée Conception. Ce dogme demeure encore obscurci par de multiples malentendus; d'autre part on observe aujourd'hui, parmi le peuple chrétien, une attention nouvelle à la place de Marie, également du côté du protestantisme. Pour développer une anthropologie chrétienne renouvelée, dont fait partie le thème de la gratuité, un regard vers Marie ouvre de nouvelles perspectives.

    3. L'Eucharistie et le culte eucharistique. Depuis ses origines, Lourdes est non seulement un lieu mariai, mais aussi un lieu eucharistique. Le caractère central de l'Eucharistie dans la vie chrétienne a été mis en lumière par le Concile, qui a défini ce sacrement comme «source et sommet de toute la vie chrétienne» (Lumen Gentium, n. 11). Le Pape Jean-Paul II a rappelé également, dans de nombreux documents et en particulier dans l'Encyclique Ecclesia De Eucharistia, que « l'Église vit de l'Eucharistie. Cette vérité n'exprime pas seulement une expérience quotidienne de foi, mais elle comporte en synthèse le cœur du mystère de l'Église » (n. 1). Ces derniers temps, une vision unilatérale de l'Eucharistie avait obscurci la signification de l'adoration eucharistique. Aujourd'hui, nous voyons mieux que l'adoration est une dimension fondamentale de l'acte de la communion, du «pain partagé» ; c'est la personnalisation de l'acte sacramentel : dévotion sacramentelle et dévotion personnelle vont ensemble. Dans le sillage des derniers documents du Pape Jean-Paul II, nous devons travailler, je crois, à mettre en lumière cette synthèse des différentes dimensions du sacrement eucharistique.

  • La Sardaigne catholique

    Extrait de l’hommage rendu par Benoît XVI à la Sardaigne, dans son homélie de dimanche au sanctuaire de Notre-Dame de Bonaria, près de Cagliari.

    C'est dans vos mines que retentit pour la première fois la Bonne Nouvelle apportée par le Pape Pontien et par le prêtre Hippolyte, ainsi que par tant d'autres frères condamnés ad metalla pour leur foi dans le Christ. Ainsi, Saturnin, Gavin, Protus et Januaire, Simplicius, Luxorius, Ephisius, Antiochius ont eux aussi été les témoins du don total au Christ comme vrai Dieu et Seigneur. Le témoignage du martyre conquit une âme fière comme celle des Sardes, instinctivement réfractaire à tout ce qui venait de la mer. De l'exemple des martyrs prit sa vigueur l'évêque Lucifer de Cagliari, qui défendit l'orthodoxie contre l'arianisme et s'opposa, avec Eusèbe de Vercelli, lui aussi de Cagliari, à la condamnation d'Athanase lors du Concile de Milan de 335, et tous les deux, Lucifer et Eusèbe furent condamnés à l'exil, un exil très dur. La Sardaigne n'a jamais été une terre d'hérésie ; son peuple a toujours manifesté une fidélité filiale au Christ et au Siège de Pierre. Oui, chers amis, au fil des invasions et des dominations, la foi dans le Christ est restée dans l'âme de vos populations comme un élément constitutif de votre identité sarde.

    Après les martyrs, au Vème siècle, arrivèrent de l'Afrique romaine de nombreux évêques qui, n'ayant pas adhéré à l'hérésie arienne, durent subir l'exil. En venant dans l'île, ils apportèrent avec eux la richesse de leur foi. Ce furent plus de cent évêques qui, sous la direction de Fulgence de Ruspe, fondèrent des monastères et intensifièrent l'évangélisation. Avec les reliques glorieuses d'Augustin, ils apportèrent la richesse de leur tradition liturgique et spirituelle, dont vous conservez encore les traces. Ainsi la foi s'est toujours plus enracinée dans le cœur des fidèles, jusqu'à devenir culture et produire des fruits de sainteté.

  • Saint Gorgon

    Gorgonius était intendant général des offices du palais et de la chambre de Dioclétien. Sa foi chrétienne lui attira les foudres de l’empereur (c’est sous son règne qu’eurent lieu les pires persécutions), mais celui-ci ne pouvait se résoudre à perdre ce serviteur de haut rang et de grande valeur. Aussi chercha t-il à le corrompre en lui offrant des honneurs plus importants s’il adorait les dieux. Gorgon refusait avec obstination. Il fut suspendu à un chevalet et frappé, on lui arracha la peau avec des ongles de fer puis on versa sur ses plaies du vinaigre mélangé à du sel. La béatitude de Saint Gorgon malgré ces terribles tourments mit en rage Dioclécien et il ordonna aux bourreaux de le placer sur un gril au-dessus de charbons ardents pour le torturer davantage jusqu’à ce que mort s’en suive.

    Les reliques de saint Gorgon furent transférées en 766 au monastère de Gorze par Chrodegand, évêque de Metz, puis données au monastère de Sainte Claire de Pont-à-Mousson. En1595, les Clarisses rendirent deux ossements, à l'église paroissiale de Gorze. Le 20 novembre 1796, le 8 juillet 1805 et le 28 avril 1807, les reliques furent visitées et reconnues canoniquement.

    Il existe dans le Morbihan un village appelé Saint-Gorgon. Mais il ne s’agit pas du même saint. Celui-ci est à l’origine saint Cogo, un ermite venu du pays de Galles au Ve ou VIe siècle.