28 juillet 2008

Eglise incendiée

Un incendie s'est déclaré vendredi soir dans l'église de Sonzay (Indre-et-Loire). L'autel et l'estrade ont été détruits ainsi que des fauteuils, tout récemment restaurés, plusieurs prie-Dieu et l'harmonium. Des bibles et des partitions de musique ont également été détruits. Cet incendie a occasionné un important dégagement de fumée. Selon les premières constatations des gendarmes, quatre à six foyers distincts auraient été allumés dans le chœur : l’incendie était de toute évidence volontaire.

Samedi, Michèle Alliot-Marie s’est rendue sur les lieux. Elle a vigoureusement condamné cet acte « odieux manifestement commis en haine de la religion chrétienne », et elle a rappelé qu’elle avait aussitôt publié un communiqué pour dénoncer cette profanation comme elle le fait chaque fois qu’un lieu de culte est l’objet de déprédations. Elle a assuré que les responsables seraient activement recherchés et elle a exhorté la justice à se montrer très ferme avec ce genre d’individus qui « ne respectent rien ».

Hier dimanche, le chef de l’Etat s’est à son tour rendu sur place. Il a longuement rencontré le maire et le curé de Sonzay. A la sortie de la mairie, il a affirmé que cet acte « inadmissible » serait « puni avec la sévérité qu’il mérite » et qu’il tenait à montrer par sa présence qu’il n’est « pas question que les service de l’Etat relâchent leur vigilance » sous prétexte que nous sommes en période de vacances.

(NB. Les deux derniers paragraphes sont une pure invention. On parle d’une église, pas d’une mosquée.)

(Merci à GA)

Commentaires

Vous m'avez bien eu ! J'ai cru un moment que la "laïcité positive" de la bande à Sarko était sincère !

Ecrit par : Denis Merlin | 29 juillet 2008

Il suffit pourtant de connaître un peu le folklore yanki - les Etats-Unis sont cités comme un exemple de laïcité positive par les confrères démocrates-chrétiens de Daoudal -, pour savoir que le satanisme en est une composante. Des "Rolling-Stones" à "Marylin Manson", ce ne sont pas les exemples qui manquent de chanteurs qui exercent une large séduction sur les foules.
Au moins Baudelaire a eu la lucidité de décrire l'influence du diable sur lui, et, en définitive, de le rejeter.

Si à la limite on peut imaginer une musique chrétienne hippie ("Jésus est un hippie"), le "rockn'roll chrétien" est une invention pour le moins étrange.

Ecrit par : Lapinos | 29 juillet 2008

Ah, mais en France le satanisme n'a aucun lien avec la religion. Ce ne sont que de jeunes blancs qui s'habillent en noir, n'est-ce pas ?

Ecrit par : F. de Sinaÿ | 29 juillet 2008

Même si la religion laïque tend à l'uniformité des dogmes et des lois morales, il y a quand même autant de chapelles laïques que de chapelles chrétiennes différentes.

De même que tous les chrétiens ne sont pas disposés à subir le martyre, tous les sectataires laïcs ne sont pas prêts à incendier des chapelles ou à raser les vestiges des racines chrétiennes de la France.

Puisque vous abordez la question de l'esthétique, il me semble opportun de signaler que la diffusion des tatouages et autres piercing est aussi un trait caractéristique du progrès de la religion laïque. A rapprocher de l'éloge que Baudelaire, plus instructif que les Rolling Stone, fait du maquillage et de l'art en général, perçu comme une revanche contre la Nature (comme chez tous les esthéticiens laïcs ou démocrates-chrétiens en général), tandis que l'art de la Renaissance s'appuie au contraire sur la Nature.

Ecrit par : Lapinos | 29 juillet 2008

Je ne vois pas bien comment une attitude "laïque" pourrait se traduire, ne serait-ce qu'esthétiquement, par l'adoption de symboles païens ou satanistes.
Même si n'y existe qu'une minorité de satanistes pratiquants parmi les amateurs du folklore habits noirs piercing et hard rock, il n'en reste pas moins que si l'on croit au diable, on croit en Dieu, et ceux qui profanent cimetières et chapelles le font contre Dieu. Affirmer le contraire est faire preuve d'une singulière myopie, défaut historique de la laïcité française longtemps tournée contre le catholicisme.

