29 septembre 2007

Ils ne connaissent pas le latin…

Le motu proprio sur la messe m’a fait découvrir une réalité hallucinante, incroyable. Je me demandais pourquoi on faisait tant de cas de la « formation » nécessaire des prêtres pour célébrer la messe de saint Pie V. Je ne voyais pas en quoi il y avait besoin d’une « formation » apparemment longue et complexe. Or c’est, paraît-il (je n’arrive pas à le croire), parce que les prêtres ne connaissent pas le latin.

On m’avait déjà dit quelque chose comme cela. Je pensais que c’était une exagération, que cela voulait dire : « Il y a aujourd’hui des prêtres qui ne connaissent pas le latin. » Ce qui ne me surprenait pas, évidemment. Dans toute société il y a des infirmes et des déviants. Il y a toujours eu des prêtres indignes, il est logique qu’il y ait aujourd’hui des prêtres qui ne connaissent pas le latin.

Mais ce que l’on me dit, et cela vient de personnes dignes de foi, c’est que LES prêtres, en France, ne connaissent pas le latin.

C’est ahurissant. C’est autrement plus grave que le protocole de Londres. C’est comme si les Français ne connaissaient pas la langue française.

Car enfin, le latin est la langue officielle de l’Eglise latine. Le texte officiel de la Sainte Ecriture est en latin. Le texte officiel de la messe est en latin. Le texte officiel de l’office divin est en latin, et le Concile Vatican II stipule que « les clercs doivent garder la langue latine » dans l’office divin. Et si le Concile a permis de donner « la place qui convient à la langue du pays dans les messes célébrées avec le concours de peuple », il souligne que « l’usage de la langue latine sera conservé dans les rites latins », que les fidèles, et non seulement les prêtres, doivent pouvoir dire ou chanter en latin certaines parties de la messe, et que le chant grégorien, qui est en latin, est « le chant propre de la liturgie romaine » et doit « occuper la première place »…

A force de renier ce que le Concile a édicté (le concile dont ils prétendent se réclamer), ils en sont donc venus à ne plus connaître du tout le latin. Ils sont devenus étrangers à la langue de leur Eglise. Et ils ne peuvent donc pas non plus lire saint Augustin ou saint Thomas d’Aquin dans le texte. Ils sont prêtres, et ils n’ont pas la curiosité de savoir ce que disent dans la langue de leur Eglise les pères de leur Eglise. Sans parler des trésors de la poésie latine catholique, etc.

Les prêtres melkites que je connais, qui sont arabophones (et qui parlent aussi le français, l’anglais…) connaissent parfaitement le grec ancien, et ont de solides notions de latin.

Vraiment, je n’arrive pas à comprendre comment on peut être prêtre de l’Eglise latine et renier la tradition de cette Eglise au point de ne pas en connaître la langue.

Mais puisqu’il en est ainsi, je suis bien obligé d’en prendre acte… et de prier pour qu’une telle incongruité, une telle impiété, prenne fin aussi tôt que possible.

Commentaires

Bonjour,

"Et ils ne peuvent donc pas non plus lire saint Augustin ou saint Thomas d’Aquin dans le texte".

> Le principal n'est-il pas qu'ils comprennent ce qu'ils lisent (dans une bonne traduction) ? Quant aux textes fondateurs de l'Eglise, ils ont été écrits en hébreu et en grec (et le Christ parlait vraisemblablement araméen). Le latin n'est venu qu'après me semble-t-il.

"Dans toute société il y a des infirmes et des déviants. Il y a toujours eu des prêtres indignes, il est logique qu’il y ait aujourd’hui des prêtres qui ne connaissent pas le latin".

> Autant il me paraît parfaitement normal que le latin soit (et reste) la langue officielle de l'Eglise, autant votre comparaison entre les prêtres ne connaissant pas le latin et les prêtres "indignes" ("déviants" ???) me paraît vraiment indigne, voire carrément insultante.

Je comprends que l'on défende le latin, le chant grégorien, etc. J'ai moi-même été élevée dans cette tradition que j'aime et respecte. Rappelez-vous toutefois que le latin, ce n'est pas l'hébreu et encore moins l'arabe ! Dans la religion chrétienne (catholique) il n'y a pas de "langue" divine.

