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La Visitation

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Eglise de la Sainte Croix, Pelendri (Limassol), Chypre, XIVe siècle.

Lorsque le Rédempteur de notre race fut venu, il alla aussitôt près de Jean, son ami, tandis que celui-ci était encore dans le sein de sa mère. Du sein d’Élisabeth, Jean reconnut Jésus-Christ dans le sein de Marie ; et faisant tressaillir son enveloppe naturelle, il s’écrie : Je vois le Seigneur, qui a établi des limites à la nature et je n’attends pas le temps de naître : le terme des neuf mois ne m’est point ici nécessaire, car j’ai en moi celui qui est éternel ; je sortirai de cette demeure ténébreuse, je prêcherai la connaissance sommaire de choses admirables.

Je suis un signe : je présagerai l’avènement du Christ.

Je suis une trompette : j’annoncerai le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu.

Je retentirai comme une trompette, je bénirai la langue de mon père et la délierai afin qu’elle parle.

Je retentirai comme une trompette, et je vivifierai le sein de ma mère.

Tu vois, ô bien-aimé, combien ce mystère est nouveau et admirable. Jean n’est pas encore né, et il s’exprime par des tressaillements ; il ne paraît pas encore, et il adresse des menaces ; il n’est pas encore en état de pousser des cris, et il se fait entendre par des actes ; il n’a pas commencé sa vie, et il publie la gloire de Dieu ; il ne voit pas encore la lumière, et il montre le Soleil ; il n’est pas encore mis au monde, et il se hâte d’agir en précurseur. Car, à la présence du Seigneur, il ne peut plus se contenir, il ne supporte pas d’attendre le terme fixé par la nature ; mais il s’efforce de rompre la prison du sein de sa mère et il s’applique à faire connaître d’avance l’avènement du Sauveur. Il est arrivé, dit-il, celui qui brise les entraves : et pourquoi, moi, reste-je là enchaîné, et suis-je là pour y demeurer ? Le Verbe est arrivé pour constituer toutes choses : et moi je reste encore ici captif ! Je sortirai, je courrai en avant, à tous je dirai bien haut : « Voici l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ».

Mais dis-nous, Jean, comment, encore enfermé dans l’obscure demeure du sein maternel, peux-tu voir et entendre ? Comment contemples-tu les choses divines ? Comment peux-tu avoir des tressaillements et des transports ?

C’est là, dit-il, un grand mystère qui s’accomplit, et un acte qui dépasse l’intelligence humaine. Il faut bien que j’innove dans l’ordre naturel, à cause de celui qui doit innover dans l’ordre surnaturel.

Je vois, étant encore dans le sein de ma mère, parce que le Soleil que porte le sein virginal m’éclaire et me fait voir.

Mes oreilles entendent parce que je nais pour être la voix de celui qui est le Verbe par excellence.

Je jette des exclamations, parce que je considère le Fils unique de Dieu enveloppé de chair.

J’exulte, parce que je vois le Créateur de l’univers s’approprier la nature humaine.

Je suis transporté, parce que le Rédempteur du monde a pris un corps.

Je suis le Précurseur de son avènement, et je viens en quelque sorte au-devant de vous pour en témoigner.

Saint Jean Chrysostome, lecture des matines.

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