Dans l’entretien qu'il a accordé aux médias du Vatican, Nicolas Sarkozy parle de nouveau de la « laïcité positive ». Il parle habilement des « grandes religions » ou des « religions révélées », sans distinction. Tout en mettant le christianisme à l’honneur, mais en montrant que son souci est de valoriser l’islam et de construire des mosquées. Et il montre une fois de plus qu’il ne connaît rien à l’islam, dont il parle comme s’il s’agissait d’une variante du christianisme :
« La place des religions, la laïcité positive, c'est-à-dire une laïcité qui reconnaît à chacun le droit de vivre sa foi et de la transmettre à ses enfants. Les besoins immenses qui sont ceux des religions révélées pour s'adapter à la nouvelle réalité française. La France profonde, c'était la France des campagnes il y a 50 ans. Aujourd'hui, la France profonde c'est la France des banlieues. Or les lieux de culte sont dans les campagnes où il y a moins de monde et les banlieues sont devenues des déserts cultuels. Ce n'est pas positif et donc j'avais imaginé des adaptations nécessaires pour la Loi de 1905. Mais j'ai dit : on peut ne faire ces adaptations que dans le cadre d'un consensus et c'est autour de ce consensus que l'on pourra construire d'éventuelles évolutions. Partant du principe également que je ne souhaite pas un islam en France mais un islam de France. C'est donc la question d'un islam européanisé, compatible avec les valeurs de la civilisation européenne et donc c'est pour ça que j'ai créé le C.F.C.M. : voilà les débats que je souhaite voir prospérer en France. Et nous verrons ensuite s'il y a lieu de faire telle ou telle modification. (…)
« La laïcité, c'est le droit à chacun de vivre sa religion, ses croyances, et d'espérer. Donc, justement dans la république laïque, des voix religieuses doivent s'exprimer. Justement parce qu'elle ne sont pas l'État, qu'elles sont séparées de l'État. C'est justement pour ça qu'elles doivent s'exprimer. Parce que si elles étaient l'État, elles n'auraient pas besoin d'être garanties dans leur droit d'expression. C'est justement parce que l'État est laïque, qu'il est indépendant des religions, que le temporel et le spirituel sont séparés, qu'il est important que, dans le débat, des voix indépendantes, spirituelles s'expriment. (…) Et je souhaite que les grandes religions, y compris la religion de l'Islam de France, puissent avoir des voix qui s'expriment tranquillement, avec un message d'amour, un message de paix. Et ça compte pour moi qu’ils puissent s'exprimer. Ça manque les intellectuels chrétiens, ça manque les grandes voix qui portent dans les débats pour faire avancer une société et lui donner du sens et montrer que la vie n'est pas un bien de consommation comme les autres. »
Ça manque les intellectuels chrétiens… c’est la signature de l’hypocrisie. Si je ne veux pas les entendre, s’ils n’ont pas accès aux grands médias, c’est qu’ils n’existent pas…