Écrit par : Flore | 30 septembre 2007

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Ah, pardon chère Flore, le Christ parlait latin avec les Romains (il avait la science infuse et possédait (possède) toutes les langues parfaitement.

Le Romains n'apprennaient pas la langue des peuples qu'ils colonisaient. Ces peuples devaient parler latin pour communiquer avec eux. Il parlait latin avec Ponce-Pilate, avec les centurions et tous les Romains.

Sainte Marie-Madeleine qui vivait en concubinage avec un officier de l'armée romaine (c'était sa faute dont elle avait tant de regrets) parlait certainement le latin. Si elle était tombée amoureuse de ce militaire, elle n'avait pu communiquer avec lui qu'en latin.

Le latin a été la langue de sa condamnation à mort par Ponce Pilate.

L'écriteau au dessus de la croix était en latin, grec et hébreu (l'hébreu, langue morte était la langue de la liturgie depuis l'exil de Babylone)

Quant à saint Pierre et saint Paul ils parlaient évidemment latin. Le premier a émigré à Rome où il a vécu vingt-cinq ans, et saint Paul était citoyen romain... Je ne pense pas que l'on ait pu être citoyen romain sans parler un mot de latin (euphémisme).

Effectivement comme le fait observer Monsieur Daoudal, vouloir être prêtre de l'Eglise latine, sans connaître le latin, c'est vouloir être naturalisé français sans connaître un mot de français.

Dès que je l'aurai retrouvé je tâcherai de vous copier un texte du grand penseur Etienne Gilson sur l'intérêt de lire les textes dans la langue originale de l'auteur.

Écrit par : Denis Merlin | 30 septembre 2007

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"Ah, pardon chère Flore, le Christ parlait latin avec les Romains (il avait la science infuse et possédait (possède) toutes les langues parfaitement".

> Vous plaisantez, j'espère ... :-)

"Sainte Marie-Madeleine qui vivait en concubinage avec un officier de l'armée romaine "

> Idem ...

Écrit par : Flore | 30 septembre 2007

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Je ne vois pas pourquoi je plaisanterais.

Quant au péché de sainte Marie-Madeleine, sachez qu'elle était d'une famille très fortunée, et que ce que l'on raconte sur sa prétendue prostitution est une légende. Son père était haut fonctionnaire, elle était juive, à la différence de son demi-frère (Lazare) et de sa demi-soeur (Marthe) dont la mère était Syrienne ou tout au moins Orientale.

Pour un Romain la différence entre concubinage et mariage n'était pas évidente. Les Juifs en revanche faisaient la différence. D'où les regrets de Marie-Madeleine, juive, pour ce qui lui apparaissait comme une grave faute et une trahison de sa "race".

Quant à la science infuse du Christ :

Denzinger :

"Décret du Saint-Office, 5 juin 1918
La science de l'âme du Christ.
3645
Question : peut-on enseigner en toute sûreté les propositions suivantes ?
1.- Il n'est pas sûr qu'il y avait dans l'âme du Christ, pendant qu'il vivait parmi les hommes, la science que possèdent les bienheureux dans la vision.

3646
2.- On ne peut déclarer certaine l'opinion qui affirme que l'âme du Christ n'a rien ignoré, mais que, dès les débuts, elle a connu toutes choses dans le Verbe, passées, présentes, et futures, c'est-à-dire tout ce que Dieu connaît par la science de vision.


3647
3.- La doctrine de certains modernes sur la science limitée de l'âme du Christ n'est pas moins recevable dans les écoles catholiques que l'opinion des Anciens sur sa science universelle.
Réponse (confirmée par le souverain pontife le 6 juin) : non. "

Et si ce n'est pas de foi, j'y crois et c'est mon droit.