Ecrit par : F. de Sinaÿ | 29 juillet 2008

Faux ni le Chef de l'état,ni la ministre de l'intérieur sont venus
à Sonzay,person,j'habite Tours et la presse en aurait parlé!

Ecrit par : Riel | 29 juillet 2008

Nous condamnons le saccage des églises et nous respectons le christianisme de France et nous n'oublions pas que la religion fondatrice de ce pays est le catholicisme romain.

Ecrit par : RAMDANE RACHID | 29 juillet 2008

Vous avez raison, on ne peut pas être sataniste et ne pas croire en Dieu.
Je comprends l'objection de M. de Sinaÿ, mais je dois dire que j'ai toujours douté de la sincérité des laïcs athées, de la foi dans le néant. J'y vois plutôt une façon d'échapper à certaines responsabilités. Il ne me paraît pas raisonnable de séparer le satanisme des jeunes militants de l'enseignement laïc qu'ils ont reçu, étant donné la recrudescence du satanisme aux Etats-Unis et dans les pays d'obédience laïque.

Ecrit par : Lapinos | 29 juillet 2008

Commentaires instructifs,débat intéressant, mais tout de même il est bien triste que les deux derniers paragraphes de la note soient un canular. Moi aussi j'ai commencé par y croire, jusqu'à la chute finale. Car enfin une telle réaction de nos autorités aurait été conforme à leurs principes: c'est précisément ainsi qu'ils réagissent dans les cas (trop fréquents, hélas) des synagogues et des mosquées incendiées.

Ecrit par : Philistin | 30 juillet 2008

De toute façon,les masjids ne sont pas incendiées parce que nous ne le supporterions pas;l'Islam se défend en cas d'attaque.De nos origines,nous sommes une prophétie armée et quand nous nous mettons en rangs pour le namaz et pour nos morts,notre organisation est militaire.
Si l'on s'attaquait à nous ,alors le territoire flamberait.

Ecrit par : RAMDANE RACHID | 30 juillet 2008

Serait-ce à dire que l'enseignement laïc, au lieu de mettre en avant la neutralité sans aucun jugement de valeur, serait plutôt une vision relativiste qui mettrait toutes les croyances sur le même plan, y compris le satanisme ?

Quant à certains athées, je doute également de leurs convictions. L'absence de contrainte est ce qui les attire le plus, bien au delà du reste, mais ceci est un autre débat.

Ecrit par : F. de Sinaÿ | 30 juillet 2008

Là vous décrivez l'enseignement laïc "positif", comme dit Sarkozy, M. de Sinaÿ. La construction historique de la France fait que notre régime est un peu différent, moins "relativiste". Cette vérité première selon laquelle il n'y a pas de vérité, il paraît que les esprits français ont un peu plus de mal à l'admettre, y compris lorsqu'ils sont laïcs. Difficile d'imaginer qu'un élève de l'enseignement laïc ou démocrate-chrétien français ne se fasse pas remettre à sa place s'il professe des idées, mettons, anti-évolutionnistes, d'où la religion laïque tire l'idée de progrès génétique continu et automatique.

Un autre débat ? Je ne suis pas sûr. En ce qui me concerne je vois dans le christianisme de Pascal un cas typique de foi autosuggérée (qui ne repose pas sur la logique, comme celle des scolastiques).
Et dans le "pari athée de Diderot", le pendant du "pari chrétien de Pascal" (blasphème scandaleux qu'un musulman n'oserait pas).
Diderot dit : "Si Dieu existe, en définitive il me pardonnera d'avoir sincèrement douté de son existence."
A cette nuance près que Diderot, imbu de géométrie comme Pascal, était moins "extrapolaire", plus "français", et que son pari athée contient finalement une confiance en Dieu plus grande que celui de l'illustre géomètre-expert que le régime laïc a jugé bon de faire figurer sur ses billets de banque naguère.
L'"autosuggestion", encore une caractéristique, comme l'autodécoration, de la religion laïque, et qui explique le succès actuel de toutes ces fausses sciences, de l'astrologie à l'homéopathie en passant par la psychanalyse.

