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Hongrie-Serbie

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Le patriarche de Serbie Porphyre a remis, le 5 septembre, au siège du gouvernement hongrois à Budapest, la plus haute distinction de l’Église orthodoxe serbe, l’ordre de saint Sava, au Premier ministre hongrois Viktor Orbán, selon les mots du saint synode « en signe de reconnaissance pour la promotion des valeurs chrétiennes traditionnelles, pour le soutien désintéressé au diocèse de Budapest de l’Église orthodoxe serbe et pour son apport personnel exceptionnel au renforcement de l’amitié des deux peuples voisins ». 

Le patriarche a déclaré :

« Votre Excellence, je rends grâce à Dieu, et mon cœur se réjouit pour avoir l’occasion de vous adresser quelques mots au sujet de la décision de l’Église orthodoxe serbe de vous décorer de sa plus haute distinction, l’ordre de saint Sava du premier degré, sur la proposition de Son Excellence l’évêque de Budapest Lucien. Nous savons tous que chaque individu et chaque communauté a son système de valeurs. C’est par celles-ci que sont organisées la vie privée, la vie sociale et la vie culturelle, que se forme la morale publique, que sont définies les priorités et les standards, que s’édifient les relations avec les autres et les personnes différentes, en un mot que s’édifie et se nourrit une identité authentique. Or, nous faisons face aujourd’hui à des vagues de nouveaux systèmes de valeurs qui, souvent, s’imposent de façon agressive, globalement, à l’échelle mondiale, avec pour but de faire s’effondrer tout ordre naturel existant et tout ordre civilisationnel, et d’établir de nouveaux paradigmes. Dans ce tourbillon, l’intention est de détruire les fondements identitaires et les piliers des individus et des communautés, afin que tout devienne relatif, fragile et fluide. Or, vous vous prononcez pour le système chrétien de valeurs qui émergent de l’Évangile, que Dieu a établies. Ce sont les valeurs qui ont été construites tant par le peuple hongrois que par le peuple serbe, des valeurs qui ont créé l’Europe comme nous la connaissions jusqu’hier, et comme nous l’avons apprécié jusqu’hier. À ce sujet, nous sommes les mêmes, il n’y a pas de différences entre nous.

Votre Excellence, peu nombreux sont ceux qui dans leur dictionnaire politique utilisent les mots : Dieu, foi en Dieu, Église, spiritualité, valeurs chrétiennes, unité de tous les chrétiens, missions de l’Église ; tandis que le mot « âme » est entièrement oublié dans le discours contemporain, mais dans votre approche, il est encore plus concret par la phrase « combat pour l’âme de l’Europe ». Ces mots, lorsque vous les prononcez, ne sont pas des banalités politiques, des expressions démagogiques pour recevoir des suffrages. Non. Vous, Monsieur Orbán, vous vivez de la même façon que vous parlez. Aussi, vous êtes un homme d’État qui, avant tout, méritez la confiance de votre peuple.

C’est aussi pourquoi, Votre Excellence, les regards de nombreux autres Européens sont tournés vers vous. Mon peuple orthodoxe serbe suit également attentivement quelle sera votre position sur un sujet quelconque, souvent les sujets les plus importants, sociaux, économiques, voire politiques, qui sont actuels et qui secouent l’Europe et le monde contemporain. Grâce à votre labeur et celui de vos collaborateurs, comme celui du président serbe Aleksandar Vučić et ses collaborateurs, les relations entre nos deux peuples, hongrois et serbe, sont probablement les meilleurs de ces quelques derniers siècles.

Pour toutes ces raisons, nous vous décorons aujourd’hui de la plus haute distinction, l’ordre qui porte le nom de saint Sava, le premier primat de l’Église orthodoxe serbe autocéphale, pour vos mérites primordiaux dans les relations entre nos deux peuples, et aussi pour le soutien généreux et désintéressé que, de différentes façons, la Hongrie accorde à l’Église orthodoxe serbe au diocèse de Budapest et aux institutions éducatives et culturelles serbes en Hongrie. Outre l’ordre le plus éminent de notre sainte Église, nous vous offrons à cette occasion le facsimilé de l’Évangile de Miroslav, le manuscrit serbe le plus ancien qui a été conservé du XIIe siècle. Nous implorons la bénédiction divine pour votre peuple hongrois. Nous prions Dieu pour vous, Monsieur Orbán, pour vos collaborateurs, et particulièrement pour votre famille. Que le Seigneur Christ, par les prières de saint Sava de Serbie et de saint Étienne, roi de Hongrie, garde et fasse progresser l’entente et la coopération entre Hongrois et Serbe pour de nombreuses années bénies ».

Les remerciements de Viktor Orbán :

« Je serai fier jusqu’à la fin de ma vie pour cet ordre, cette distinction, et ce pour trois raisons. Premièrement, parce que j’ai reçu cette distinction d’un frère chrétien. La deuxième raison est que j’ai reçu cette décoration d’un frère orthodoxe, et la troisième parce que j’ai reçu celle-ci d’un Serbe. Ces trois raisons sont fort importantes pour moi. Je vous remercie particulièrement parce que vous prierez pour moi et ma famille. J’espère que le Seigneur Dieu vous aidera de même qu’Il m’a aidé au cours des années écoulées. Je ne pourrais pas décrire plus précisément la situation en Europe que vous l’avez décrite par vos paroles. Nous sommes des hommes de paix, nous souhaitons la paix, mais malheureusement nous nous trouvons au milieu d’une guerre, et c’est, comme vous l’avez dit vous-même, une bataille pour l’âme de l’Europe. Nous n’avons pas le choix dans nos vies, dans celles de nos enfants et petits-enfants et il faut que nous acceptions ce que Dieu a ordonné. Quand il y a beaucoup d’eau qui entre, c’est à ce moment-là qu’il faut construire de grands barrages. Je suis personnellement convaincu que nous ne pouvons parvenir à remporter cette bataille sans l’unité des chrétiens. En outre, nous ne pouvons la gagner sans nos frères orthodoxes. Nous aurons beaucoup besoin de vous et nous comptons sur votre soutien spirituel. Nous vous prions, ainsi que vos collaborateurs, de nous accorder tout votre soutien afin que nous puissions obtenir assez de force pour lutter contre les épreuves. Je suis conscient qu’il s’agit d’une distinction exceptionnelle et j’en suis heureux, mais la question se pose pour moi avec perplexité : cette distinction est-elle trop élevée ou trop grande pour moi ? Ai-je réellement mérité une distinction si éminente ? Il est évident que nous ne pouvons y apporter une réponse. Je peux seulement espérer et prier Dieu pour qu’Il me donne la force d’être digne de cet ordre, ce que je considère comme un défi et un devoir. »

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