Écrit par : Denis Merlin | 30 septembre 2007

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@ Flore et à Denis Merlin
Je crois qu'à l'époque du Christ tout le monde parlait plus ou moins le grec, le grec de la Koïnè, qui était la langue de la communication dans tout le bassin méditerranéen, qui fut la première langue de la liturgie chrétienne à Rome, et qui est resté la langue de la liturgie byzantine.
Le latin n'est pas une langue "divine", ni même une langue sacrée. Je dis seulement, avec mon grand ami le seigneur de La Palice, que je cite souvent mais qui est de plus en plus incompris, que le latin est la langue de la liturgie latine.
Il est dommage de s'en remettre systématiquement à des traductions. Car la traduction, surtout en théologie et en spiritualité, est toujours éloignée de l'original, comme l'expérience le montre. Les traductions sont toujours tributaires des idées du traducteur et de son époque.
Pour ce qui est des textes de la Bible en hébreu, je rappelle que les textes dont nous disposons sont du IXe siècle (après Jésus-Christ), alors que la Vulgate latine est du tout début du Ve siècle...

Écrit par : Yves Daoudal | 30 septembre 2007

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"Et si ce n'est pas de foi [...]"

> Effectivement, ce n'est pas de foi ! Ceci posé, vous avez bien sûr le droit de croire à tout ce que vous voulez.

Pour ma part, je tiens seulement à faire la différence entre ce qui est effectivement la foi de l'Eglise et ... tout le reste (dont une part n'a strictement - à mes yeux - aucune importance).
Ce qui compte pour moi c'est la Rédemption apportée par le Christ. Qu'il ait éventuellement parlé Esperanto n'apporte rien de plus.

Écrit par : Flore | 30 septembre 2007

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Le christ connaissait toutes les langues...mince il n 'y a donc pas que chez les musulmans qu il y a des doux dingues (enfin pas si doux que ça)

Heuuu...Edouard Schuré "Les grands initiés" n'est pas une si mauvais lecture pour prendre du recul.
C'était ma contribution, bonsoir

Écrit par : marot | 30 septembre 2007

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Je trouve le débat intéressant. Outre, l'apsect évident de lire "les textes dans le texte" (une traduction appauvrit toujours surtout St Augustin ou les "jeux" de mots et paradoxes sémantiques remplissent la Patrologie., il faut aussi tenir 2 points.

L'incarnation c'est un évènement dans le temps, dans une terre, à un moment précis. Donc il n'est pas indifférent de connaître les langues du Christ.
Le risque de zapper l'incarnation est de ne plus voir la nouveauté chrétienne. Un événement, une rencontre humaine et divine dans l'histoire que les contemporains ont pu toucher, entendre, voir.
Sinon, ce sont les réductions à une sagesse, un moralisme, des valeurs (paix, tolérance...).

Par contre, par le baptême nous sommes appelés à Lui être une humanité de surcroît qui permette à nos proches de faire cette rencontre comme les disciples et contemporains l'ont faite. C'est pourquoi, quelqu'un peut être frappé par la nouveauté du Christ en voyant un témoin même parlant l'espéranto...

Le Cardinal Ratzinger nous a souvent mis en garde contre la "réduction de la personne du Christ à ce qu'il est pour moi". L'approche luthérienne du Christ et l'appauvrissement du Mystère.

Écrit par : Antoine | 30 septembre 2007

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@ Yves Daoudal et Antoine
A propos des problèmes de traduction :

> C'est le fameux "traduire c'est trahir". Un moyen d'échapper aux défauts d'une traduction, c'est de se référer aux diverses traductions d'un même texte, ainsi qu'aux explications des spécialistes de la langue de départ.
Je rappelle quand même que l'on peut avoir étudié le latin, le comprendre, l'écrire, sans en être un vrai spécialiste. Je connais nombre de français incapables de lire, et encore plus d'expliquer Pascal, ou Maritain, par exemple.

@ Antoine
"surtout St Augustin ou les "jeux" de mots et paradoxes sémantiques remplissent la Patrologie"

C'est sans doute une "perte" mais on peut vivre sans saint Augustin en langue latine (et même en français d'ailleurs). Une bonne traduction de la Bible peut suffire pour toute une vie.

"Donc il n'est pas indifférent de connaître les langues du Christ. Le risque de zapper l'incarnation est de ne plus voir la nouveauté chrétienne"

> Désolée, mais on ne "zappe" pas l'Incarnation si on doute que le Christ ait été polyglotte ! La "nouveauté chrétienne" (rejetée aussi bien par le judaïsme que par l'islam) c'est la "folie" d'un Dieu fait homme, mort par amour sur une croix pour nous sauver. La Passion, ce n'est pas plus important sur le plan de l'Incarnation que de savoir si le Christ connaissait le chinois ou le swahili ?