Ecrit par : Lapinos | 30 juillet 2008

Un petit rappel du tout premier chapitre du cathéchisme de l'Eglise catholique :

"I. Le désir de Dieu

27 Le désir de Dieu est inscrit dans le cœur de l’homme, car l’homme est créé par Dieu et pour Dieu; Dieu ne cesse d’attirer l’homme vers Lui, et ce n’est qu’en Dieu que l’homme trouvera la vérité et le bonheur qu’il ne cesse de chercher"

Je pense que ces jeunes sont des victimes. Ils ressentent, ce qui est normal, le désir de Dieu, mais il ne se trouve personne pour les encadrer, les guider, et là, on assiste à ce que disait le curé d'Ars : "Enlevez-leur les prêtres, ils adoreront des bêtes". Sur la déchristianisation prospèrent les bêtes, ce qui est malheureusement logique.

Ecrit par : Ysengrin | 30 juillet 2008

Diderot ne faisait que "douter" de l'exitence de Dieu et non être certain de son inexistence. Pourquoi, dès lors, décider de faire comme si Dieu n'existait pas ?

De fait personne ne peut établir que Dieu n'existe pas. Alors, pourquoi s'acharner contre l'immense majorité de l'humanité ? Car ceux qui doutent de l'existence de Dieu ne le font qu'en vertu d'un moralisme ("si Dieu existait, il ne permettrait pas le mal") et non de preuves absolues et donc métaphysiques.

Quant à savoir si Dieu a pardonné son doute à Diderot, cela est finalement anecdotique et n'a pas vraiment d'intérêt pour nous autres. Nous ne faisons qu'espérer (et dans ce sens, c'est une quasi-certitude) que Dieu a tout pardonné à Diderot. Mais pourquoi a-t-il pris des risques inutiles dans une affaire aussi sérieuse ?

Mon post est inspiré en grande partie de Gilson "l'Athéisme difficile" et de Benoît XVI passim et aussi, horresco referens, de Pascal...

Ecrit par : Denis Merlin | 30 juillet 2008

Il y a aussi la volonté chez Diderot dans cette phrase, comme de la part de Voltaire, de railler les "rapports" de Pascal - à juste titre.

Mais le blasphème de Diderot contre l'athéisme (Il y a dans son "pari" de quoi scandaliser un bigot athée comme Michel Charasse) n'est pas un cas isolé. Dans son bouquin tardif "Les Mots", le seul qui présente un intérêt, Sartre conclut qu'en définitive il se sent athée un jour, croyant le lendemain.

Bien sûr je ne suis pas d'accord avec votre histoire de "preuve métaphysique", Merlin, puisqu'un troisième père de l'Eglise laïque athée, le plus cohérent, Feuerbach, a renversé les preuves métaphysiques de l'existence de Dieu et en a déduit la preuve métaphysique de son inexistence (In : "L'Essence du christianisme").
A ma connaissance, Marx est celui qui a le mieux réfuté cette preuve métaphysique de l'inexistence de Dieu, même si Lénine n'a pas fait beaucoup de publicité à cette réfutation.

Pour revenir au débat qui m'oppose à Daoudal sur Voltaire, bien peu "laïc" puisqu'il voulait un prêtre dans chaque village, je lui signale que ce qui fait de Sartre est athée un jour, c'est la philosophie allemande, et croyant le lendemain, c'est le voltairianisme de son enfance auquel il est revenu dans ses vieux jours et qui a fait sans doute qu'il s'est converti à la veille de mourir au christianisme.

(Gilson n'est pas mal, nonobstant ce petit travers qu'il prend trop de pincettes avec la "philosophie" de saint Augustin.)

Ecrit par : Lapinos | 31 juillet 2008

@ Lapinos

Feuerbach ne sort pas de la psychologie de l'homme. Il ne fait pas de métaphysique et croit la discréditer par son approche psychologique, laquelle reste naturellement inopérante contre la science des premiers principes et des premières causes.

Ecrit par : Denis Merlin | 31 juillet 2008

La psychanalyse n'est pas "métaphysique" dans la mesure où elle réduit la psychologie à un déterminisme sexuel simpliste (dont on trouve des traces dans la philosophie de saint Augustin.)
Mais la psychologie qui vise à plus de conscience et de responsabilité a tout à voir avec la métaphysique. Si Homère et Shakespeare, Balzac, ne sont pas de grands métaphysiciens, je ne sais pas qui l'est.

Ecrit par : Lapinos | 01 août 2008

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