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Sainte Elisabeth de Hongrie

Elisabeth (1207-1231), fille du roi de Hongrie, femme de Louis IV de Thuringe, fut canonisée dès 1235 par Grégoire IX. Sa fête fut supprimée par saint Pie V en 1568, et rétablie par Clément X en 1671.

La messe est du commun des saintes femmes, mais Clément X voulut que la collecte soit celle qui avait été composée lors de la canonisation.

Et c’est une belle collecte, très « classique », dans le style traditionnel des grands sacramentaires :

Tuórum corda fidélium, Deus miserátor, illústra : et, beátæ Elisabeth précibus gloriósis ; fac nos próspera mundi despícere, et cælésti semper consolatióne gaudére.

Dieu de miséricorde, éclairez les cœurs de vos fidèles, et, touché des glorieuses prières de sainte Élisabeth, faites-nous mépriser les prospérités du monde et jouir sans cesse des consolations célestes.

Naturellement, cette collecte a été mise à la poubelle par les fabricants de la néo-liturgie. Comme toutes les oraisons qui évoquaient le mépris des choses de ce monde, puisque désormais on doit les exalter…

On a donc inventé une nouvelle collecte, totalement différente :

Deus, qui beátæ Elísabeth tribuísti in paupéribus Christum cognóscere ac venerári, da nobis, eius intercessióne, egénis et tribulátis iugi caritáte servíre. Per Dóminum.

Dieu, Tu as donné à la bienheureuse Élisabeth de reconnaître et de vénérer le Christ dans les pauvres, accorde-nous, par son intercession, de servir avec une inépuisable charité ceux qui sont dans le besoin et l'affliction.

Cette oraison est sans doute comme d’habitude un patchwork de formules de provenance diverse (les mots egenis et tribulatis se trouvent dans une prière monastique mozarabe). Il n’y a rien à lui reprocher, sauf qu’elle peut servir à de très nombreux saints connus pour leur charité envers les pauvres. Certes, ce fut le cas de sainte Elisabeth, mais quand on célèbre une princesse, ce qui importe d’abord est de vanter sa propre pauvreté, son mépris des biens de ce monde. Mais comme on fait semblant de ne plus comprendre le sens et la portée de ce « mépris » (qui n’a rien de cathare), on a jeté avec l’oraison la spécificité de cette sainteté.

Commentaires

  • Merci encore de nous montrer ces collectes qui sont si belles et édifiantes. Vous savez mettre le doigt sur ce qui pose problème. Je trouve belles les deux collectes mais l'ancienne est bien plus pertinente car, effectivement, quand on entend la vie de Sainte Elisabeth , on l'imagine entourée de richesses et , c'est cela qui fait qu'on l'aime. Et comme vous le dites, c'est la spécificité de sa sainteté. Donc merci encore, continuez !

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