"quelqu'un peut être frappé par la nouveauté du Christ en voyant un témoin même parlant l'espéranto..."

Merci de préciser votre pensée.

Écrit par : Flore | 30 septembre 2007

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En quelque sorte, ils n'ont cure de la Réalité de l'Eglise, ils s'occupent de leur idéologie, internationaliste et gauchisante en l'occurrence.

Écrit par : Eric | 01 octobre 2007

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D'accord avec Antoine : Benoît XVI insiste sur le fait que le Christ n'est pas un théologie, c'est Emmanuel, c'est Dieu parmi nous. C'est une personne qui a parlé, qui a aimé, qui était patriote, incarné dans une famille, dans une tribu, dans une nation.

Les langues qu'il a parlées ne sont pas indifférentes, il a parlé une langue vernaculaire (l'araméen), il a lu l'hébreu dans les assemblées liturgiques, il a parlé le grec langue de la cuture avec les gens cultivés, il a parlé le latin langue de l'occupant. Langue de son procès devant Pilate, langue de l'Eglise.

Pour moi, il y a donc bien trois langues sacrées, toutes mortes : l'hébreux ancien, le grec ancien et le latin.

Il se trouve que le latin que le Christ a parlé, est la langue de l'Europe, cette Europe qui est le seul continent chrétien et le seul continent à vocation universelle.

Le Christ aurait pu parler l'esperanto, il aurait pu avoir un autre père nouricier, une autre mère, il aurait pu ne pas être Juif. Il a choisi ces choses pour Lui, nous devons L'aimer comme cela. C'est aussi le mystère de l'Incarnation dans une très longue histoire qui commence à Adam et Eve, se poursuit avec Abraham et Sarah... Ce fait historique mystérieux et proche nous n'avons pas à nous dire "si jamais" ; "avec des "si" on mettrait Paris dans une bouteille" dit ma maman. Et elle a raison ma maman, "si" en l'occurrence n'a aucun intérêt.

Pardonnez-moi mais je déteste ce barratin pseudo théologique très daté années 50 et 60 du XXème siècle. L'incarnation, c'est aussi une histoire que nous devons prendre telle quelle. Nous avons vu, touché, entendu Dieu dans des circonstances mystérieusement providentielles où l'hébreu, le grec et le latin étaient parlés et écrits ces circonstances absolument et irréductiblement uniques, qui ont encore une importance pour nous, puisque Dieu est venu parmi nous à ce seul instant de l'histoire qui n'est pas sans conséquence encore aujourd'hui.

Écrit par : Denis Merlin | 01 octobre 2007

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"C'est une personne [...] qui était patriote"

> Vous pouvez me donner les références s.v.p. ?

"Les langues qu'il a parlées ne sont pas indifférentes, il a parlé une langue vernaculaire (l'araméen), il a lu l'hébreu dans les assemblées liturgiques, il a parlé le grec langue de la cuture avec les gens cultivés, il a parlé le latin langue de l'occupant. Langue de son procès devant Pilate, langue de l'Eglise".

> Rien ne dit que le Christ a parlé latin avec Pilate... Pourquoi pas plutôt le grec (Koïné) - "langue de la communication dans tout le bassin méditerranéen" - comme le note plus haut Yves Daoudal ? Mais en fait cela n'a strictement aucune importance.
Encore une fois, ce qui compte c'est ce qui a été dit. Et non pas la langue dans laquelle cela a été dit.

"[...] cette Europe qui est le seul continent chrétien [...]

> Nous ne devons pas vivre à la même époque ! Pour ma part, actuellement je verrais plutôt l'Amérique latine car, malheureusement, l'Europe est de plus en plus déchristianisée (et il se pourrait bien qu'un jour l'Afrique prenne aussi la première place).

"[...] et le seul continent à vocation universelle"
C'est le rôle que l'Europe a tenu pendant longtemps mais étant donné l'état de délabrement dans lequelle elle se trouve, je préfèrerais pour ma part qu'elle n'ait plus - pour l'instant du moins - cette "vocation universelle".

