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Un procès d’opinion

Une peine de cinq mois de prison avec sursis et une amende de 10.000 euros ont été requises vendredi contre Jean-Marie Le Pen, poursuivi pour « complicité d’apologie de crimes de guerre » et « contestation de crime contre l’humanité ».

L’affaire est exemplaire : elle montre jusqu’où va l’inquisition de la police de la pensée, et quel est l’état réel de la liberté d’expression dans notre pays.

La « complicité d’apologie de crime de guerre » concerne ce qu’avait dit Jean-Marie Le Pen dans l’hebdomadaire Rivarol à propos de l’affaire de Villeneuve-d’Ascq : l’autorité allemande était intervenue pour arrêter le massacre que perpétrait un officier. Il semble que Jean-Marie Le Pen se soit trompé d’autorité, en disant que c’était la Gestapo qui était intervenue, alors que ce serait la gendarmerie allemande. Cette erreur (si c’en est une) est une « complicité d’apologie de crime de guerre », parce que la Gestapo a été jugée criminelle par le tribunal de Nuremberg...

On constatera que ce raisonnement, s’il est confirmé par la justice, interdit aux historiens de se pencher sur l’histoire de la Gestapo. Il n’autorise que la mise au point de la liste des crimes de guerre de la Gestapo (sans possibilité de revenir sur un fait une fois qu’il aura été défini comme crime de guerre). Dire que la Gestapo , tel jour, a relâché telle personne, ou a empêché tel crime, sera une complicité d’apologie de crime de guerre.

La « contestation de crime contre l’humanité » c’est quand Jean-Marie Le Pen a dit que l’occupation allemande, en France, « n’a pas été particulièrement inhumaine ». Il évoquait naturellement la situation du Français moyen, et les historiens montrent qu’en effet l’occupation allemande a été autrement plus dure dans d’autres pays. Quoi qu’il en soit aucun tribunal n’a condamné l’Allemagne pour crime contre l’humanité envers les Français dans leur ensemble. Le crime contre l’humanité concerne les juifs. Même si, là encore, les juifs de France ont proportionnellement été moins touchés que ceux d’autres pays, le crime contre l’humanité est incontestable, mais Jean-Marie Le Pen ne l’a jamais contesté.

Il n’y avait donc dans les propos de Jean-Marie Le Pen, très clairement et très manifestement, aucune complicité d’apologie de crime de guerre, aucune contestation de crime contre l’humanité. C’est typiquement un « procès de Moscou ».

Le jugement doit être rendu le 8 février.

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