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Nécrophages

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Voici ce qui orne les bus de Genève ces jours-ci. On sait déjà que l’Etat de Washington a récemment autorisé le compostage des cadavres humains. C’est du dernier chic écolo. Mais ici il ne s’agit pas de cela. C’est une fondation, intitulée Reload (au sens de rafraîchir une page web), spécialisée dans la réclame pour les transplantations d’organes.

Ton corps aussi est recyclable, comme n’importe quel autre déchet. Curieuse façon de dire qu’un don d’organe peut faire survivre quelqu’un. On en est à ce degré de matérialisme qu’il n’y a plus aucune humanité dans la démarche.

La campagne a lieu juste après la promulgation de la nouvelle loi (du 20 septembre) stipulant que le consentement pour le don (?) d’organes est désormais présumé (chez nous c’est au moins depuis 2004). On pourrait penser que cette loi satisferait les nécrophages, mais en fait elle est insuffisante : une majorité de Suisses ne veut pas qu’on prélève leurs organes au moment de leur mort. Il faut donc profiter de la loi pour inciter les gens à devenir recyclables, et donc à ne pas s’inscrire sur le registre des refus…

Commentaires

  • Le commerce des organes est très juteux et la définition de "mort cérébrale" a été instituée pour pouvoir prélever tranquillement sur des accidentés vivants. Le seul critère de mort est la décomposition cellulaire et évidemment les organes ne sont plus du tout utiles aux trafiquants. L'industrie de l'avortement "recycle" aussi des tissus de bébés pour toutes sortes d'applications lucifériennes.
    Comme les gens sont des flemmards, l'obligation d'inscription dans un fichier de refus n'est pas neutre. S'ils avaient été honnêtes, le fichier aurait dû concerner les volontaires donateurs.

  • Et, conformément à une nouvelle d'il y a quelques mois, les cadavres qui restent iront devenir du compost vendu en jardinerie pour fertiliser les plantations du Boboland occidental

  • Au tournant des années 1970 paraissait le roman Soleil vert adapté très vite avec talent pour le cinéma par le bon technicien qu'était Richard Fleischer. Le film jouissait d'une certaine réputation quand j'étais au lycée dans les années 1980 : les profs en parlaient, un peu comme du Meilleur des mondes ou de 1984, un cauchemar futuriste que nous allions éviter grâce à notre vigilance critique.
    Le scénario de Soleil vert procède d'une invraisemblance fondamentale : on ne pourrait pas nourrir les gens avec d'autres gens pendant très longtemps si les ressources naturelles venaient à s'épuiser. Mettons qu'un cadavre humain puisse nourrir un homme pendant un mois, on voit tout de suite l'impasse si une telle situation devait se prolonger pendant des années.
    Mais l'horreur que provoquait la trouvaille du film s'est estompée. La composition du Soleil vert était tenue secrète car les consommateurs se seraient révoltés s'ils avaient su ce qu'on leur faisait manger. C'est comme De la Terre à la Lune, ou même Tintin sur la Lune, Verne et Hergé n'ont pas pensé à l'essentiel : la télé. Aujourd'hui, on pourrait nous faire bouffer de la chair humaine sans problème parce qu'on a l'essentiel : le consentement. Ou si on ne l'a pas, on s'en approche.

  • On humanise les bêtes, de manière purement théorique, rhétorique, hypocrite, pour les citadins crétins à chienchien ou chachat qu'on fait pleurnicher sur la corrida ou l'élevage des poulets, et il devient très facile pour la propagande d'animaliser l'humain. C'est le même principe que pour les migrants, les pédés et les femelles humiliées, qui permettent de faire passer le mâle blanc occidental hétérosexuel pour un monstre dégénéré d'humanité douteuse. Surtout s'il a des poils.

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