Écrit par : Flore | 01 octobre 2007

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"il se pourrait bien qu'un jour l'Afrique prenne aussi la première place"

Une petite précision : je veux dire, bien sûr, la première place dans la chrétienté !

Écrit par : Flore | 01 octobre 2007

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Encore une rectification (je ne suis pas "du matin" :-) ):

"dans LEQUEL elle se trouve" (of course !)

Écrit par : Flore | 01 octobre 2007

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Voici mes sources :


Dscours de Ratisbonne 12 septembre 2006

Il s’agit de lui demander de se ressourcer pour permettre le dialogue des cultures.


« Cet intime rapprochement mutuel ici évoqué, qui s'est réalisé entre la foi biblique et le questionnement philosophique grec, est un processus décisif non seulement du point de vue de l'histoire des religions mais aussi de l'histoire universelle, qui aujourd'hui encore nous oblige. Quand on considère cette rencontre, on ne s'étonne pas que le christianisme, tout en ayant ses origines et des développements importants en Orient, ait trouvé son empreinte décisive en Europe. À l'inverse, nous pouvons dire aussi : cette rencontre, à laquelle s'ajoute ensuite l'héritage de Rome, a créé l'Europe et reste le fondement de ce que, à juste titre, on appelle l’Europe. »

Plus loin :

« Au regard de la rencontre avec la pluralité des cultures, on dit volontiers aujourd'hui que la synthèse avec l'hellénisme, qui s'est opérée dans l'Église antique, était une première inculturation du christianisme qu'il ne faudrait pas imposer aux autres cultures. Il faut leur reconnaître le droit de remonter en deçà de cette inculturation vers le simple message du Nouveau Testament, pour l'inculturer à nouveau dans leurs espaces respectifs. Cette thèse n'est pas simplement erronée mais encore grossière et inexacte. Car le Nouveau Testament est écrit en grec et porte en lui-même le contact avec l'esprit grec, qui avait mûri précédemment dans l'évolution de l'Ancien Testament. Certes, il existe des strates dans le processus d'évolution de l'Église antique qu'il n'est pas besoin de faire entrer dans toutes les cultures. Mais les décisions fondamentales, qui concernent précisément le lien de la foi avec la recherche de la raison humaine, font partie de la foi elle-même et constituent des développements qui sont conformes à sa nature. »

Le christianisme a fait l'Europe et l'Europe a donné au christianisme sont "empreinte décisive". C'est une donnée historique et providentielle, c'est la volonté de Dieu.

La langue judiciaire des Romains était le latin. D'ailleurs le droit est romain, si la philosophie est grecque.

"Luc XXIII

« 41 Et quand il fut proche, voyant la ville, il pleura sur elle,
42 disant : " Si, en ce jour, tu avais connu, toi aussi, ce qui était pour (ta) paix ! Mais maintenant cela demeure caché à tes yeux.
43 Car vont venir sur toi des jours où tes ennemis établiront contre toi un retranchement, t'investiront et te serreront de toute part;
44 ils t'abattront à terre, ainsi que tes enfants (qui sont) chez toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas connu le moment
où tu as été visitée. »

Traduction Crampon du site jesusmarie.com

Sur la version écrite (Edition Dominique Martin Morin 1989) on lit en marge « Deux fois seulement nous lisons dans la vie de Jésus qu’il pleura (…) ici, il pleure à haute voix et sanglote en grec eklausen) » Et c’est sur sa patrie, il célèbre donc par sa douleur l’amitié et encore plus l’amour de la patrie.

La seule fois où Jésus sanglote, c'est sur sa patrie. Il pleure silencieusement en voyant le cadavre de Lazare, il sanglote et pousse des cris de douleur sur sa patrie. Pour Lazare on a dit "voyez comme il l'aimait", que ne doit-on pas dire à propos des Juifs, comme il les aimait ! Sa patrie, comme il l'aimait !

Dieu a pleuré sur sa patrie en envisageant les malheurs qui allaient l'assaillir.

Écrit par : Denis Merlin | 01 octobre 2007

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Mais pourquoi ces commentaires sont en Français et non en Latin ??

