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3e dimanche de l’Avent

Antienne de communion

Dícite : pusillánimes, confortámini et nolíte timére : ecce, Deus noster véniet et salvábit nos.

Dites à ceux dont le cœur défaille : « Courage ! n’ayez plus peur !Voici notre Dieu qui vient : il va nous sauver. » (Isaïe 35,4)

Solesmes, 1953 :


podcast

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Dom Dominic Johner :

Un simple coup d'œil à la construction de la mélodie nous indique que nous avons affaire ici à quelque chose qui sort de l'ordinaire. Si nous récitons d'abord attentivement le texte seul et que nous chantons ensuite la mélodie avec lui, nous découvrirons que la mélodie n'est pas seulement un bel habit pour le texte, mais que le texte et la mélodie forment un tout, une entité aussi étroitement unie que notre intellect, notre volonté et notre sentiment.

Le chant commence doucement, mais bientôt, dans une envolée jubilatoire, il s'efforce de chasser de l'âme toute crainte et toute préoccupation, il tente de l'élever au-dessus de toutes les choses terrestres et de la transporter dans ce monde nouveau où les anges chantent un cantique nouveau de paix et de rédemption. La nuit de Noël, nous les entendrons dire aux bergers : Nolite timere – « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce la bonne nouvelle d’une grande joie... Aujourd'hui vous est né un Sauveur » (salvabit). C'est pourquoi cette communion introduit, en quelque sorte, la fête de Noël, tout comme l'invitatoire des matines du dimanche de Gaudete : Prope est jam Dominus – « Déjà le Seigneur est proche ». Avec toute sa jubilation, cependant, la mélodie suit un plan bien défini : confortamini, s'appuyant sur la dominante du mode, divise la première phrase en deux moitiés. Timere répète le motif de nolite, puis finit une tierce plus bas, parallèlement aux neumes finaux de (confortami)-ni. Ce sont des formules qui expriment le calme, mais en même temps elles font avancer la pensée mélodique. Maintenant vient la joyeuse nouvelle : ecce, solennel et résolu, comme le dit une antienne : veniens veniet - « Il viendra sûrement ». Ici la mélodie conclut d’une certaine façon sur la tonique ; mais elle ajoute une autre pensée très significative, et l'introduit par une seconde majeure au-dessous de la tonique et l'accord de fa majeur construit sur cette note : « Voici, ce Dieu sera votre Sauveur. »

Quelle magnifique résonance devait avoir ce chant dans les basiliques antiques, lorsque les fidèles, accompagnés de cette mélodie entraînante, s'approchaient de l'autel pour recevoir la sainte Eucharistie ! A celui qui s'approchait, il insufflait du courage, car il disait : nolite timere. Et à celui qui revenait de l'autel, elle murmurait : ecce Deus noster : Il est venu à toi pour te libérer de tout ce qui t'entrave, pour te guérir de toute faiblesse, pour te rendre joyeux et courageux dans ton travail, dans tes souffrances, dans ta vocation. Pour combien de personnes, également, la Sainte Communion a été la source de la force surnaturelle (confortamini), le viatique pour le martyre !

Le chant commence par dicite : un commandement pour nous, les chanteurs. Nous sommes les privilégiés qui apportent ce joyeux message dans le cœur des fidèles. Ceux qui sont abattus, qui osent à peine continuer à espérer, nous pouvons maintenant les consoler : Voici que Dieu veut être aussi votre Sauveur ; dans votre âme aussi, il doit y avoir un Noël.

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