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Communisme réel

Cuba demeure le vrai laboratoire du communisme, comme en témoigne l’affaire de la vidéo d’étudiants contestant le régime.

Dans un premier temps a circulé une vidéo où l’on voyait quatre étudiants, dans un amphithéâtre de l’université des sciences informatiques, critiquer plusieurs aspects du régime cubain devant le président du Parlement Ricardo Alarcon. L’un d’eux demandait pourquoi les Cubains ne pouvaient pas voyager, et il précisait, ce qui paraissait malin, qu’il aimerait aller en Colombie sur les lieux où est mort le Che. (La réponse d’Alarcon était que si les 6 milliards d’humains voyageaient cela ferait une « cohue énorme »...). Il soulignait aussi que son père et son grand-père « ne savent toujours pas quand vont se réaliser les rêves promis quand ils étaient enfants ». Un autre se demandait d’où était « sorti le vote uni », à savoir le vote en bloc pour tous les candidats officiels, que personne ne connaît.

Le plus prolixe, Eliecer Avila, précisait qu’il disait cela, non pour dénigrer le régime, mais au contraire pour qu’il y ait « plus de socialisme ».

Cela pouvait passer pour une habileté... et une garantie de ne pas être inquiété.

Cette vidéo a circulé sur internet, a fait l’objet d’une diffusion massive par les exilés cubains, et a été distribuée sous le manteau à Cuba.

Mais le 11 février, l’agence officielle cubaine Gramma a diffusé une autre vidéo, qui recadre l’affaire. On y voit, toujours à l’université, les quatre mêmes étudiants, qui dénoncent la façon dont la première vidéo a été utilisée. « Je n’ai jamais éprouvé dans ma chair une manipulation aussi criminelle que celle-là », déclare l’un d’eux. Et Eliecer Avila : « Tout ce qui se dit est un mensonge total. Nos propos avaient pour objectif d’améliorer le socialisme et non de le détruire. » Quant à Rolando Perez, qui dans la première vidéo se demandait « quelle est la limite entre le bourrage de crâne et la persuasion », il affirme qu’ils n’ont  été « victimes d’aucune pression » pour apparaître sur la seconde vidéo, et que son but est de « lutter pour le processus révolutionnaire, quel qu’en soit le prix ».

Raul Castro avait invité les Cubains à donner « librement » leur opinion sur les problèmes du pays, et des milliers de réunions ont été organisées sur les lieux de travail et les quartiers. C’est dans ce cadre qu’a été faite la première vidéo. Mais elle était évidemment « incorrecte ». La seconde a donc été réalisée pour souligner ce qui se trouvait pourtant dans la première, mais pas assez : l’allégeance pleine et entière au communisme cubain.

Dimanche, le quotidien officiel Juventud Rebelde prévenait que les débats ne conduiraient pas « à ce que nous nous écorchions en public » et qu’il n’y aurait pas « les strip-teases politiques comme ceux des ex-socialistes européens ».

L’affaire est close. Et Eliecer Avila a répondu aux rumeurs qui circulaient dans la presse américaine : « A aucun moment je n’ai été arrêté, ma famille est tout à fait tranquille, il n’y a aucun problème. »

Commentaires

  • Quand on connaît la vie sur place, ces petits échanges verbaux font sourires tant ils sont loin de la réalité.
    Loin de la chape de plomb qui pèse sur la pensée des Cubains.

    Ces derniers ont en plus des préoccupations quotidiennes à mille lieues de ces discours ronrons qu’on ne perçoit plus tant ils sont présents partout.
    Ce sont ces ronrons les vrais rythmes cubains et non ceux qu’affectionnent les bobos parisiens et les soirées branchées de la jet set !

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