Écrit par : david | 01 octobre 2007

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Parce que Jésus parlait l'araméen.

Écrit par : Denis Merlin | 01 octobre 2007

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@ Flore
Si je dis qu'il est dommage que les prêtres ne puissent pas lire saint Augustin dans le texte, vous me répondez qu'il y a des traductions.
Si j'évoque le problème des traductions, vous me répondez qu'on peut vivre sans saint Augustin...
Mais oui. Et l'idéal est sans doute que les prêtres soient analphabètes.
En ce qui concerne la Bible, je constate que vous ajoutez un article au Credo: "Je crois que la Bible que je possède est une bonne traduction."
Comment le savoir si l'on ne veut connaître ni le grec ni le latin ni l'hébreu?
La seule Bible de l'Eglise de Rome est la Vulgate, en latin. Aucune des Bibles en français n'est une traduction de la Vulgate. Aucune n'est donc bonne, et certaines sont scandaleuses.
Je signale à toutes fins utiles que Benoît XVI vient d'envoyer une lettre au cardinal Danneels, qui est son envoyé spécial pour le millénaire de la basilique de Reims. Cette lettre est en latin.

Écrit par : Yves Daoudal | 01 octobre 2007

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@flore

> Quant aux textes fondateurs de l'Eglise, ils ont été écrits en hébreu et en grec.

Les pretres non-latinistes en question, ne connaissent pas non plus l'hebreu et le grec.

> Autant il me paraît parfaitement normal que le latin soit (et reste) la langue officielle de l'Eglise
Ce n'est pas ubne question de norme, mais de fait. Comme l'Anglais est la langue d'Internet. Et un informaticien qui n'aurait pas un niveau convenable en Anglais devrait tres vite changer de metier, sauf s'il est vraiment genial - mais c'est rare.

> autant votre comparaison entre les prêtres ne connaissant pas le latin et les prêtres "indignes" ("déviants" ???) me paraît vraiment indigne, voire carrément insultante.

Etre pretre sans connaitre le Latin, c'est comme jeter le mode d'emploi d'une grosse machine compliquee, c'est comme faire de l'informatique sans lire l'Anglais, c'est comme voyager sans cartes. Vous parlez du latin et le chant gregorien comme s'il s'agissait de vieilles fioritures pleines de charme. Mais il ne s'agit pas de passeisme nostalgique mais d'efficacite, de transmission des connaissances, et de clarte du raisonnement.

Comment peut-on reflechir serieusement en matieres de Chretiente, sans une langue comme le latin, politiquement neutre, dont le sens est absolument fixe, qui est completement controle par le vatican.

Bref, un pretre qui refuserait de fournir l'effort d'un peu de latin, serait comme un medecin qui refuserait d'ouvrir de temps un temps un manuel d'anatomie. Faut qu'il change de metier !

Écrit par : kroutch | 01 octobre 2007

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"Dans toute société il y a des infirmes et des déviants. Il y a toujours eu des prêtres indignes, il est logique qu’il y ait aujourd’hui des prêtres qui ne connaissent pas le latin."

Cette phrase ne signifie pas que les prêtres qui ne connaissent pas le latin sont indignes au sens moral du terme.

Cela veut dire que l'Eglise étant composés d'hommes imparfaits, il n'est pas étonnant qu'il existe des prêtres latin ne connaissant pas le latin, mais que c'est fort de café pour parler familièrement.

Il serait temps d'arrêter de faire une fixation sur cette phrase, car le sens du post tout entier l'éclaire, et elle n'est pas centrale. La critique doit être faite de bonne foi.

Écrit par : Denis Merlin | 01 octobre 2007

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@ kroutch
"Etre pretre sans connaitre le Latin, c'est comme jeter le mode d'emploi d'une grosse machine compliquee, c'est comme faire de l'informatique sans lire l'Anglais, c'est comme voyager sans cartes".

> Vous avez une très curieuse conception de la prêtrise.

Écrit par : Flore | 01 octobre 2007

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@ Yves Daoudal

"Et l'idéal est sans doute que les prêtres soient analphabètes".

J'ai été professeur de français et j'ai terminé ma carrière en venant en aide à des jeunes et des adultes en difficulté. L'analphabétisme, l'illettrisme, je sais ce que c'est ! (et vous aussi, j'en suis certaine).
Ne pas connaître le latin (ni le grec, etc.) n'est en aucun cas être analphabète ! Heureusement...

Je souligne toutefois que l'on peut être analphabète - ou illettré - et malgré tout un excellent chrétien. Voir ci-dessous :

Mt 11,25

En ce temps-là, Jésus prit la parole, et dit : "Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux tout-petits". (Bible de Jérusalem)

En ce temps-là, Jésus prit la parole : "Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits". (Missel KEPHAS, Abbaye de Solesmes)

N.B. J'espère qu'au moins une de ces traductions vous agrée. Elles sont en tout cas agréées par l'Eglise.

"En ce qui concerne la Bible, je constate que vous ajoutez un article au Credo: "Je crois que la Bible que je possède est une bonne traduction."

Procès d'intention. Où voyez-vous dans mes interventions précédentes que j'ajoute un article au Credo (que je connais par coeur... et aussi en latin) ?

"Aucune n'est donc bonne"

> Je suppose qu'il s'agit là d'un avis strictement personneL

"et certaines sont scandaleuses".

> là, je suis assez d'accord avec vous (je pense en particulier à celle réalisée par une célèbre maison d'édition qui fut chrétienne)

"Cette lettre est en latin".
C'est parfait. Tant que cette langue est encore comprise. L'avantage du latin est d'être une langue extrêmement précise (contrairement à l'anglais qui est devenue - malheureusement (?) - la langue internationale). Mais le latin n'est pratiquement plus écrit - et encore moins parlé. Peut-être pourrait-on un jour le remplacer par le français ? (relire le "Discours sur l'Universalité de la langue française" de Rivarol) :-)

Écrit par : Flore | 01 octobre 2007

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@ Flore
Il y a évidemment d'innombrables saints analphabètes.
Vous êtes toujours hors-sujet. Je parlais des prêtres qui ne connaissent pas le latin.
NB J'ai sous les yeux la Bible de Jérusalem. Elle a l'imprimatur du président de la commission doctrinale des évêques de France. Je suis désolé, mais cela ne s'appelle pas être agréé par l'Eglise.
YD

Écrit par : Yves Daoudal | 01 octobre 2007

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"Vous êtes toujours hors-sujet"

> Pas du tout. Je suis simplement persuadée que l'on peut être un bon prêtre, voire un saint prêtre, sans savoir un mot de latin. J'en connais plusieurs qui sont dans ce cas.

"Elle a l'imprimatur du président de la commission doctrinale des évêques de France. Je suis désolé, mais cela ne s'appelle pas être agréé par l'Eglise"

> Excusez-moi, je croyais que les évêques de France, c'était aussi l'Eglise ...
Ceci dit, à vous lire, je comprends maintenant où vous vous situez dans (?) l'Eglise.
Que Dieu vous garde !

Écrit par : Flore | 01 octobre 2007

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La commission doctrinale de l'épiscopat français n'est CERTAINEMENT PAS l'Eglise.
Pour prendre un seul exemple, cette commission a enseigné à propos de l'ignoble "Bible" Bayard: "L’appareil critique comportant introduction, notes et glossaires, permet d’inscrire cette traduction dans la tradition vivante de la foi catholique”.
Je ne crois pas que Benoît XVI ait la même conception de la tradition vivante de la foi catholique, et je suis un simple fidèle de l'Eglise qui a la conception de Benoît XVI. Voilà où je me "situe".

Écrit par : Yves Daoudal | 01 octobre 2007

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Pour conclure :
Linguae latinae usus, salvo particulari iure, in Ritibus latinis servetur.
Iuxta saecularem traditionem ritus latini, in Officio divino lingua latina clericis servanda est.
Ces deux phrases sont extraites de la Constitution Sacrosanctum Concilium du concile Vatican II (ben oui, les textes du concile Vatican II sont écrits en latin).
La première dit que la langue latine doit être conservée dans les rites latins. La deuxième dit que les clercs doivent dire l’office divin en latin.

Écrit par : Yves Daoudal | 02 octobre 2007

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